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Gérald Darmanin à l’Intérieur ? «Une dérive inadmissible», persiste Rachida Dati

lefigaro.fr

Pierre Maurer

Elle persiste et signe. Au micro de France Info ce vendredi matin, l’ex-candidate Les Républicains (LR) à la mairie de Paris a tiré à boulets rouges sur la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur. «La dérive inadmissible, c’est d’avoir comme ministre de l’Intérieur quelqu’un qui a un comportement et des pratiques indignes», a réagi Rachida Dati aux propos de Jean Castex, qui défendait jeudi «le droit au respect des principes de la République» pour Gérald Darmanin.

Le premier ministre qualifiait également de «dérives inadmissibles», les protestations contre la nomination de son ministre de l’Intérieur. Était notamment ciblée : une tribune au Monde publiée mercredi, dans laquelle Rachida Dati a rejoint les militantes féministes indignées par la nomination au ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance. «(Emmanuel Macron) envoie les pires symboles», jugeait l’ex-ministre de la Justice.

«Je dénonce quelque chose qui ne doit plus se pratiquer», a insisté vendredi matin l’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy. Et Rachida Dati d’interroger : «Les violences sexuelles ont augmenté de plus de 12% en 2019. Est-ce qu’on doit continuer comme ça ?».

Gérald Darmanin «n’est pas un citoyen comme un autre»

Minoritaire dans sa famille politique, Rachida Dati a pu néanmoins compter sur le soutien de son ancienne collègue, Valérie Pécresse. «Comme Rachida Dati, je refuse la banalisation des plaintes pour viol et qu’on minore la parole des femmes. Bien sûr Gérald Darmanin a pleinement droit à la présomption d’innocence, mais le nommer ministre de l’Intérieur, maintenant, c’est une marque de mépris pour toutes les victimes», a déploré sur Twitter la présidente «Libres!» de la région Ile-de-France.

L’information judiciaire visant Gérald Darmanin n’est «pas un obstacle» à sa nomination à l’Intérieur, a avancé l’Élysée la semaine dernière. Depuis 2017, l’ex-ministre de l’Action et des Comptes publics a fait l’objet de trois plaintes d’une ancienne militante de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), pour des faits qui auraient été commis en 2009. Deux d’entre elles ont été classées sans suite, la troisième a fait l’objet d’un non-lieu, contesté par la plaignante : la cour d’appel de Paris a décidé, le 15 juin, la reprise des investigations.

En ultime attaque, Rachida Dati estime – contrairement à ce qu’a déclaré Jean Castex – que Gérald Darmanin «n’est pas un citoyen comme un autre, il est ministre de l’Intérieur ; il est chef de la police.» D’où une vive inquiétude de la part de la maire du 7e arrondissement de Paris quant au bon déroulé de l’enquête : «La carrière de ces personnes [les enquêteurs chargés de son dossier, ndlr] dépend de Monsieur Darmanin. Vous pensez que la victime va se sentir à l’aise d’aller témoigner ?»

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