ECONOMIE

Promouvoir la collaboration dans la digitalisation du continent africain

Ces avancées majeures pour les nations africaines n’ont pu voir le jour qu’à travers la mobilisation collective de l’ensemble des acteurs de l’écosystème numérique pour planifier et mettre en œuvre l’installation progressive et pérenne d’infrastructures de réseaux de base. Une démarche efficace puisqu’aujourd’hui la couverture continentale en réseau haut débit est très satisfaisante. Alors qu’en 2011 l’Afrique découvrait l’Internet mobile 3G, nous observons à ce jour une accélération de l’installation de l’ultra haut débit sur le continent, celle-ci s’organisant désormais plus rapidement qu’en Europe ou encore aux États-Unis.
 
En matière de connectivité, l’Afrique est une véritable terre d’innovations. De nombreux partenariats entre les grands industriels (équipementiers et opérateurs) ont permis au continent de voir émerger des solutions novatrices pour améliorer la connectivité tout en permettant de lever certains obstacles propres au continent tels que les difficultés de transport dans certaines zones reculées ou encore les coûts d’installation élevés. À titre d’exemple, nous pouvons citer le projet de construction de 2Africa, né de la mobilisation d’un consortium de grands groupes dont Orange et China Mobile. Il s’agit d’un câble sous-marin déployé sur 37 000 km de long tout autour de l’Afrique afin d’améliorer l’accès à Internet sur tout le continent, à moindre coût. 2Africa a vocation à être l’un des câbles les plus longs du monde. Il permettra de relier l’Europe de l’Ouest au Moyen-Orient et à 16 pays d’Afrique d’ici 2023, voire 2024.
 
Si les opérateurs de télécommunications se mobilisent pour fournir leurs services au plus grand nombre, permettant ainsi aux populations d’accéder à des services de première nécessité, le rôle des équipementiers est tout autant crucial. Ces derniers construisent en effet les infrastructures nécessaires au déploiement de la connectivité, permettant ainsi à tout un chacun d’avoir accès à Internet. La coopération entre les opérateurs et les équipementiers apparaît donc comme la clé pour étendre la couverture numérique en Afrique. Ainsi, dans la région Northern Africa plus spécifiquement, Huawei travaille étroitement avec de nombreux opérateurs afin d’accompagner pouvoirs publics et populations dans cette transition numérique. À ce jour, Huawei a collaboré avec des opérateurs pour construire 71 réseaux dans la région Northern Africa. Ces nombreuses collaborations ont permis à l’entreprise d’équiper environ 50% des sites sans fils et réseaux mobiles haut débit 3G et 4G. L’entreprise a ainsi posé plus de 100 000 km de fibres optiques au service de près de 20 millions de ménages sans infrastructure de réseau fixe, leur permettant de bénéficier des réseaux à large bande passante et ainsi d’accéder à des services publics essentiels et de participer pleinement à la vie citoyenne.
 
De toute évidence, les équipementiers et opérateurs télécoms ont saisi la puissance de leurs collaborations sur le continent, soutenues par des politiques publiques volontaristes : en l’espace de 10 ans, le pourcentage de la population africaine connectée à internet a bondi de 30%. Essentiellement durant la pandémie, les pouvoirs publics africains ont fait preuve d’habileté en facilitant le travail des opérateurs. Par exemple au Maroc, les ministères de l’éducation et du commerce ont annoncé une semaine après l’entrée en vigueur de la suspension des cours, que trois grands opérateurs de télécommunications offriraient un accès Internet gratuit à tous les portails d’apprentissage en ligne.
 
En parallèle des infrastructures et des services TIC qu’ils déploient, les acteurs privés du numérique préparent l’avenir en se mobilisant en faveur du développement et du transfert des compétences des générations actuelles et futures de jeunes talents. En effet, la pérennité des infrastructures dépend aussi et surtout de la capacité du capital humain à assurer la gestion et l’entretien de ces structures. Pour répondre à cette problématique cruciale, des entreprises comme Huawei Northern Africa et Orange Maroc s’associent en faveur de la formation sur les métiers TIC. De tels partenariats facilitent notamment le partage des bonnes pratiques pour développer des solutions innovantes au service des entreprises et de la jeunesse marocaine. La mobilisation des acteurs privés de la tech aux côtés des États africains est stratégique afin de dynamiser les politiques publiques en matière d’éducation et ainsi assurer le bon fonctionnement des écosystèmes. À titre d’exemple, pour réduire la fracture en termes d’accès à l’éducation et ainsi promouvoir la répartition équilibrée des ressources éducatives, le ministère de l’Éducation nationale de Côte d’Ivoire et Huawei ont lancé en 2019 un partenariat pour coconstruire le système d’E-éducation, un projet de réforme de l’éducation nationale. A la suite d’un partenariat de 2 ans, le projet a permis la mise en place d’un système éducatif moderne et digital autour de deux solutions modulaires, Smart Classroom et Smart Campus.
 
La digitalisation du continent africain se structure progressivement depuis des décennies par différents moyens. Les écosystèmes numériques dans de nombreux États africains s’agrandissent et occupent un véritable rôle dans la promotion d’une économie numérique et sociale durable. On compte aujourd’hui plus de 640 technopoles et incubateurs actifs sur tout le continent, contre 314 en 2016. Cette croissance témoigne de la forte capacité du continent à saisir les opportunités qui se présentent, en impliquant tous les acteurs de l’écosystème dans la création d’un modèle de développement inédit et propre à l’Afrique, basé sur la coopération.

Amadou Diop 

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