SOCIETE / FAITS DIVERS

DES QUARTIERS DIFFICILEMENT ACCESSIBLES

Il n’y a pas encore d’inondations à Rufisque, malgré les fortes quantités de pluies enregistrées la nuit dernière. Toutefois, dans certains quartiers, des maisons ont été envahies par les eaux tandis que dans d’autres, les populations souffrent le calvaire à cause des difficultés d’accès. Les voies sont prises par les eaux, ce qui fait que les véhicules de transport rechignent à y aller.

Après la pluie, ce sont les désagréments à Rufisque, plusieurs quartiers deviennent inaccessibles, particulièrement ceux qui sont situés dans la nouvelle partie de la ville, appelée Rufisque2 dans les communes de Rufisque Ouest et Rufisque Nord et dans certains quartiers de Rufisque Est, à Arafat. Après les pluies de samedi, les populations de ces nouvelles cités retrouvent le cauchemar. Au niveau de la cité Serigne Mansour à Rufisque 2, l’eau des pluies ajoutée à la remontée de la nappe phréatique, inonde les maisons et arrive jusque dans les salons.

Et les choses sont aggravées par les travaux de la route construite dans le cadre du projet de modernisation des villes (Promovilles). « A l’origine, nous croyions que cette voie qui devait desservir le centre-ville et nos quartiers devait nous rendre heureux. Malheureusement, nous subissions les contrecoups de ce bitumage. Il est vrai que nous subissons la nappe phréatique, mais le manque d’études de proximité des techniciens de Promovilles a fait que nos maisons sont inondées à la première goutte de pluie », déplore Cheikh Ahmet Tidiane Diagne, habitant de la cité Serigne Mansour à Rufisque2. Très remontés contre cette situation, les habitants de la cité lancent un appel aux autorités pour qu’une solution durable leur soit apportée avec un branchement de leurs eaux usées vers le canal construit par Promovilles.

Malheureusement, ils se sont heurtés au refus des autorités de la mairie de Rufisque nord, malgré l’autorisation de son homologue de Rufisque Ouest. « Nous avons obtenu du maire de l’Ouest une autorisation, mais le maire de la commune de Rufisque nord s’est présenté avec le service d’hygiène et un élément de la police, malgré la présentation de l’autorisation délivrée par le maire de l’Ouest, ils ont cassé nos canalisations. Le reflux des eaux pluviales et de la nappe phréatique arrive jusque dans nos salons. L’eau nous envahit de partout », ajoute-t-il.

Dans la commune de Rufisque Nord, la cité Tacko vit les mêmes affres, avec les eaux des pluies qui rendent le quartier inaccessible au point que les conducteurs de taxi, refusent de s’y rendre à moins d’avoir un client qui accepte de payer le prix fort. Idem pour Arafat, dans la commune de Rufisque Est. Les voies sont occupées par les eaux à cause du manque de système de drainage. Ce qui n’est pas du goût des habitants qui indexent les autorités. Abdourahmane Diallo est nouveau résident du quartier Tacko : « je viens de Khar Yalla à Dakar, je me suis installé ici ça va faire bientôt trois ans, mais à chaque année, après les pluies, c’est comme ça. Le quartier devient presque inaccessible. Les habitants souffrent pour sortir ou pour renter dans la zone ». Un peu plus loin vers les quartiers Darou Rahmane et Diorga Cherif devenus des fourmilières humaines malgré leur caractère d’habitat spontané, c’est aussi la même situation qui est vécue; un accès difficile, des eaux glauques qui occupent les voies et les devantures des maisons. Ici, on se débrouille en creusant des sillons sur le sol pour frayer un passage aux eaux des pluies et on met des briques pour créer des passages pour les piétons. Ici, comme à Tacko, les eaux stagnantes restent presque jusqu’au mois de mars pour disparaitre sous l’effet de l’infiltration et de l’évaporation

Dans le centre-ville, immédiatement après la pluie, les places d’affaires et les bâtiments administratifs sont emprisonnés par les eaux. Il faut que la pompe de la station d’épuration soit mise en marche pour voir le niveau baisser, mais en laissant des grandes flaques d’eau sur les bascôtés des routes sur les rues Ousmane Socé Diop et Adama Lô. Ce qui rend la circulation difficile car les trottoirs sont occupés par les étals des marchands et les piétons disputent le goudron aux véhicules. Aux alentours de la grande mosquée, à Keury Souf, c’est la gadoue formée par un mélange des eaux de pluies, du sable et les déchets venant du marché central. Un cocktail nauséabond qui a fini de faire partie du décor quotidien de ce quartier jadis considéré avec Keury Kao comme le quartier latin de Rufisque, avec son aménagement en damier et son système de drainage qui déverse sur le canal central de Rufisque. Ce qui rend triste la dame Marième Seck habitante du quartier, « Ici avant dès que la pluie cessait de tomber, les rues étaient sèches après dix à quinze minutes parce qu’il y avait des canalisations avec des trottoirs bien délimités et l’eau partait. Mais ces canalisations ont été bouchées par les cantines, les routes goudronnées ont disparu sous les effets conjugués des travaux des concessionnaires comme la Sde, Sones, Onas et Sonatel, les routes n’ont jamais été remises en état après travaux. Il s’y ajoute la poussée du marché, ce quartier donne aujourd’hui l’image de n’avoir jamais été loti et assaini », peste-t-elle.

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