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Protection et interdits de la femme enceinte en milieu serere

Pendant la grossesse, bien avant la naissance de l’enfant, la femme doit régulièrement se purger. Elle porte des vêtements amples et longs. Elle ne s’expose pas dehors au courant d’air. Pour purger, elle absorbe un liquide préparé avec l’écorce d’un arbre ou avec ses racines afin d’éviter les douleurs.

On emploie souvent le baan (terocarpus erinaceus) arbre dont le bois très dur symbolise la vie solide, le nqojil (Anogeissus leiocarpus ) arbre dont l’écorce sert pour la médecine, le seker (Tephrosia purpurea) arbre ayant même utilité que le nqojil). Par crainte d’un accouchement prématuré, elle ne rendra pas visite une femme nouvellement accouchée.

Pour éviter l’avortement aussi, la femme en état de grossesse s’enduit le ventre en forme de croix avec de la terre ou avec un morceau du nid d’hirondelle et récite une prière ou bien elle applique sur le ventre un rameau de ndom (Acacia seyal) arbre épineux. Elle portera sous forme de talisman, à sa ceinture, la vésicule ombilicale d’une ânesse quelques minutes avant son accouchement pour que tout se passe normalement et sans témoin comme chez cet animal. Elle ne doit pas marcher pieds-nus de peur qu’un malfaiteur prenne les empreintes de ses pas et lui fasse mal. Elle ne prendra pas le bain n’importe quand.

Pour ne pas être à la merci des mauvais esprits, elle évite de fréquenter certaines personnes soupçonnées, plus ou moins redoutées et ceux qui n’appartiennent pas au ɗeen-yaay (matrilinéaire). La femme enceinte ne doit sortir ni aux environs de treize et quatorze heures ni à la tombée du crépuscule car ces heures sont des moments favorables pour les esprits malfaiteurs. Elle portera sur sa tête dans les cheveux un jawdu (gris-gris) pour se protéger et protéger son enfant contre l’ennemi. Elle entreprend un rude combat afin d’assurer sa survie et celle de son bébé. Êtres malfaiteurs et esprits du mal rodent partout. Elle est consciente de la vulnérabilité humaine. Elle n’enjambe pas le feu. Elle doit respecter les interdits totemiques du clan dans la mesure où la vie du groupe auquel elle appartient est associée à celle d’une espèce animale ou végétale. Ces relations vont jusqu’à la fraternité entre l’être humain et l’animal en question. Les conséquences de la non-observation de ces règles pourraient être pour elle la maladie car il y a violation, d’où une soumission, des précautions à prendre concernant des restrictions au régime alimentaire. Une njuufeen (celle qui porte le nom de Diouf) par exemple ne mangera pas la chair d’une antilope, une Seen la chair d’un lapin, une Maroon celle de la chèvre, une fayeen le Jisiis (le moineau), une Saareen le dromadaire, une NGomeen de la nourriture contenue dans une calebasse couverte d’un van, les NDuureen le singe, une Joneen le jolax (oiseau moineau), les Jaameen (la chauve-souris).

Pour confirmer souvent ce qu’elles disent, des personnes jurent par le nom de ces animaux. Certaines en état de grossesse ne mangent que de la nourriture fournie par le mari. Elles ne voyagent pas souvent. La femme qui se trouve dans cette situation doit respecter toute personne et avoir de très bonnes qualités. Il lui est aussi interdit de blesser à mort des animaux comme le chat et le chien. Et s’il lui arrive de casser un pilon ou une louche, elle devra dès la naissance de son enfant offrir des sacrifices appelés icí << yamoox >> pour guérir le bébé malade.

Le refus à la femme enceinte de quelque chose qu’elle aurait désiré provoquerait des brûlures chez l’enfant conçu en son sein. On appelle brûlures les taches noires que l’on peut voir sur la peau du bébé dès sa naissance. Elles ne disparaissent jamais.

SobelDione

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