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L’opposant russe Alexeï Navalny est mort en prison

L’opposant russe Alexeï Navalny est décédé vendredi dans la prison de l’Arctique où il était détenu, ont annoncé les services pénitentiaires, précisant que « les causes de la mort sont en train d’être établies ».

L’adversaire numéro un du Kremlin est mort. L’opposant russe Alexeï Navalny, est décédé vendredi 16 février dans la prison de l’Arctique où il purgeait une peine de 19 ans de prison, ont annoncé les services pénitentiaires (FSIN).

« Le 16 février 2024, dans le centre pénitentiaire numéro trois, le prisonnier Navalny A.A. s’est senti mal après une promenade (…) les causes de la mort sont en train d’être établies », a indiqué le FSIN de la région arctique de Yamal dans un communiqué, assurant que les secours avaient tenté de le sauver.

« Tous les gestes de réanimation nécessaires ont été pratiqués mais n’ont pas donné de résultat positif. Les médecins urgentistes ont constaté la mort du patient », a-t-il précisé, dans ce communiqué lapidaire.

Le président russe a été informé du décès, selon son porte-parole Dmitri Peskov, ajoutant que les services pénitentiaires s’occupaient des « vérifications » et « éclaircissements » sur la cause du décès.

Les réactions indignées des nations occidentales ont commencé à affluer. Le ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné a posté sur X : « Alexeï Navalny a payé de sa vie sa résistance à un système d’oppression. Sa mort en colonie pénitentiaire nous rappelle la réalité du régime de Vladimir Poutine. »

Une peine de 19 ans de prison pour « extrémisme »

Le militant âgé de 47 ans purgeait une peine de 19 ans de prison pour « extrémisme » dans une colonie pénitentiaire reculée de l’Arctique, dans des conditions très difficiles. Ses multiples procès avaient été largement dénoncé comme politiques et une manière de le punir pour son opposition à Vladimir Poutine.

L’UE tient « le régime russe » pour « seul responsable de la mort tragique » d’Alexeï Navalny, a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel.

« Alexeï Navalny s’est battu pour les valeurs de liberté et de démocratie. Pour ses idéaux, il a fait le sacrifice ultime (…) J’adresse mes sincères condoléances à sa famille et à ceux qui luttent pour la démocratie partout dans le monde. Les combattants meurent, mais le combat pour la liberté ne s’arrête jamais », a-t-il indiqué sur X (ex-Twitter).

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a déploré une « immense tragédie » pour le peuple russe.

Alexeï Navalny « vient d’être brutalement assassiné par le Kremlin », a affirmé le président de la Lettonie, Edgars Rinkevics, tandis que le ministre norvégien des Affaires étrangères a déclaré que le gouvernement russe « porte une lourde responsabilité » dans la mort de l’opposant.

Olaf Scholz, le chancelier allemand, s’est dit « très attristé » par la mort de Nalvany, qui a « payé son courage avec sa vie ». « Celui qui s’engage pour la démocratie doit craindre pour sa sécurité et sa vie, et c’est pourquoi nous sommes tous très tristes », a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse aux côtés de Volodymyr Zelensky.

Le président ukrainien a pour sa part déclaré que Vladimir Poutine devait « rendre des comptes pour ses crimes ». Pour le chef de l’administration présidentielle en Ukraine, Andriï Iermak, « Poutine est le mal absolu, qui craint toute concurrence. La vie des Russes n’est rien pour lui. Il ne peut pas y avoir de négociations avec lui. Le seul langage qu’il comprend est celui de la force », a-t-il écrit sur Telegram.

Les soutiens de l’opposant, eux, n’ont pas été informés de sa mort en prison, a indiqué sa porte-parole Kira Iarmich, précisant qu’un de leurs avocats se rendait sur place.

Empoisonné en 2020

Lors de diverses audiences à des procès auxquels il participait par vidéo ces derniers mois, ce grand blond au regard bleu perçant apparaissait amaigri et vieilli. Il avait enchaîné les problèmes de santé lié à une grève de la faim et à l’empoisonnement dont il avait été victime en 2020 et auquel il avait survécu miraculeusement.

La prison n’avait pas entamé sa détermination. Au cours des audiences et dans des messages diffusés sur les réseaux sociaux par l’intermédiaire de ses avocats, il ne cessait de conspuer Vladimir Poutine, qualifié de « papi caché dans un bunker », car le président russe n’apparaît que rarement en public.

Dans son procès pour « extrémisme », il avait fustigé « la guerre la plus stupide et la plus insensée du XXIe siècle », évoquant l’assaut russe contre l’Ukraine.

Dans ses messages en ligne, il ironisait sur les brimades que l’administration carcérale lui fait subir.

Dans un message le 1er février diffusé par son équipe sur les réseaux sociaux, Alexeï Nalvany avait appelé à des manifestations partout en Russie lors de la présidentielle prévue du 15 au 17 mars et qui doit permettre à Vladimir Poutine de se maintenir au pouvoir.

Avec AFP

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