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Les journalistes crient «leur» mécontentement suite à la régression du Sénégal en matière de la liberté de presse – Sud Quotidien

Le dernier classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) consacre un recul notoire du Sénégal par rapport à l’année dernière. Pour des motifs de presse foisonnante avec la prolifération des sites d’information et des rumeurs associé aux conditions de travail peu confortables des journalistes, le Sénégal perd 24 places et se retrouve 73ème du classement sur 180 pays. Cette position révélatrice octroyée par l’observatoire mondial des libertés de presse, fait couler beaucoup d’encre et de salive des chez des journalistes Sénégalais. Mamadou Thior, le président du CORED, et Daouda Mine, le président de la Commission de la Carté nationale de presse exigent désormais une correction des manquements notées afin d’améliorer le classement du Sénégal.

 

DAOUDA MINE : «Cette régression était prévisible dans la mesure où…»

Le virement en arrière du Sénégal dans le Rapport 2022 de Reporters sans frontières (RSF) sur la liberté de la presse dans le monde, suscite différentes lectures chez les professionnels de la presse du pays. A ce propos, Daouda Mine, journaliste et président de la Commission nationale de la Carte nationale de presse estime que «cette régression était prévisible, dans la mesure où le Sénégal n’a rien fait depuis quelques temps pour améliorer son cadre légal». Aussi, ajoute-t-il, durant la période évaluée (du 1er janvier au 31 décembre 2021, plusieurs exactions ont été notées dans le pays.

Toutefois, «si le Sénégal a perdu autant de places (24), c’est parce que Reporters sans frontières a changé sa méthodologie de calcul. Ce classement est le premier après le changement des critères d’évaluation basés sur cinq indicateurs que sont le contexte politique, le cadre légal le contexte économique, le contexte socioculturel et la sécurité», précise-t-il.

Dans l’optique de cerner les aspects précis qui ont conduit à ce classement, M. Mine énumère quelque cas de figure à savoir l’agression, dans le temps évaluée, d’une journaliste de Dakaractu, morts dans l’exercice de leur fonction des reporters de Leral TV, la détention du journaliste de Walfadjri, le saccage des locaux de la TFM, les voitures incendiées de reporters de la RFM et, in  fine, le signal de Walfadjri et de la Sen TV qui avait été coupé par le CNRA.

Pour ce qui est du côté de l’Etat, Daouda Mine recommande la prise en compte de nouveaux critères d’évaluation, d’essayer de corriger les manquements notés afin d’améliorer le classement du Sénégal. L’assurance de la sécurité des journalistes, la dépénalisation des délits de presse, le vote d’une loi sur l’accès à l’information ainsi que la garantie de bonnes conditions de travail contribueront à faciliter le travail des journalistes et à hisser le Sénégal au rang des pays modèles en matière de démocratie et de liberté de la presse.

 

MAMADOU THIOR : «La place du Sénégal dans ce classement est scandaleux car ….»

Il sera rejoint dans ce raisonnement par le président du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED), Mamadou Thior, qui estime également qu’«Il faut  prendre en considération l’affaire partant des évènements du mois de mars. On a attaqué des maisons de presse et cela ne joue pas en faveur du Sénégal dans le classement de Reporter sans frontière. Et par la suite, il y a eu beaucoup d’intimidation, la presse a été quelque peu diabolisée. Même si les journalistes n’ont pas été amené en justice, on s’en est beaucoup pris à eux».

Il trouve par-dessus la place du Sénégal dans ce classement «scandaleux» car, il reste convaincu que le pays doit figurer dans le top 3 en Afrique de l’Ouest et le top 5 ou 10 en Afrique généralement. Cela ne signifie pas, pour autant, l’inexistence d’une liberté de la presse dans au Sénégal, bien au contraire.

Cependant, dans son analyse, la responsabilité incombe aussi bien à l’Etat qu’aux acteurs du milieu de la presse car «nous devons faire en sorte de donner à la presse un moyen d’épanouissement et de laisser les journalistes faire leur travail. Parce que souvent ce sont des incompréhensions qui amènent certains à s’en prendre à la presse. Nous, les acteurs de media, aussi devons faire notre introspection car des fois nous laissons croire au public que nous sommes partiaux et la presse se doit d’être impartiale dans le traitement de l’information. Elle ne doit être à la solde de qui que ce soit, que ça soit le pouvoir maraboutique, politique ou économique, nous devons rester à équidistance de tous. Et je pense que c’est de cette manière que nous parviendrons à replacer le Sénégal dans le top 3 en Afrique de l’Ouest et dans le top 10 en Afrique», a-t-il martelé.

KHADIDIATOU MENDY (STAGIAIRE)

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