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Président de l’Ua dès février prochain : Macky Sall attendu sur le dossier Habré

Président de l’Union africaine (Ua) en février prochain, le Président sénégalais, Macky Sall, est interpellé par les victimes de l’ex-chef de l’Etat tchadien sur la question des indemnisations estimées à 82 milliards de francs Cfa.

Les victimes de l’ex-Président tchadien, Hissène Habré, appellent le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, futur président en exercice de l’Union africaine, à faire du dossier de leur indemnisation sa priorité. Depuis des années, les quel­ques 7400 victimes identifiées attendent désespérément la somme de 82 milliards de francs Cfa environ en guise de dommages et intérêts. Un montant qui devait être versé grâce à un fonds fiduciaire de l’Ua. «Monsieur le Président, vous avez fait l’effort pour que Hissène Habré soit jugé à Dakar par l’Ua. Depuis ce procès, jusqu’à au­jourd’hui, on attend que l’Union africaine indemnise les vic­times. Donc, je compte sur vous», s’est adressé au Pré­sident Macky Sall, Abdou­rah­mane Guèye, victime sénégalaise de Hissène Habré, sur Rfi.

L’un des avocats des victimes et président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme (Lsdh), Me Assane Dioma Ndiaye, embouche la même trompette. Il dit : «Monsieur Macky Sall a un second rendez-vous avec l’histoire. On commence à mettre en place le conseil d’administration du fonds. Mais les victimes attendent toujours l’opérationnalité de ce fonds. Ce serait d’abord une victoire personnelle pour monsieur Macky Sall, ensuite, ce serait une victoire pour le Sénégal. Et la 3e victoire, ce serait celle de l’Afrique. L’Afri­que qui juge ses propres fils.»

L’avocat estime que «tant que les victimes ne sont pas indemnisées, le procès de Hissène Habré aurait un goût d’inachevé». Dans le même sillage, la robe noire trouve que les «lenteurs sont inacceptables» dans le processus d’indemnisation. Me Assane Dioma Ndiaye considère que cela est dû «à un manque de volonté politique de l’Union africaine».

L’ex-Président tchadien, Hissène Habré, a été condamné en 2016 à la réclusion criminelle à perpétuité par les Cham­bres africaines extraordinaires. Il a été reconnu coupable de «crimes contre l’humanité, de torture et de viols lors de la répression pendant son règne entre 1982 et 1990».

Finalement, il est décédé en détention des suites du Covid-19, à l’âge de 79 ans en août 2021. Il était tombé malade quelques jours auparavant et avait été sorti de la prison du Cap Manuel avant d’être admis, à la demande de sa famille, dans une clinique privée. Il a été transféré à l’hôpital quand son état s’est dégradé.

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