A LA UNEACTUALITÉS

La Russie veut renforcer sa présence au Sahel par le biais de la Libye et du Niger

Encouragés par Moscou, des représentants de la junte militaire au pouvoir au Niger et des responsables de l’armée nationale libyenne (ANL) dirigée par Khalifa Haftar ont multiplié les rencontres ces dernières semaines. La Russie compte étendre son influence dans la zone du Sahel et plus généralement en Afrique. Elle veut renforcer les liens entre Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, et l’alliance des trois pays : le Niger, le Mali et le Burkina Faso, à commencer par Niamey.

Une délégation du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) était au début de cette semaine à Benghazi. Elle était composée de Bakary Yaou Sangaré, le chef de la diplomatie, de Mohamed Toumba, le ministre de la Sécurité intérieure et du chef du renseignement du Niger. Une mission officiellement centrée sur le partenariat sécuritaire, comme l’indique un bref communiqué de l’Armée nationale libyenne. Ce déplacement prépare, si l’on en croit le site d’information Africa Intelligence, la visite du ministre de la Défense, le général Salifou Modi, à Benghazi.

Consolider les relations entre les deux pays est un projet chapeauté par le vice-ministre de la Défense russe Yunus-Bek Yevkurov. Il a effectué lui aussi le déplacement lundi à Benghazi et il s’agissait de sa cinquième visite à l’est libyen en moins de sept mois.

Le président Poutine est déterminé à muscler son dispositif tant sécuritaire que diplomatique au Sahel. Il a créé récemment l’Africa Corps pour remplacer Wagner et officialiser la présence russe dans cette zone. L’est et le sud libyen pourraient devenir l’arrière base d’appui matériel et logistique pour les forces russes.

Les relations entre le Niger et la Russie se sont accélérées depuis la signature début décembre dernier d’un document d’entente et de coopération militaire, qui a conduit rapidement le Premier ministre nigérien Mahamane Lamine Zeine à se déplacer à Moscou, mi-décembre

Les paramilitaires russes sont implantés en Libye depuis 2019. Leur nombre était estimé à 7000 dans ce pays par le groupe d’experts de l’ONU mais c’était avant la guerre en Ukraine. Moscou ambitionne de signer un accord de défense commune avec les autorités de l’Est, ce qui lui donnerait accès aux bases maritimes de l’est du pays et précisément à Tobrouk.

Le Sahel suscite des convoitises depuis le départ de la France puisque de son côté, la Turquie jette également son dévolu sur le Niger et la région.

RFI

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page