CONTRIBUTION

Une jurisprudence dans les annales (Par Abdoulaye THIAM)

Mamadou Badio Camara. Aminata Ly Ndiaye. Mouhamadou Diawara. Youssoupha Diaw Mbodj. Cheikh Tidiane Coulibaly. Mouhamadou Diawara. Awa Dièye. Retenez bien ces noms. L’histoire retiendra qu’ils sont les sept (7) juges du Conseil Constitutionnel qui ont rendu la décision N°1/C/2024 le 15 février 2024, redorant le blason de la démocratie sénégalaise, ternie par le pouvoir exécutif et quelques députés mus par des appétits carnassiers.

Pour la première fois dans l’histoire, le juge constitutionnel s’est déclaré compétent pour connaître de la constitutionnalité d’une loi constitutionnelle. Une jurisprudence inédite qui sera enseignée dans les facultés de droit.

Il s’agit aussi et surtout d’une décision courageuse, sage qui redonne la primauté à la Constitution et offre une victoire éclatante au droit. Comme d’illustres Sénégalais qui ont donné à notre pays ses lettres de noblesse, Mamadou Badio Camara et son équipe ont sauvé la République. Ils ont prouvé que le Sénégal est une grande nation, composée d’hommes et de femmes de valeur qui refusent de rentrer dans l’histoire à reculons. En plus de sécurité juridique contenue dans sa décision en 2016, le Conseil constitutionnel, a ajouté qu’il doit «être en mesure d’exercer son pouvoir régulateur et de remplir ses missions au nom de l’intérêt général, de l’ordre public, de la paix, de la stabilité des institutions et du principe de la nécessaire continuité de leur fonctionnement».

Il est temps d’entendre raison

Le Président de la République du Sénégal, Macky Sall a hérité d’un pays jalousé pour sa démocratie. Il n’a pas le droit de faire moins que ses prédécesseurs. D’ailleurs, la décision du Conseil constitutionnel lui offre une belle opportunité d’entendre raison. Qu’il n’écoute alors et surtout pas les assoiffés de pouvoir qui l’entourent ! Ils seront les premiers à détaler comme de vulgaires délinquants poursuivis par la clameur publique, quand le pays va sombrer. Les événements de mars 2021 en sont une parfaite illustration.

En grand démocrate, il devrait se soumettre à la décision du Conseil constitutionnel en organisant les élections présidentielles dans les plus brefs délais, comme le lui recommandent les 7 Sages.

Autrement dit avant le 2 avril prochain. Les candidats ayant déjà perdu 10 jours si la campagne avait démarré à date échue (le 14 février dernier), peuvent encore se rattraper.

A défaut, l’autre scénario improbable serait qu’il rende le tablier. Le cas échéant, le président de l’Assemblée nationale va assumer l’intérim et aura la lourde charge d’organiser les élections dans 60 jours au minimum et 90 jours au maximum.

D’autant plus que selon l’article 92, alinéa 4 de la Constitution «les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucune voie de recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles».

Au peuple souverain de choisir son président

Qui des 20 candidats va succéder au président de la République ? Mystère et boule de gomme ! Il appartient au peuple sénégalais, détenteur de la souveraineté d’en décider. Un tel principe a échappé à la vigilance du Chef de l’Etat, Macky Sall, qui non seulement, a tenté de choisir un candidat pour sa coalition tout en cautionnant paradoxalement que cette candidature obtenue dans la douleur et la division soit sabotée et torpillée par certains de ces poulains. Mais aussi et surtout qui semble vouloir choisir au peuple sénégalais celui qui doit présider à ses destinées. «Kou Ignané sa Ndono, sa deyin niaw», dit l’adage en wolof. Finalement, c’est le peuple souverain qui va choisir à son âme et confiance. En toute liberté. En toute responsabilité. Parce que seul le Sénégal compte. Il est et sera au-dessus de TOUT.

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