ACTUALITÉSINTERNATIONAL

[EN DIRECT] Rébellion de Wagner: Evguéni Prigojine va partir en Biélorussie, l’enquête le visant abandonnée

Après avoir pris le contrôle de Rostov-sur-le-Don, et alors que ses hommes se rapprochaient de Moscou, le chef du groupe paramilitaire Wagner Evguéni Prigojine a annoncé samedi soir avoir donné l’ordre à ses troupes de retourner dans leurs bases. Le Kremlin annonce que Prigohine va partir en Biélorussie et que l’enquête le visant va être abandonnée, tandis qu’aucun combattant de Wagner ne sera poursuivi pénalement.

Texte par : rfi

Ce qu’il faut retenir :

• Dans une série de messages audio, le chef du groupe Wagner Evguéni Prigojine avait appelé au soulèvement contre le commandement russe. Il accusait l’armée d’avoir bombardé des camps militaires du groupe Wagner. Affirmant mener une « marche pour la justice » et non un « coup d’État militaire », Evguéni Prigojine s’était dit « prêt à mourir » avec ses 25 000 hommes pour « libérer le peuple russe ».

• Dans la matinée, le patron de Wagner avait annoncé que ses forces, jusqu’à présent déployées en Ukraine, avaient traversé la frontière et étaient entrées dans Rostov, où se trouve le quartier général du commandement sud de l’armée russe, d’où sont coordonnées les opérations militaires en Ukraine. Depuis, la présence des combattants de Wagner avait été signalée dans au moins trois régions russes : Rostov, Voronej et Lipetsk.

• Après l’annonce du retour des hommes de Wagner dans leurs bases, le Kremlin a communiqué. Vladimir Poutine, qui avait plus tôt qualifié la rébellion de « menace mortelle » et a promis qu’il ne laisserait pas une « guerre civile » se produire, remercié Alexandre Loukachenko, le président biélorusse, pour son rôle dans l’accord trouvé avec Evguéni Prigojine pour interrompre les troubles. La présidence russe a indiqué que le chef du groupe Wagner va partir en Biélorussie et que l’enquête ouverte pour « mutinerie armée » contre lui sera abandonnée.


Les horaires sont donnés en heure de Paris.

22h24 : un accord Kremlin-Wagner « pour éviter un bain de sang »

La présidence russe et Evguéni Prigojine ont convenu samedi d’un accord, après une journée de rébellion armée spectaculaire des paramilitaire du groupe Wagner, « pour éviter un bain de sang », a affirmé dans la soirée le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Il y était de l’intérêt supérieur d’éviter un bain de sang », a-t-il déclaré à la presse, après que Evguéni Prigojine a ordonné à ses hommes qui marchaient vers Moscou de faire demi-tour et de retourner dans leurs camps. Par ailleurs, Dmitri Peskov a assuré que la rébellion avortée de Wagner n’affectera « en aucun cas » l’intervention militaire russe en Ukraine. «  »L’opération militaire spéciale » continue. Nos militaires ont réussi à repousser la contre-offensive de l’Ukraine », a-t-il affirmé.

22h10 : Vladimir Poutine « reconnaissant » envers Alexandre Loukachenko pour son rôle dans l’apaisement du conflit avec Evguéni Prigojne

Le président russe Vladimir Poutine est « reconnaissant » envers son allié bélarusse, Alexandre Loukachenko, pour son rôle de médiateur avec Evguéni Prigojine dans le règlement de la rébellion armée avortée du chef de Wagner. « Nous sommes reconnaissants envers le président du Bélarus pour ces efforts », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, saluant « une résolution sans nouvelles pertes ». « La conversation du soir entre les deux présidents a été très longue, franchement chaleureuse », a-t-il ajouté.

22h06 : Evguéni Prigojine va partir en Biélorussie et l’enquête pénale le visant va être abandonnée

Evguéni Prigojine, qui a mené une tentative de rébellion armée en Russie, va partir en Biélorussie a annoncé le Kremlin, qui a assuré que la justice du pays ne poursuivrait pas pénalement le chef du groupe Wagner et les combattants qui l’ont suivi. « L’affaire pénale sera abandonnée contre lui. Lui-même ira en Biélorussie », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, au sujet de l’homme d’affaires. « Personne ne persécutera (les combattants), compte tenu de leurs mérites au front » ukrainien, a-t-il ajouté.

21h48 : les combattants de Wagner quittent le QG militaire de Rostov qu’ils occupaient

Les combattants du groupe Wagner, qui occupaient depuis la matinée le QG militaire russe de Rostov, dans le sud-ouest de la Russie, ont commencé à quitter les lieux dans la soirée, a constaté un journaliste de l’AFP. Les hommes d’Evguéni Prigojine partaient à bord de minibus, tandis que les chars positionnés n’avaient, eux, pas encore bougé.

Des mercenaires du groupe Wagner en poste devant le QG militaire de Rostov, le 24 juin 2023.
Des mercenaires du groupe Wagner en poste devant le QG militaire de Rostov, le 24 juin 2023. REUTERS – STRINGER

21h23 : Réécoutez notre page spéciale Russie sur l’antenne de RFI dans notre édition du soir

Peu après qu’Evguéni Prigojine, patron du groupe Wagner, a annoncé que ses hommes « rentrent » pour éviter un bain de sang, trois observateurs ont livré leurs impressions quant aux événements des 24 dernières heures en Russie à l’antenne de RFI. Pour Cyrille Bret, chercheur associé à l’Institut Jacques-Delors, « ce n’est sûrement pas la fin de l’histoire. C’est le début d’une longue négociation. Si Evguéni Prigojine a décidé de renoncer à son soulèvement armé, c’est soit qu’il a déjà obtenu des concessions, soit qu’il entend en obtenir d’autres. »

Denis Strelkov, journaliste à la rédaction russe de RFI, rapporte qu’ « à Moscou, ce qui s’est passé a été un véritable choc, une émotion. Il y a beaucoup de gens qui ne croyaient pas du tout à ce qui se passait. Plusieurs personnes m’ont dit qu’elles pensaient que c’était une mise en scène de la part de Prijogine pour obtenir quelques concessions de la part de Poutine. »

Pendant ce temps, l’Ukraine a annoncé des avancées sur le front Est. Stéphane Siohan, correspondant de RFI à Kiev, explique : « Les Ukrainiens s’intéressent à ce qui se passe en Fédération de Russie, sans forcément accorder un crédit immense aux informations qui viennent de là-bas. (…) Pour beaucoup d’entre eux, la victoire passera un jour ou l’autre part un effondrement du régime russe. »

20h56 : Vladimir Poutine a remercié Alexandre Loukachenko pour « le travail réalisé » après la volte-face d’Evguéni Prigojine

Vladimir Poutine a remercié Alexandre Loukachenko pour « le travail réalisé », a annoncé la présidence biélorusse, après que Evguéni Prigojine a ordonné à ses hommes qui marchaient vers Moscou de faire demi-tour et de retourner dans leurs camps. « Le président de la Biélorussie a informé en détail le président de la Russie des résultats des négociations avec la direction du groupe Wagner », a indiqué Minsk dans un communiqué, ajoutant que Vladimir Poutine avait « remercié », lors de leur deuxième entretien téléphonique du jour, son allié « pour le travail accompli ».

20h47 : de dizaines d’habitants scandent « Wagner ! » près du QG militaire de Rostov

Des dizaines d’habitants scandaient samedi soir « Wagner, Wagner ! » près du QG militaire de Rostov (sud-ouest), pris tôt dans la matinée par les mercenaires d’Evguéni Prigojine, alors que ceux-ci s’apprêtaient visiblement à quitter leurs positions, après une annonce en ce sens de leur chef.

20h30 : les troupes russes toujours mobilisées dans la région de Moscou

Des militaires russes se déployant dans la région de Moscou, le 24 juin 2023, dans le cadre de l'opération anti-terroriste déclenchée face à la mutinerie de la milice Wagner.
Des militaires russes se déployant dans la région de Moscou, le 24 juin 2023, dans le cadre de l’opération anti-terroriste déclenchée face à la mutinerie de la milice Wagner. REUTERS – STRINGER

20h06 : Emmanuel Macron a évoqué « l’impact possible » de la rébellion sur la guerre en Ukraine

L’Élysée rapporte que le président français Emmanuel Macron a évoqué samedi, avec les présidents polonais et américain Andrzej Duda et Joe Biden, ainsi que les chefs de gouvernement allemand et britannique Olaf Scholz et Rishi Sunak, « l’impact possible des événements en cours en Russie sur la guerre en Ukraine ». « Ils ont également confirmé leur engagement et leur détermination à soutenir l’Ukraine pour lui permettre de recouvrer son entière souveraineté », a ajouté la présidence française.

🔴 19h35 : Evguéni Prigojine annonce que ses hommes « rentrent » dans leurs camps.

Dans un message audio diffusé sur Telegram, le patron du groupe Wagner annonce que ses troupes retournent dans leurs bases. « C’est maintenant le moment où le sang peut couler. Ainsi (…) nos colonnes font demi-tour et nous partons dans la direction opposée rentrer dans les camps, conformément au plan », déclare Evguéni Prigojine.

19h22 : Le président biélorusse dit avoir obtenu de Prigojine « l’arrêt des mouvements » de ses troupes.

« Evguéni Prigojine a accepté la proposition du président de Biélorussie Alexandre Loukachenko d’arrêter les mouvements des hommes armés de la société Wagner et des mesures pour une désescalade des tensions », indique le canal Telegram officieux de la présidence biélorusse, Poul Pervogo.

18h38 : Un rapport de force inégal ?

Sur RFI, l’ancien colonel des troupes de marine française et vice-président de l’institut de formation Themiis, Peer De Jong, revient sur le rapport de force entre l’armée russe et le groupe paramilitaire Wagner. « Aujourd’hui, les forces russes sont concentrées dans l’ouest du pays, face à l’Ukraine. À l’arrière, il ne reste que les réserves. Il n’y a donc pas un volume colossal et cela, Prigojine le sait très bien. » Mais, tempère-t-il, le groupe Wagner n’est qu’une « simili armée ». « En termes d’hommes, c’est très important, mais en matériel, c’est assez faible : ils n’ont pas d’hélicoptère, pas d’avion… Mais ils sont capables de déstabiliser. »

18h35 : Joe Biden s’est entretenu avec les dirigeants français, allemand et britannique

La Maison Blanche indique dans un communiqué que le président américain s’est entretenu par téléphone de la situation en Russie avec le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre britannique Rishi Sunak. « Les dirigeants ont parlé de la situation en Russie. Ils ont affirmé leur soutien inébranlable à l’Ukraine », ajoute la Maison Blanche.

17h39 : Le maire de Moscou juge la situation « difficile » dans la capitale et décrète lundi « jour chômé ».

« La situation est difficile », reconnaît sans ambages Sergueï Sobianine. « Afin de minimiser les risques (…), j’ai décidé de déclarer lundi jour chômé », sauf pour certaines activités et les services municipaux, ajoute le maire qui appelle les Moscovites à « limiter autant que possible » leurs déplacements dans la ville et prévient que la circulation pourrait être « bloquée » sur certaines routes et dans certains quartiers.

1/5
Un policier garde la place Rouge fermée à Moscou, le 24 juin 2023.
Des policiers de la route montent la garde sur l'autoroute à la périphérie de la capitale russe.
Un blindé APC et des policiers se tiennent sur l'autoroute à la périphérie de Moscou.
Le personnel de sécurité surveille la circulation à un poste de contrôle.
Des agents des forces de l'ordre vérifient une voiture à un poste de contrôle.
Un policier garde la place Rouge fermée à Moscou, le 24 juin 2023. © REUTERS – MAXIM SHEMETOV

17h21 : Le point sur l’avancée de Wagner vers Moscou.

Depuis l’annonce de la rébellion de Wagner vendredi soir, les combattants du groupe paramilitaire ont été repérées dans trois régions russes : Rostov, Voronej et Lipetsk. Après avoir pris le contrôle de Rostov-sur-le-Don ce samedi matin, ils ont pris la route vers le nord, en direction de Moscou. Des combats ont été signalés dans la région de Voronej en fin de matinée, où un dépôt de carburants a été détruit afin de ralentir l’avancée des hommes de Prigojine. Dans l’après-midi, le gouverneur de la région de Lipetsk a indiqué leur présence sur le territoire régional. Celle de Kalouga, limitrophe de la région de Moscou, a annoncé des restrictions de déplacements.

L'avancée du convoi de Wagner vers Moscou.
L’avancée du convoi de Wagner vers Moscou. © Studio graphique France 24

17h11 : Moscou met en garde l’Occident contre toute tentative de « profiter » de la situation

« Nous mettons en garde les pays occidentaux contre toute (tentative) de profiter de la situation intérieure en Russie pour atteindre leurs objectifs russophobes. De telles tentatives seraient futiles », déclare le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. « Tous les objectifs de l’opération militaire spéciale (en Ukraine) seront atteints », ajoute-t-il.

16h14 : La région russe de Kalouga annonce des restrictions sur les déplacements.

La région russe de Kalouga, dont la capitale est à 180 km au sud de Moscou, a introduit des restrictions sur les déplacements. « Le quartier général opérationnel a décidé de temporairement introduire des restrictions de transport automobile sur les routes de la région situées dans les territoires limitrophes des régions frontalières avec celle de Kalouga, (soit) les régions de Toula, Briansk, Orlov et Smolensk » qui sont au sud, à l’est et à l’ouest de Kalouga, précise le gouverneur Vladislav Chapcha.

16h01 : La Lettonie annonce renforcer la sécurité à ses frontières.

« La Lettonie suit de près l’évolution de la situation en Russie (…). La sécurité aux frontières a été renforcée », a annoncé sur Twitter le président élu de la Lettonie Edgars Rinkevics, précisant que la délivrance de visas ou l’entrée de Russes venant de Russie était suspendue.

15h53 : Des combattants de Wagner dans la région de Lipetsk.

Le gouverneur de la région de Lipetsk, à environ 400 km au sud de Moscou, indique sur Telegram que des éléments du groupe paramilitaire « sont en train de se déplacer » sur le territoire régional, ce qui confirme leur progression vers la capitale russe. « Les agences de maintien de l’ordre et les autorités (…) prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de la population. La situation est sous contrôle », assure Igor Artamonov.

Selon l’un des blogueurs militaires russes les plus populaires, « Rybar », les combattants de Wagner « ont dépassé la ville d’Ielets », située à 340 km de Moscou, avec l’intention apparente de tenter de traverser un pont au-dessus de la rivière Oka et de poursuivre leur marche par l’autoroute reliant le sud du pays à la capitale russe.

14h47 : Le Kremlin dit avoir le soutien du président turc Erdogan.

Dans un communiqué, la présidence russe indique que Vladimir Poutine a reçu le « plein soutien » de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un entretien téléphonique consacré à la rébellion armée du groupe Wagner.

14h45 : Ramzan Kadyrov annonce envoyer ses hommes dans les « zones de tension ».

« Les combattants du ministère de la Défense et de la Garde nationale tchétchènes se sont déjà rendus dans les zones de tension. Nous ferons tout pour préserver l’unité de la Russie et protéger son statut d’État », a déclaré sur Telegram le président tchétchène Ramzan Kadyrov, dont les hommes ont été très actifs dans l’offensive russe en Ukraine.

14h36 : Les chefs de la diplomatie du G7 se sont entretenus pour un « échange de vues ».

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell indique que les ministres des Affaires étrangères du G7 se sont entretenus pour un « échange de vues ». Aucun détail n’a filtré sur le contenu de ces échanges. Washington a simplement indiqué que les États-Unis allaient rester en « étroite coordination » avec leurs alliés après ce premier échange, tout en précisant que cette rébellion ne changeait rien au soutien à l’Ukraine.

14h20 : La rébellion en Russie, une « opportunité » pour l’Ukraine.

La Russie a engagé un processus conduisant à sa propre destruction en envahissant l’Ukraine, estime sur Telegram la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar. « Que cela signifie-t-il pour nous ? Une fenêtre d’opportunité », ajoute-t-elle, assurant que l’Ukraine continue son travail pour la « victoire ».

14h05 : Evguéni Prigojine affirme avoir pris le QG militaire de Rostov « sans coup de feu ».

« Pourquoi le pays nous soutient ? Parce que nous effectuons une marche pour la justice », dit dans un message audio sur Telegram le chef de Wagner, accusé de « trahison » par Vladimir Poutine. « Nous sommes entrés dans Rostov, et sans tirer un seul coup de feu, nous avons pris le bâtiment du quartier général », ajoute-t-il.

Capture d'écran du patron de Wagner, Evguéni Prigojine, en train d'arpenter, armé, les rues de Rostov-sur-le-Don.
Capture d’écran du patron de Wagner, Evguéni Prigojine, en train d’arpenter, armé, les rues de Rostov-sur-le-Don. © AFP – HANDOUT / @razgruzka_vagnera
Rostov-sur-le-Don, château-fort de l’armée russe

 

Par Franck Alexandre

C’est l’un des cinq districts militaires de Russie, un district éminemment stratégique puisqu’il fait face à l’Ukraine. C’est d’ailleurs à Rostov-sur-le-Don que l’armée russe a installé son quartier général dans le conflit ukrainien. Avec l’état-major, les transmissions, c’est aussi un port doublé d’une importante base aérienne. Mais c’est surtout un hub logistique, où convergent les réseaux ferroviaires qui alimentent l’armée russe. En faisant main-basse sur ce château-fort, centre de gravité majeur de l’effort de guerre, Evguéni Prigojine a désormais accès à la hiérarchie et aux moyens militaires.

Ce coup de force pourrait avoir comme première conséquence de perturber les opérations et faciliter une percée ukrainienne. D’autant que sur la ligne de front, la 22e brigade Spetsnaz de la Garde ainsi que l’Unité Storm Z composée de prisonniers sortis des prisons russes, ont porté allégeance à Wagner. L’ossature des troupes russes les plus brutales se retourne contre le Kremlin. La Russie a créé un monstre qui lui échappe et ce samedi matin, les chiens de guerre ont pris la route de Moscou.

13h54 : Poutine est au Kremlin, assure son porte-parole.

« Le président travaille au Kremlin », assure Dmitri Peskov, cité par l’agence d’État Ria Novosti, qui l’interrogeait sur des rumeurs sur les réseaux sociaux affirmant qu’il avait quitté Moscou à cause de la rébellion du groupe Wagner.

13h15 : Les habitants de la région de Lipetsk appelés à rester chez eux.

« Afin d’assurer l’ordre et la sécurité des citoyens de la région de Lipetsk, le quartier général opérationnel (régional) appelle les habitants à ne pas sortir de leurs maisons sauf nécessité, et à renoncer à tout déplacement dans un véhicule privé », indique le compte Telegram des autorités de la région, située à 420 km au sud de Moscou. Cet appel coïncide avec la diffusion sur Twitter de vidéos montrant une colonne de véhicules, dont certains transportant des chars, remonter la route fédérale M4 au niveau de la ville de Horse-Kolodezsky, dans la région de Lipetsk.

12h34 : Un convoi de Wagner passe la ville de Voronej en direction de Moscou.

Un journaliste de l’agence de presse Reuters rapporte avoir vu un convoi de combattants de Wagner remonter du sud de la Russie en direction de Moscou, en passant la ville de Voronej. Au moins l’un des véhicules transportait un char de combat.

12h18 : Pour Volodymyr Zelensky, la faiblesse de la Russie est « évidente ».

Dans sa première réaction aux événements en Russie, le président ukrainien considère que la mutinerie du groupe Wagner illustre la faiblesse « totale » de la Russie, plongée dans « le mal et le chaos ». Celui qui « choisit le chemin du mal s’autodétruit », estime Volodymyr Zelensky, en raillant l’attitude de Vladimir Poutine qui « envoie des centaines de milliers de personnes à la guerre pour finalement se barricader dans la région de Moscou pour se protéger de ceux qu’il a lui-même armés ».

12h07 : Le patriarche Kirill appelle à « l’unité ».

« Toute tentative de semer la discorde dans le pays est le plus grand des crimes qui ne saurait trouver de justification », déclare le chef de l’Église orthodoxe en Russie et allié du président Vladimir Poutine. « J’appelle ceux qui ont pris les armes pour les diriger contre leurs frères à reconsidérer » leur choix, ajoute-t-il, disant « soutenir les efforts de Vladimir Poutine pour empêcher les troubles » en Russie.

12h03 : L’Union européenne « surveille de près la situation », le Premier ministre britannique appelle toutes les parties à être « responsables ».

Sur Twitter, le président du Conseil européen Charles Michel affirme « surveiller de près la situation en Russie » et être « en contact avec les dirigeants européens et les partenaires du G7 », après l’entrée en rébellion du groupe Wagner. « Il s’agit clairement d’un problème interne à la Russie. Notre soutien à l’Ukraine et à Volodymyr Zelensky est inébranlable », poursuit le responsable européen.

Dans un entretien à la BBC, le chef du gouvernement britannique Rishi Sunak appelle de son côté « toutes les parties à être responsables et à protéger les civils ». Pour la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, ces événements « montrent comment l’agression contre l’Ukraine provoque également de l’instabilité » en Russie. Sur Twitter, son ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani appelle les ressortissants italiens en Russie à la prudence.

11h45 : Evguéni Prigojine estime que Vladimir Poutine « se trompe profondément ».

Réagissant à l’allocution du président russe, le patron du groupe Wagner affirme dans un enregistrement audio que le chef du Kremlin « se trompe profondément » en accusant ses combattants de « trahison ». « Nous sommes des patriotes », déclare au contraire Evguéni Prigojine, assurant que ses troupes ne comptent pas « se rendre ».

Nous sommes patriotes. Et ceux qui s’opposent à nous aujourd’hui sont ceux qui se sont rassemblés autour de la racaille.

Evguéni Prigojine: «Le président se trompe profondément»

11h21 : Les chefs des deux chambres du Parlement russe appellent à soutenir Vladimir Poutine.

« Les députés de la Douma d’État (…) soutiennent la consolidation des forces et du soutien au président Vladimir Poutine, le commandant-en-chef », déclare sur Telegram le président de la chambre basse, Viatcheslav Volodine. « La force » de la Russie réside dans « l’unité (…) et notre intolérance historique pour les trahisons et les provocations », renchérit la présidente de la chambre haute, Valentina Matvienko.

11h09 : L’armée mène des actions de « combat » dans la région russe de Voronej.

Le gouverneur de cette région frontalière de l’Ukraine, située à environ 600 km au sud de Moscou, annonce sur Telegram que les forces russes mènent des « actions opérationnelles et de combat nécessaires » dans le cadre de l’opération antiterroriste déclenchée plus tôt dans la matinée.

La police russe bloque une route dans le cadre d'une « opération antiterroriste » dans la banlieue de Voronej en Russie, le 24 juin 2023.
La police russe bloque une route dans le cadre d’une « opération antiterroriste » dans la banlieue de Voronej en Russie, le 24 juin 2023. REUTERS – STRINGER

10h51 : Les responsables de l’occupation russe en Ukraine expriment leur soutien à Vladimir Poutine.

Dans des communiqués séparés, les dirigeants installés par la Russie dans les régions de Donetsk et de Lougansk (est) ainsi que Zaporijjia et Kherson (sud) déclarent que leurs régions respectives sont « avec le président ! ».

10h41 : Vladimir Poutine s’entretient avec Alexandre Loukachenko.

Le président russe a échangé avec son homologue biélorusse et plus proche allié pour l’informer « de la situation en Russie », rapporte l’agence de presse publique biélorusse Belta. Il s’agit du premier contact international du chef du Kremlin depuis le début de la rébellion lancée hier soir par le patron de Wagner.

9h52 : Paris et Berlin disent suivre de près la situation en Russie.

L’Élysée fait que le président français suit « la situation de près », mais reste « concentré sur le soutien à l’Ukraine ». Même chose à Berlin, où le gouvernement allemand dit suivre « attentivement » les événements en Russie.

9h : Vladimir Poutine s’adresse à la nation dans une allocution télévisée.

Sans jamais citer son nom, le président russe accuse de « trahison » le fondateur du groupe paramilitaire Wagner, Evguéni Prigojine, après l’appel de ce dernier à la rébellion contre les chefs de l’armée russe auxquels il reproche la conduite de la guerre en Ukraine.

Vladimir Poutine appelle son peuple à « l’unité » et promet une réponse « implacable » contre les auteurs de ce « coup de poignard dans le dos ». « Ce à quoi nous faisons face, ce n’est rien d’autre qu’une trahison. Une trahison provoquée par les ambitions démesurées et les intérêts personnels » de Evguéni Prigojine, affirme-t-il, assurant que les rebelles seront « inévitablement punis ».

Des ambitions exorbitantes et des intérêts personnels ont conduit à la trahison. À la trahison de son pays, de son peuple, et de la cause pour laquelle, aux côtés de nos autres unités, les combattants et les commandants du groupe Wagner se sont battus et sont morts.

Vladimir Poutine: «Ils ont trahi la Russie»

Vladimir Poutine admet que la situation à Rostov est « difficile » et évoque une « menace mortelle » pour la Russie. Il assure avoir donné les « ordres nécessaires » à l’armée pour reprendre le contrôle du pays. Il tend en même temps la main aux mercenaires du groupe Wagner, les qualifiant de « héros de la libération du Donbass », dans l’est de l’Ukraine. Le ministère de la Défense, principale cible d’Evguéni Prigojine, avait un peu plus tôt affirmé que les combattants de Wagner avaient été « manipulés » et s’étaient laissés « entraîner dans une entreprise criminelle » par leur chef.

8h45 : Les soldats de Wagner dans les rues de Rostov-sur-le-Don.

Des vidéos sur les réseaux sociaux montrent les forces de Wagner dans les rues de Rostov, ville du sud de la Russie, où se trouve le quartier général du commandement sud de l’armée russe, d’où sont coordonnées les opérations militaires en Ukraine. L’une d’elles, postée par Wagner, montre Evguéni Prigojine négocier avec le vice-ministre de la Défense Iounous-bek Evkourov. « Nous voulons Guerassimov et Choïgou [respectivement commandant des opérations russes en Ukraine et ministre russe de la Défense, NDLR]. En attendant, nous bloquons Rostov et ensuite nous nous dirigerons vers Moscou », prévient le patron de Wagner.

8h36 : Le « régime d’opération antiterroriste » a été instauré à Moscou et dans sa région.

La mesure a également été mise en place la région de Voronej, frontalière de l’Ukraine, annonce le Comité national antiterroriste. Ce régime renforce notamment les pouvoirs des services de sécurité et leur permet de restreindre les mouvements. Il prévoit aussi la mise en place de contrôles des pièces d’identité et des véhicules dans les rues, et autorise une suspension temporaire des services de communication, si nécessaire.

RFI

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page