AFRIQUE

Kampala, paradis du cannabis thérapeutique

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Bien que la culture et la consommation de cannabis soient interdites en Ouganda, une entreprise a obtenu l’autorisation d’en produire. Industrial Globus exporte depuis deux ans du cannabis vers Israël et l’Allemagne, qui est ensuite transformé en médicament. Un marché lucratif alors qu’une trentaine de pays dans le monde autorisent désormais la consommation de cette plante pour des fins thérapeutiques.

De notre envoyée spéciale à Kasese,

Une forte odeur de cannabis s’échappe dès l’ouverture des portes de la serre. « Quand la plante arrive à maturité, l’odeur devient de plus en plus intense », explique Peter Owori, l’un des agronomes du site. La ferme comprend cinq serres qui s’étalent sur 30 000 m², avec une capacité de production de 15 tonnes de cannabis par an.

« Ces plants que vous voyez là, ils en sont à leur sixième semaine de floraison. Pour la plupart des variétés que l’on a ici, il faut compter quatre mois entre la reproduction et la récolte », indique l’agronome. Une fois prêt, le cannabis est trié méticuleusement à l’intérieur de bâtiments sous haute surveillance.

« On récupère le produit une fois qu’il est séché pour une dernière sélection. On vérifie qu’il soit d’assez bonne qualité pour le consommateur, qu’il soit de la bonne taille, qu’il n’y ait pas de moisissure, sinon on le met à part. Et ensuite, il y a une deuxième vérification, et on envoie les bons produits à l’emballage », détaille Anna Tumusiime, responsable du traitement post-récolte.

Une ferme à la localisation idéale

Benjamin Cadet est l’un des directeurs d’Industrial Globus, entreprise créée en 2018 d’une alliance entre sa société locale et une compagnie israélienne. Pendant deux ans, l’homme d’affaires a construit cette large ferme au nord de Kasese, dans l’ouest de l’Ouganda, une localisation idéale pour la culture de cannabis.

« Cultiver ici rend notre travail économiquement viable, grâce à l’intensité du soleil de l’équateur qui réduit les coûts, explique-t-il. Nous avons notre propre station météo et notre radar. Donc nous connaissons le taux d’humidité et la température en temps réel. Et ce sont les capteurs du radar qui donnent les informations directement dans la serre pour régler les paramètres automatiquement. Compte tenu de notre niveau de production et de l’environnement que la nature nous offre, nous pouvons concurrencer les meilleurs et encore faire des profits. »

Anticiper les prochaines demandes

Les premières exportations vers Israël ont commencé en 2020, mais pour Benjamin Cadet, le plus important est désormais de rester à la pointe du secteur. « Même si aujourd’hui nous travaillons dans le secteur du cannabis médicinal, nous nous préparons à la suite pour ne pas être pris de court par la concurrence. Tout ce qui est nouveau, nous l’achetons. Même si la ferme est en croissance aujourd’hui, nous essayons d’être prêts à répondre aux futures demandes. Donc c’est pour cette raison que nous investissons beaucoup dans les nouvelles variétés, pour les avoir ici. »

Industrial Globus est la seule entreprise à avoir obtenu la licence pour cultiver du cannabis en Ouganda. Une vingtaine d’autres ont postulé auprès des autorités, pour l’instant sans succès.

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