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Temps de carême – la marche vers pâques : Appel à la prière et à l’humilité

En cette première semaine de Carême, deux prêtres livrent des enseignements sur l’humilité et la prière, pour nous aider à bien vivre notre foi en Dieu qui doit passer respectivement par cette valeur et ce pilier. Si l’abbé Stéphane Raoul Coly, Vicaire de la Cathédrale de Saint-Louis du Sénégal, rappelle aux fidèles chrétiens leur condition humaine qui appelle à l’humilité, Père Rémi Mingou, Vicaire à la Fondation Saint Maurice des Hlm de Dakar, les exhorte à mettre en valeur le pilier de la prière. Enseignements !  

ABBE STEPHANE RAOUL COLY SUR L’HUMILITE  

«Le jeûne est une révolte intérieure pour prendre sous contrôle notre chair qui nous induit souvent en erreur»

«Avec cette célébration des Cendres, nous entamons les quarante jours de jeunes et de pénitence. Pour entrer en jeûne, on a besoin de revisiter qui nous sommes, ce que nous sommes et ce que nous serons. Les Cendres symbolisent le fondement du Carême et de la conversion. Quand on appliquera ces Cendres sur chacun de nous, cette parole est prononcée : «tu es poussière et tu retourneras poussière». Ceci nous rappelle notre finitude, notre légèreté. La poussière est tellement légère au point qu’elle se laisse entrainée par le vent d’un point à un autre. Nous sommes tirés de cette poussière-là ; ceci dit que nous sommes composés de  ce qu’on peut considérer comme moins signifiant, plus malléable et manipulable. Si nous comprenons cela, nous ne pouvons pas prendre des airs de grandeur, de supériorité vis-à-vis de nos frères et sœurs. Nous tirons notre importance dans notre petitesse.

Cette eucharistie touche du doigt ce que nous sommes vraiment et nous appelle à l’humilité. Il n’y a pas de différence entre cette poussière qui vient à chaque fois se coller à nos fenêtres, sur nos vitres, sur nos lunettes, et ce qui compose notre corps. Le plus que nous avons, est que nous sommes tous une masse de poussière, un assemblage de cet élément, sur lequel Dieu a infusé son Esprit et a donné vie. C’est cet Esprit qui fait que nous ne sommes pas dispersés comme la poussière qui est à l’épreuve du Vent. L’Esprit contient et retient tout ce qui est poussière en nous pendant que nous sommes en vie et que nous Lui laissons prendre en possession notre corps.

«LE JEUNE… DEVELOPPE EN NOUS LA CAPACITE DE S’OFFRIR A DIEU FACE A N’IMPORTE QUELLE SITUATION»

Toutefois, à la fin de notre vie, de la même manière que la poussière collée à un élément finit par s’envoler, s’effriter ; aussi notre corps composé de cette poussière se détériorera progressivement jusqu’à sa disparition totale. Mais puisque nous ne sommes pas que poussière, notre âme continuera sa vie, du moment où elle est habitée par l’Esprit du Seigneur qui est permanent et incorruptible, inaliénable. Pour mieux vivre notre temps de Jeûne, Il est bon que nous nous rappelions tout cela. Parce que notre mode de vie est basé sur le perfectionnement de notre corps, sur sa beauté extérieure, son éclat (certes il faut en prendre soin). Mais au fond, celui-ci est appelé à disparaitre. Le jeûne est la promotion d’une vie plus intérieure, une prise de conscience de ce que nous sommes vraiment. Une révolte intérieure pour prendre sous contrôle notre chair qui nous induit souvent en erreur. Oui je dis bien une révolte : quand nous pratiquerons les différents exercices du Jeûne comme la privation de nourriture, nous disons à notre corps que c’est nous qui le contrôlons et que désormais nous sommes prêts à le maîtriser, surtout quand il nous rend faible devant une certaine situation. Et ce jeûne est offert à Dieu.

Dans le jeûne, nous nous privons du nécessaire pour nous rappeler que Dieu nous est encore plus nécessaire. C’est orienter nos désirs vers Dieu et se concentrer sur notre relation avec Lui, en repoussant tout ce qui est distraction, perdition. Le jeûne, chers frères et sœurs, développe en nous la capacité de s’offrir à Dieu face à n’importe quelle situation. Même la faim ne pourra nous dérober de notre profond amour pour notre Dieu. Alors, malgré les difficultés de la vie, nous garderons toujours notre foi.

«LA MAIN DE DIEU NOUS EST TENDUE DURANT CE CAREME, A NOUS DE S’Y AGRIPPER POUR SORTIR DU GOUFFRE DU PECHE»

Le Carême pour nous, est un temps de «Renouvellement». Le Carême nous offre un temps de retraite. Un temps de ressourcement spirituel. Comme le peuple d’Israël, Dieu nous a libérés de l’esclave auquel nous étions soumis. Il nous faut maintenant marcher résolument vers sa promesse. Dieu ne nous laisse pas avancer seuls, Il nous accompagne. Et la lumière que nous voyons scintiller devant nous est celle du ressuscité. Cette lumière nous encourage et absorbe toute notre fatigue. La main de Dieu nous est tendue durant ce Carême, à nous de s’y agripper pour sortir du gouffre du péché.

Le péché fait obstacle à l’alliance que nous avons nouée avec Dieu lors de notre baptême. Il nous éloigne de nos engagements et nous refuse la lumière divine. Mais Dieu, dans sa Miséricorde, vient vers nous et cherche à renouveler cette alliance. Dans le désert de notre Carême, Il pose les nouvelles bases de son alliance. A l’instar de Moïse, Il nous donne des tablettes où Il a écrit ses préceptes. Si nous voulons être renouvelés et vivre sous son ombre, vivons selon ses nouvelles règles qui nous libèrent de toutes emprises du péché. Avec le Christ à nos côté, nous sommes sûrs d’y arriver. Dépouillons-nous de ce qui nous encombre et modelons notre vie de foi sur la parole de Jésus : «convertissez-vous et croyez à l’évangile». Nous ne pouvons pas sortir de ce Temps de Carême sans sentir l’odeur du renouveau. C’est le temps du rapprochement entre Dieu et les hommes.

Que le Seigneur Jésus nous accompagne durant ce temps saint de l’Eglise. Qu’Il nous donne le courage et la force de résister au mal et de sortir vainqueur de nos combats. Lui qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !»

PERE REMI MINGOU, VICAIRE A LA FONDATION SAINT MAURICE DES HLM DE DAKAR

«C’est à chacun de nous, de trouver ces moments d’intimité avec Dieu, car… propice pour cultiver cette rencontre avec Dieu»

«En ce premier vendredi de Carême, temps par excellence de conversion et de renouveau spirituel, je vous exhorte, en ce jour, de mettre en valeur le pilier de la prière à savoir cette intimité avec Dieu dans une attitude d’humilité. Comment prier ? Nous l’avons entendu le Mercredi des Cendres dans la liturgie. Pour prier, retires toi. Prie ton père qui voit dans le secret, il te le rendra. Il est recommandé par l’Eglise,  une prière silencieuse, le cœur à cœur avec Dieu dans une attitude d’adoration. Une Prière de louange, Dieu magnifié pour sa bonté. C’est à chacun de nous, de trouver ces moments d’intimité avec Dieu, car ce temps nous est propice pour cultiver cette rencontre avec Dieu.

Trouvons des moments propices pour ce cœur à cœur avec Dieu pour louer, adorer celui qui, par amour, à donner sa vie pour nous. Alors que notre prière s’élève comme de l’encens, pour la gloire de Dieu et pour notre sanctification».

Rassemblés par Denise ZAROUR MEDANG et Yves TENDENG

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