SANTE

LA PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE ET LA GREFFE DE LA MOELLE OSSEUSE BIENTOT POSSIBLES AU SENEGAL

L’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye a abrité hier la pose de la première pierre du Centre de procréation médicalement assistée (Pma) et de celui de la greffe de la moelle. Ces deux structures permettront de réduire les évacuations sanitaires qui coûtent excessivement cher à l’Etat et aux patients. D’un coût global de 1,5 milliard FCFA, les travaux vont durer 12 mois.

Ce sont les personnes souffrant de cancer, notamment les leucémies, et celles qui sont atteintes d’infertilité qui vont pousser un ouf de soulagement. En effet, l’Etat va mettre en place deux centres, l’un dédié à la greffe de la moelle osseuse et l’autre à la Procréation Médicalement Assistée (Pma). C’est dire que le soulagement sera réel pour les malades. Surtout que la prise en charge des cancers est limitée à la chimiothérapie conventionnelle associée et à la radiothérapie. Bon nombre de ces cancers du sang bénéficient d’un traitement palliatif du fait de l’absence de la greffe de moelle au Sénégal. C’est le cas spécifique des leucémies aiguës dont le taux de mortalité est de 95% en l’absence de la greffe de moelle osseuse. D’où les évacuations sanitaires à l’étranger.

Pour ce qui est de l’infertilité du couple, elle a été reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé (Oms) comme une maladie et un problème de santé publique, souvent relégué au second plan au profit d’autres. Contrairement à une idée reçue, l’infertilité est un problème extrêmement présent dans les pays en voie de développement. Entre 15% et 30% des couples seraient touchés, contre 5% à 10% en Europe.

Par ailleurs, l’enquête portant sur l’accessibilité de la Pma a montré que 78,9% des femmes connaissant des problèmes de fécondité étaient disposées à utiliser cette méthode, mais seules 24,9% des femmes étaient en mesure de mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation de la Pma au vu des coûts pratiqués dans le secteur privé où se pratique exclusivement cette technique. Selon le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr qui présidait la pose de la première pierre, «ces centres, uniques en Afrique de l’Ouest, viennent s’ajouter aux importants investissements réalisés ces dix dernières années et qui ont permis d’améliorer considérablement les indicateurs de santé au Sénégal. Pour soigner les maladies du sang, la greffe de la moelle osseuse est l’un des traitements efficaces les plus prisés.

Près de 80% des greffes de moelle osseuse sont réalisées pour traiter certaines formes de cancer comme les leucémies, les lymphomes ou les myélomes. En l’absence de greffe de moelle osseuse, beaucoup de patients atteints de cancer comme les leucémies aigues meurent car n’ayant pas les moyens d’une prise en charge à l’étranger», affirme le maire de Yoff. S’agissant des nombreux couples qui sont dans l’impossibilité d’avoir une descendance, indique Abdoulaye Diouf Sarr, ils vivent en silence un véritable drame social.

«Les plus nantis d’entre eux se font prendre en charge à l’étranger à des coûts extrêmement élevés. Ce qui n’est pas le cas des couples ayant des moyens modestes. La mise en place de cette unité de PMA dans le système public permettra aux couples sénégalais légalement mariés et atteints d’infertilité d’accéder aux techniques d’assistance médicale à la procréation», explique-t-il tout en annonçant que son département met tout en œuvre pour que les services offerts par l’hôpital Dalal Jamm correspondent à ceux d’un Etablissement public de santé de niveau 4. Il n’a pas manqué d’exhorter les entreprises chargées des travaux à respecter les délais de réalisation et la qualité des ouvrages qui seront livrés.

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