A LA UNEJUSTICE - TRIBUNAUX - POLICE

Grogne au sein de la police nationale

ça rouspète fort dans les rangs de la Police nationale. La grogne y est réelle et la cause est à chercher dans la non-tenue des promesses de corriger des imperfections déjà commises par les autorités de l’institution et pour lesquelles l’ex ministre de l’intérieur Aly Ngouille Ndiaye avait donné des instructions fermes.

En effet, après avoir rétrogradé des policiers des 34e, 35e et 36e promotions, le nouveau statut de la police entré en vigueur depuis 2009 avait fait objet de discussions entre les concernés et il a été décidé de vite remédier à « l’injustice». Mais, depuis lors, les choses se sont compliquées. Puisque un arrêté portant inscription et promotion de membres de la Police nationale dans le corps des agents de police au titre de l’année 2021, a été pris par le ministre l’Intérieur Antoine Felix Diome.

Dans la décision ministérielle, les éléments de plusieurs promotions dont la 35e et la 36e ont été oubliés pour les avancements. Alors que leurs collègues de la 37e promotion qui ont été formés par les éléments des 35e et 36e promotions ont pu avoir l’avancement.

Cette situation, selon bon nombre de policiers des 35e et 36epromotions, est d’une gravité sans commune mesure. En effet, expliquent-ils, la conséquence directe de cette décision, c’est un risque réel de télescopage dans les rôles, mais surtoutun risque d’insubordination qui pourrait plomber le fonctionnement de la police.

«Comment voulez-vous que des agents dont j’étais hier encore le supérieur deviennent aujourd’hui mes supérieurs, alors qu’il n’ont rien fait de plus que moi et que j’ai rien fait de moins qu’eux ?», fulmine un policier de la 36e. Un autre de la 35e d’ajouter : «j’ai formé des agents de la 37e promotion. Quand ils me rencontraient, ils se mettaient en garde à vous, mais désormais on veut d’un coup que ce soit moi qui prenne la pose devant mes anciens élèves alors que rien n’a changé».

Autre souci avec cette décision, c’est qu’alors qu’on semble sélectionner qui doit avancer et qui ne doit pas le faire chez les agents de police, au niveau des officiers supérieurs, l’avancement est automatique et semble concerner tout le monde. «Par exemple, prenez le cas d’un commissaire de la 37e promotion, il est aujourd’hui commissaire principal. Cela montre qu’au niveau supérieur les avancements sont automatiques, alors que quand il s’agit des agents ce n’est pas le cas», révèle un autre de la 36e.

Selon les policiers, il s’agit d’une injustice qu’ils ne comptent pas laisser passer, puisque «c’est la nième fois qu’on nous fait ce coup». Les policiers commencent à douter de la volonté des autorités de rectifier les manquements du décret 2009-490 portant application de la loi 2009-18 relative au statut du personnel de la police. D’ailleurs, l’entrée en vigueur du nouveau statut de la police a lésé beaucoup de policiers qui se sont vu rétrogradés.

A titre d’exemple, des capitaines de police se sont retrouvés sous-lieutenants, des brigadiers chefs sont devenus des agents avec trois «v» (sergent-chef) avec un abaissement d’échelons considérable. Il nous revient de sources concordantes que ce sont les 34e (2003), 35e (2004) et 36e (2006) promotions de l’École de Police qui sont impactées négativement par la réforme de 2009.En effet, la 37e promotion (2008) dont la titularisation a coïncidé avec l’entrée en vigueur du nouveau statut de la police a été alignée directement sur le nouveau texte. Par contre, les 34e, 35e et 36e sont rétrogradées. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on rencontre dans la police un agent moins gradé que son collègue qu’il a pourtant devancé de plus de quatre années à l’École de police. Par exemple, entre la 34e promotion (2003) et la 37e (2008), il y a cinq années mais les agents de cette dernière sont leurs supérieurs.

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