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Sanctions contre le Mali : Les commerçants de Tamba à la peine

La fermeture des frontières avec le Mali voisin, n’aura pas seulement des conséquences pour les Maliens. L’impact négatif de cette mesure de l’organisation sous-régionale, commence déjà à se faire sentir au Sénégal, notamment chez les populations de Tambacounda, région directement frontalière avec le Mali. L’économie locale, le trafic, de même que les relations humaines, sont en train d’en prendre un sacré coup.

Tambacounda est la région sénégalaise directement frontalière avec Mali. C’est pourquoi la mesure des chefs d’Etat membres de la Cedeao visant à fermer toutes les frontières des pays membres avec le Mali, n’y est pas sans conséquences. Déjà, dans des zones comme le Kidira ou à Tambacounda, chef-lieu de la capitale régionale, les effets de la mesure commencent à se faire ressentir. Au niveau économique comme social, bien évidemment.

Des personnes crient déjà leur désarroi.

Le commerce, le trafic, comme les populations, vont tous en ressentir

les effets.

Seynabou Gassama est une restauratrice de profession. Rencontrée dans son restaurant, elle se plaint déjà. «Habituellement, mon restaurant est fréquenté par les chauffeurs maliens. Un grand nombre de chauffeurs était à chaque fois recensé. Chaque jour, je vendais, rien que pour le petit-déjeuner, près de 50 baguettes de pains. Sans compter le repas de midi et celui du soir. Ça me rapportait gros», a-t-elle servi pleine d’inquiétude. Tous les jours, c’est plusieurs centaines de véhicules qui entraient dans le pays, en provenance du Mali voisin. Ce qui fait vivre l’économie locale en particulier, et cela à tous les niveaux.

«Si aujourd’hui, il a été décidé par les chefs d’Etat des pays de la Cedeao, de fermer les frontières avec le Mali, ça va beaucoup nous secouer», a confié Abdoulaye Babou, commerçant établi à Tambacounda. «La plupart des marchandises que je vends, proviennent du Mali. Et actuellement, j’ai une importante commande qui ne pourra pas arriver.»

Le plus inquiétant pour le Tambacoundois moyen, est que personne, à ce jour, ne peut prédire jusqu’à quand durera l’interdiction. Babou souligne : «C’est inquiétant et aussi une énorme perte pour nous les commerçants. Cependant, l’Etat aussi perd énormément dans cette fermeture des frontières. D’après des estimations, ce sont quelque 500, voire 700 camions, qui sont enregistrés chaque jour au niveau de la frontière. Imaginez qu’ils payent chacun 5000 francs Cfa, par exemple. C’est une énorme perte pour le trésor public.»

Toutefois, pour les populations de Kidira, plus précisément celles de Diboli du Sénégal, qui jouxtent la frontière, même si les frontières restent fermées, il leur est laissé la latitude de se déplacer. Aïssata Ndiaye dira continuer jusque-là à faire son marché à Diboli, au Mali. Les 2 Diboli sont contiguës. «Nous allons à Diboli du Mali et eux aussi viennent chez nous. Pas plus tard que lundi dernier, j’ai fait le marché en traversant la frontière. J’ai dépassé les gardes sénégalais comme maliens. Pas une seule fois, il ne m’a été interdit quoi que ce soit, d’un côté ou de l’autre.» Toutefois, estime la dame, «il faut que les autorités prévoient dans leurs décisions, la situation des populations. Le Sénégal et le Mali, c’est pratiquement le même peuple. Nous partageons tout, surtout nous qui vivons le long des frontières». Amadou Gawlel Diop, directeur de la radio communautaire basée à Kidira, confirmera les propos de Aïssata Ndiaye. «Il arrive dès fois quand il y a décès dans l’un des côtés, que le corps ne puisse être enterré que quand des parents venant de l’autre côté, sont arrivés.» C’est pourquoi la fermeture des frontières va négativement impacter les 2 pays.

A Kidira, à la frontièrel’économie est aujourd‘hui quasiment au ralenti, note Gawlel Diop. Les lundi et samedi, la ville grouillait de monde, tant le trafic était dense avec les camions et autres bus en provenance du Mali. La fermeture n’est pas une bonne idée, se désole-t-il. Abdoulaye Badji, commerçant établi à Kidira, n‘a que ses yeux pour pleurer. «L’essentiel de notre clientèle est malien. C’est vraiment dur pour nous, la fermeture des frontières. Nous payons les pots qu’on n‘a pas cassés, malheureusement.» Souhaitant une levée très rapide de cette mesure, il confie : «J’ai une importante commande de marchandises, actuellement bloquée à Kayes

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