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Présidentielle : Début de la campagne électorale dans l’incertitude  – Lequotidien

Ça y est ! La dernière ligne droite du processus électoral est entamée. Il s’agit de la compagne électorale, qui doit officiellement s’ouvrir ce dimanche. Les 20 candidats en lice vont sillonner le Sénégal pour convaincre les Sénégalais. Le Cnra (Conseil national de régulation de l’audiovisuel) s’attelle à organiser le temps d’antenne des candidats. Chaque candidat aura 3 minutes à la Rts pour convaincre. Pour cette année, la liste pléthorique des candidats impose de s’organiser. Ainsi, deux candidats ont été enregistrés ce vendredi. Aujourd’hui, 10 autres devraient s’y atteler. Pour Bassirou Diomaye Faye, le mystère reste entier. En prison pour appel à l’insurrection, entre autres accusations, il n’a pas encore eu de liberté provisoire. Va-t-il renoncer à son temps d’antenne ou bien va-t-il faire la même chose que Khalifa Ababacar Sall en 2017 ? L’ancien maire de Dakar avait choisi de mettre son bulletin de vote accompagné de menottes pour expliquer sa situation. La réponse ne devrait pas tarder.

En attendant, il faut noter que cette campagne électorale est saupoudrée d’une dose d’incertitude. En effet, concernant Karim Wade, écarté pour non-respect de l’article 28 de la Constitution, ses camarades de parti demeurent convaincus qu’il ne peut y avoir une élection sans leur leader, qui coule des jours heureux depuis 2016 à Doha, au Qatar. Ils ont agité l’idée d’un report de l’élection lors du vote de la résolution créant la Commission d’enquête parlementaire. Cette dernière fait partie des risques qui peuvent faire reporter la Présidentielle. En effet, le Pds veut faire la lumière sur les conditions dans lesquelles certains candidats à la candidature ont été écartés. Les Libéraux ont pointé un doigt accusateur sur deux des sept juges qui composent le Conseil constitutionnel, qu’ils accusent notamment de «corruption» et de «conflits d’intérêts». Ce que l’Union des magistrats sénégalais (Ums) n’entend pas laisser passer. L’Ums estime que les parlementaires ne sont pas compétents pour entendre les juges constitutionnels. Ce que l’Assemblée nationale contredit. La Commission d’enquête parlementaire est mise sur pied et c’est le président du Groupe parlementaire Benno bokk yaakaar, Abdou Mbow, qui va la présider.

Amadou Ba, candidat de la majorité, est accusé par Karim Wade d’être à la manœuvre dans son éviction. Le fait que Bby soutienne le Pds dans cette initiative en dit long sur sa volonté de respecter le calendrier électoral. La guerre entre Zahra Iyane Thiam et Thérèse Faye est assez symbolique des tensions dans la majorité. En effet, si certains sont pour le respect du scrutin, d’autres estiment qu’il faut reporter la Présidentielle. «Si Amadou Ba croit que c’est Zahra Iyane Thiam qui va lui ouvrir les portes du Palais, il se trompe», a lancé vendredi matin Thérèse Faye. Le soir, Zahra Iyane Thiam lui apporte la réplique. «Je ne peux pas être d’accord qu’on organise une élection juste parce qu’on a l’assurance de la gagner. Si on est certain de ne pas gagner, on repousse l’élection. C’est de la mauvaise foi de s’attaquer au Conseil constitutionnel, qui n’a pas l’obligation de vérifier la double nationalité. Ce sont les candidats qui ont fait recours. Et cela n’est pas un motif valable pour repousser une élection», a dit l’ancienne ministre de la Microfinance. Avant d’ajouter ceci : «On est en politique. Et il y a forcément des divergences de vues. Chacun peut exprimer son opinion. On ne peut pas être d’accord sur un point, c’est-à-dire la candidature de Amadou Ba, et revenir sur cette décision.»
Par Malick GAYE – mgaye@lequotidien.sn

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