ECONOMIE

« L’avenir est entre vos mains »

«En mission avec l’équipe de l’Unicef dans le sud du Sénégal, j’ai eu la merveilleuse opportunité d’avoir un échange dans le centre départemental de l’action sociale de Tambacounda, où une trentaine d’enfants et d’adolescents m’accueillaient sous une bâche pour une discussion sur les défis auxquels ils sont confrontés et les solutions qu’ils proposent pour les surmonter », lit-on dans un document transmis par l’Unicef. Selon la même source, le ton a été donné par le jeune Mohammed, président du Conseil consultatif du département jeunes de Tambacounda, qui a assuré avec brio la facilitation de la séance. «Nous sommes devant un exemple de réussite aujourd’hui. Je peine à croire de me lever devant vous « coach ». Merci encore de nous avoir ramené ce trophée » a-t-il indiqué. «Je suis ému, je ne sais pas quoi dire. Tout ça est émouvant, j’aimerai vous tenir dans mes bras ? ».
 
Le sélectionneur  national de relever que ces enfants et adolescents sont au quotidien sur le front pour mener un combat : celui de promouvoir les droits de leurs pairs, et particulièrement leurs droits de vivre à l’abri de la violence, de l’exploitation et de la maltraitance. «Avec le soutien de l’Unicef, ils animent des causeries éducatives dans leurs communautés, ont été formés à l’autoprotection de l’enfant, participent activement à des dialogues communautaires avec leurs aînés, leurs parents et les leaders communautaires ou animent des émissions radiophoniques pour encourager une conversation positive autour des droits de l’enfant », se félicite Aliou Cissé surnommé « El Tactico ».
 
Selon lui, la discussion démarre par des histoires poignantes d’enfants, d’adolescents victimes de toute forme de violence. «Celle d’une fille envoyée aux villages pour subir l’excision, d’enfants de rues qui se réveillent à six heures du matin et ne revenir qu’à minuit forcés à mendier dans la rue, d’enfants données en mariage par leurs parents, d’enfants qui subissent des violences physiques dans leur propre maison, d’enfants n’ayant pas d’extraits de naissance et obligés d’abandonner l’école, d’enfants confiés à des tuteurs qui abusent d’eux, d’enfants obligés de travailler, exploités dans la vente de drogues, et bien d’autres situations, parfois inimaginables », relate M. Cissé.
 
Militante des droits des filles dans la ville de Tambacounda, Ndeye Fall, 18 ans, elle, est revenue à plusieurs reprises sur le traitement inégal entre garçons et filles. «Le rôle des filles est de s’occuper de la maison, faire les tâches ménagères, laver le linge, puiser l’eau, mais pas à l’école… voilà ce que subissent certaines filles » confie-t-elle. « Nous sommes les ambassadeurs de demain, c’est pour cette raison que nous insistons pour vous partager la réalité de ces enfants. Avec votre voix à côté des nôtres, nous pouvons amplifier le message et accélérer le changement », dit-il ».
En écoutant leurs témoignages, poursuit-il, nous devons sentir notre responsabilité grandissante de répondre à leurs exigences, vu l’urgence avec laquelle ils exigent un avenir meilleur. Nous devons œuvrer pour combler le fossé entre tout ce que nous imaginons pour les enfants et tout ce que nous n’avons pas encore été en mesure de réaliser pour eux. J’ai été fièrement impressionné de la manière dont ils ont porté leur plaidoyer. J’étais là avant tout pour les écouter, et leur cœur a parlé en toute authenticité.
 
«C’est pour cette raison que je me suis déplacé ici aujourd’hui : vous écouter, écouter ce qui sort de votre cœur, et vous l’avez exprimé en toute authenticité. Plus vous serez authentique, plus l’avenir sera entre vos mains. Les droits que vous réclamez, le pays y travaille, les partenaires y travaillent, et moi, j’y travaille », a écrit Aliou Cissé.
 Adou Faye 

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