Histoire

SOBEL DIONE SUR LE PANAFRICANISME ET RENAISSANCE AFRICAINE

L’histoire du panafricanisme, histoire vagabonde, est une histoire de circulations. Circulation des hommes, circulation des idées, circulation des luttes. Après des siècles d’échanges transatlantiques, intracontinentaux et internationaux, W.E.B. Du Bois soulignait, à la conférence panafricaine de Londres, en 1900, l’importance des communications : « Le monde moderne doit comprendre qu’à cette époque, où les confins du globe se trouvent si rapprochés par la facilité des moyens de communication, les millions d’hommes noirs qui vivent en Afrique, en Amérique et dans les îles de l’Océan, sans parler des myriades d’hommes de couleur répandus partout, sont appelés à exercer une grande influence dans l’avenir. »
 
La chute des régimes colonialistes n’a pas mis fin à la domination et à la xénophobie, plus que jamais vivaces, y compris à l’intérieur de l’Afrique. Les indépendances nationales, souvent partielles, souvent mutilées, n’ont pas permis de concrétiser le rêve panafricain. La répression et la pauvreté empêchent son éclosion. Trop de frontières, de barrières et de murs séparent encore les Africains, maintenus bien souvent dans des idéologies étriquées et chauvines. « Ne cachez pas les difficultés, les fautes, les échecs, prévenait Amílcar Cabral. Ne criez pas trop vite victoire… » Le panafricanisme est aujourd’hui confronté à de nombreux défis. Dans un monde « globalisé », où les identités s’hybrident, où la géographie se virtualise, où les dominations se dissimulent, comment appréhender cette « famille africaine mondiale » qui connecte en quelques clics les Africains du continent, les Afro-Américains de la première diaspora.
 
Alors que les flux migratoires se diversifient, malgré les contraintes imposées par les États, alors que les flux financiers se dématérialisent, permettant à l’argent des migrants comme des multinationales de circuler en temps réel, alors, en un mot, que les « confins du globe », comme disait Du Bois, se rapprochent et se superposent, de nouvelles communautés se créent, qui rassemblent et excluent simultanément. L’« Afrique » se déploie et se replie, faisant par endroits émerger de nouvelles formes de pan-négrisme et réactivant ailleurs l’espoir d’un nouveau panafricanisme de combat.
 
Dans ce contexte, l’histoire du panafricanisme donne des clés pour comprendre, et parfois résoudre, les questions et les problèmes qui se posent à l’Afrique et que se posent les Africains. L’« Afrique » globalisée doit connaître son passé. Face à « la situation coloniale ou semi-coloniale ou para-coloniale », soulignait Aimé Césaire au Congrès des écrivains et artistes noirs de 1956, « la voie la plus courte vers l’avenir est toujours celle qui passe par l’approfondissement du passé ». Aussi convient-il, sans plus attendre, de se remettre au travail et d’ouvrir de nouveaux horizons.
Viendra un temps Où le royaume morcelé se reconstruira, Viendra un temps Où la lumière de Râ surviendra Viendra le temps où le culte sera de nouveau adressé à Atum.
 
«L’heure est venue de servir l’Afrique. Ne soyons pas amorphes, mous et inactifs. Plongeons dans le feu de la guerre panafricaine. Entrons dans la sagesse de Roog , Nzambe , Emitei ,Geno etc… Entrons dans la science du “Rê nouveau.” Entrons dans la lumière d’Amon-Râ. Ensemble, frères du continent, contribuons avec zèle et énergie à la construction de la Renaissance africaine.»
 
Les cartes du destin de l’Afrique sont donc entre nos mains. Construisons notre continent dans le plus grand amour. Car, s’il y a une chose importante dans la vie, c’est l’amour. Sous toutes ses formes, l’amour mérite d’être vécu. Et c’est justement par amour, sans rien attendre en retour, que nous devons sauver notre continent.
PS: L’Association Marche Internationale Dakar-Thieytou, une ONG sénégalaise, a initié une marche Dakar- Bamako, soit 1362 km, pour apporter son soutien aux autorités de la Transition du Mali, pays en proie à une crise multiforme et sous le coup, depuis le 9 janvier dernier, de lourdes sanctions de la Communauté économique de Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
 
La Marche Dakar-Bamako est une initiative qui consiste à mobiliser tous les panafricanistes du continent et de la Diaspora à former un bouclier autour du Mali , pays injustement sanctionné par le syndicat des chefs d’État, appelé CEDEAO. Cette Marche vise à sensibiliser ville par ville les populations sur les enjeux de ce qui se joue au Mali et en Afrique de l’ouest. De Dakar à Kaolack, de Kaolack à Tambacounda , des milliers de personnes seront alertées sur la situation qui prévaut au Mali et de toutes les tentatives de manipulation mises en place par la France . Cet effort physique et mental renforce la synergie des différents par un travail de terrain complet et ouvert aux populations.
 
En effet , pour chaque étape de cette marche , des discussions seront organisées pour mieux impliquer les masses populaires dans la lutte pour la libération du continent entre les mains des impérialistes . La synchronisation de cette marche avec les caravanes des différents pays (Niger ,Burkina , Guinée,Togo , Côte d’Ivoire ) permettra de donner un signal fort à tous les dirigeants africains et le Mali saura qu’il a plus que jamais le soutien de toute la jeunesse africaine consciente .
 
Nous lançons un appel à tous les dignes fils d’Afrique ,vivant sur le continent ou dans ses Diasporas à se mobiliser pour soutenir cette initiative pour que le monde sache que le Mali a décidé de résister ,que le Mali a décidé de rester debout pour arracher sa souveraineté et conduire son destin librement.
 
 

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