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Foot: «Nous avons été défaillants au niveau de la discipline», estime le sélectionneur du Gabon

Nommé sélectionneur de l’équipe nationale du Gabon au mois d’octobre dernier, Thierry Mouyouma s’est vite illustré sur le terrain en remportant ses deux premiers matches officiels en éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Mais il a plus fait parler de lui en écartant de sa liste de novembre 2023 puis de mars dernier la star des Panthères Pierre-Emerick Aubameyang. Qu’importe, pour l’ancien capitaine du Gabon, la réussite de l’équipe nationale va passer par la discipline et l’amour du maillot. Pour RFI, il évoque son style managérial, et revient sur « l’affaire Aubameyang ».

RFI : Thierry Mouyouma, vous avez rencontré l’ancien champion d’Afrique, le Sénégal, le 22 mars dernier (Défaite 0-3). En juin, vous allez croiser le nouveau champion d’Afrique, la Côte d’Ivoire. Ce match contre les Lions, c’était un peu une répétition générale avant ce choc contre les Éléphants ? 

Thierry Mouyouma : Oui, effectivement, cela a été une répétition, mais il faut comprendre que cela ne sera pas le même groupe en juin. Contre le Sénégal et pour cette trêve de mars, notre volonté était d’élargir, de développer un fichier de 35, 40 joueurs disponibles pour l’équipe nationale. Quand nous en avons un qui est indisponible pour une raison ou une autre, on sait où piocher le joueur, le profil. C’était très important. Maintenant, pour le match de juin, ce sera un groupe différent ou remanié, avec un autre état d’esprit, car ce sont les éliminatoires de la Coupe du monde.

Le Gabon n’a pas disputé la dernière CAN. Vous êtes arrivé en septembre pour reconstruire l’équipe et vous commencez avec deux victoires en deux matches dans les éliminatoires de la Coupe du monde. Que peut espérer le Gabon ? Une qualification au Mondial ?

Le Gabon a réellement des ambitions. L’ambition première, comme le stipule mon contrat, est de qualifier l’équipe à la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Après, l’objectif subsidiaire, c’est de qualifier le Gabon la Coupe du monde. Ce qui n’est pas impossible quand vous regardez le format actuel et le nombre de pays africains qui peuvent aller à la Coupe du monde. Le Gabon a sa chance comme toutes les nations.

La Côte d’Ivoire est peut-être championne d’Afrique, mais elle n’est pas imbattable. C’est à nous de faire ce qu’il faut au mois de juin pour pouvoir partir d’Abidjan avec un résultat satisfaisant et ne pas permettre à la Côte d’Ivoire de prendre un écart considérable. Le Gabon n’a certes pas été à la CAN, mais on reste compétitifs même si on est en phase de restructuration.

Et comment s’opère cette restructuration ?

Nous avons besoin de restructurer l’entité à tous les niveaux : niveau de l’état d’esprit, au niveau disciplinaire, au niveau mental, au niveau technique et au niveau des résultats. Il est important que le Gabon se qualifie dorénavant à toutes les CAN.

Depuis votre arrivée, il y a un mot qui revient souvent quand on parle de l’équipe nationale du Gabon : « discipline ». C’est le maître-mot de votre « magistère » si on peut dire ? 

La discipline est à tous les niveaux. Vous avez besoin de discipline tactique pour bien jouer. Vous avez besoin de discipline pour que les hommes vivent ensemble, vous avez besoin de discipline pour asseoir vos idées, vous avez besoin de discipline pour asseoir les principes de jeu. Donc, je ne suis pas en train d’inventer la roue. Au Gabon, nous avons des talents, de la qualité, mais nous avons été défaillants au niveau de la discipline. Dans tous les aspects. Nous ne sommes pas en train de parler que la discipline comportementale, mais aussi du jeu, de la tactique.

Le Gabon est un pays qui, depuis août dernier, a connu un bouleversement au niveau politique et cela ne s’arrête pas seulement au niveau politique. Il intègre toutes les parties de la société, notamment le football et comme vous le savez, le football, c’est l’opium du peuple. Le peuple vit à travers les résultats de l’équipe nationale. Nous, nous avons le devoir d’exemplarité. Nous représentons le peuple et on ne peut représenter un peuple que dans la discipline. Le peuple gabonais est un peuple discipliné et nous qui portons le maillot de l’équipe national, nous représentons le Gabon. Quand nous allons à l’extérieur aux frais du contribuable, nous nous devons être représentatifs, et tout passe par la discipline.

Avec le mot discipline, il a également le mot « patrie » que vous utilisez beaucoup. C’est une façon d’inculquer l’amour ou l’importance du maillot à vos joueurs ?  

Il n’y a pas d’hommes sans patrie, il n’y a pas de patrie sans hommes. Nous sommes Gabonais, nous sommes fiers. Moi, j’ai eu le privilège ou la chance d’avoir été capitaine de l’équipe nationale. Quand je suis revenu, j’ai constaté désagréablement que la maison était un peu délabrée et qu’il fallait la restructurer. Et pour cela, on a besoin d’abord d’asseoir la discipline et de parler de patriotisme. J’ai en face de moi des petits frères, certains pourraient être mes enfants, donc la seule chose dont je peux leur parler ou que nous avons en commun, c’est de défendre la patrie. C’est pour cela que nous mettons au centre de nos débats, au centre de nos conversations, le Gabon, parce que pour nous, le Gabon est indivisible, unique et éternel.

Vous communiquez beaucoup sur les réseaux sociaux, notamment sur X, anciennement Twitter. Il ne vous a échappé que l’absence de Pierre-Emerick Aubameyang dans la liste des matchs de mars a été très commentée…

Nous avons plus que commenté l’absence de Pierre-Emerick. À chaque interview que j’ai dû faire depuis que je suis là, on me parle de Pierre-Emerick, on en oublie même l’aspect technico-tactique. Je tiens à rassurer tout le monde : il n’y a aucun problème d’homme à homme, de personne à personne. Il n’y a pas un problème Aubameyang. Quand nous sommes arrivés, nous avons convoqué le joueur. Il n’a pas pu répondre à cette convocation pour les raisons que tout le monde connaît.

En mars, nous sommes repartis sur la base de la liste du regroupement de Lisbonne. (NDLR : la première liste du sélectionneur pour un regroupement à Lisbonne en vue des deux premières journées des éliminatoires du Mondial 2026). Ce qui est était logique pour moi. Nous nous sommes encore une fois appuyés sur l’ossature de mois de novembre et j’ai rajouté certains joueurs prometteurs issus des observations de la tournée de prospection que j’ai dû faire au mois de janvier. Donc, il faut que les gens comprennent que ce sont juste des choix qui répondent à certains critères de période. Rien de personnel, rien d’éternel en disant que X ou Y ou Pierre-Emerick ne viendra pas en équipe nationale.

Aubameyang réussit mieux sa 2e partie de saison que la première avec Marseille. Il peut donc espérer revenir pour les matches de juin comptant pour les qualifications de la Coupe du monde 2026 ?

C’est une fierté pour nous, Gabonais, qu’un compatriote soit un des meilleurs joueurs en France et réussisse à Marseille. Un club que je supporte notamment. Pour les matchs de juin, je pense que mon staff et moi avons une idée de notre liste. Maintenant, nous allons faire les choses de manière normale. Nous allons nous remettre en contact avec nos joueurs, nous allons discuter. Nous allons élaborer la liste en notre âme et conscience pour avoir la meilleure équipe possible, et l’équipe la plus représentative possible au mois de juin en Côte d’Ivoire.

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