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Présidentielle-ramadan de Tata : le Sénégal virtuel qui danse

Tata est au désarroi. La confusion alliée de l’indécision provoque chez elle une anxiété. A trois jours de la clôture de la campagne électorale pour la présidentielle, elle ne sait toujours pas pour qui voter le 24 mars 2024. Sur sa table de chevet s’amoncellent les programmes des 20-1 candidats présidentiables. Elle se désole du fait que la première candidate ait mis pieds à terre au début de la course pour se rhabiller au vestiaire. Tata, assise en tailleur dans le creux de son lit, épluche un à un les programmes. Armée de surligneur fluo, elle traque la rengaine dans les diverses propositions ainsi que les rêves promis. Dans ce jeu de Belotte que se livrent les candidats, l’un deux pose sur le tapis vert son slogan-atout-majeur : « Un Sénégal bon à vivre et beau à vivre », il se frotte les mains et arbore un sourire d’ange. Aussitôt, son adversaire immédiat tire de sa manche « Le Sénégal qui vient… » Pour sûr, ce pays sera un paradis sur terre jalousé par toutes les nations. Le pétillement de ses yeux le dit. Un troisième candidat qui ne se laisse pas impressionner pose avec force conviction sa carte « Nit, Natangué » et d’un rire goguenard d’ajouter « Qu’on ne peut construire un immeuble sans fondation » Entre les doigts du quatrième, son As de pique « Mottali yenné. Bâtissons la confiance et créons l’avenir ensemble ». En chœur, l’assistance d’émettre un Ah khakha ! Le cinquième joueur non invité, de bousculer tout le monde d’exhiber son Der de Der, le « Seen tawféex sunu yiité » Tata de ramasser tous ces slogans qui draguent son oreille pour les soumettre à la courte paille. De ce jeu sortira le futur président du Sénégal.

BABA DIOP

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