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62 -ème anniversaire de l’indépendance du Sénégal : l’origine de la devise de l’armée

Le Sénégal devient une République le 15 novembre 1958. Le 20 août 1960, le pays accède à l’indépendance sous la direction du Président Léopold Sédar Senghor, premier chef d’État africain à libéraliser la vie politique en instaurant le pluralisme par une ouverture au multipartisme, toutefois canalisée et contrôlée. Le Président Abdou Diouf dirige ensuite le Sénégal de 1981 à 2000, autorisant un large multipartisme La fête de l’indépendance est ainsi la fête de l’armée. Mais d’où vient la devise de nos forces de l’ordre ? Nous avons rencontré l’historien Sobel Dione pour en savoir plus.
 
Selon le traditionaliste « le 13 mai 1859, l’armée coloniale de 1000 hommes et sous le commandement de Pinet Laprade, attaque le Sine par Djilass. Une armée du Sine de 2000 hommes, dirigée par le vice roi d’alors (Boumi) San-Moon Faye, oppose une résistance et remporte la victoire. Sanou Moon vice roi d’alors prononce son  (crie de victoire) qui était devenu l’hymne du Sine : «Fañ na Ngoro Rog a deb no kolum, o fañin fañ fañ fañ ta waca caa, fañin fañin fañ fañ fañ ta waca  caa » qui signifie  » Quiconque haït Ngor, n’empêche, Dieu pleut dans son champ. Que tu le haïsses, haïsses, haïsses, haïsses, il pleut davantage « .
 
Le 16 mai 1859 le ministre français de la marine donne de fermes instructions au gouverneur Faidherbe pour qu’il lui règle le problème du Sine. Et Sobel Dione de renseigner  » en 1859, se situe « l’incident de Logandème  (Fatick) », qui opposa  Pinet-Laprade aux Salma koor du Sine . Pinet-Laprade était installé à Rof et Koumba Ndoffène à Logandème, sous un baobab. Faidherbe descend sur le terrain accompagné de Pinet Laprade, du lieutenant Brosand de Korguigny, du sous lieutenant Clary et le docteur Bel avec l’usage des canons (pour la première fois, un canon tiré par des mulets fut utilisé au Sénégal). L’armée du Sine perd 150 « salma koor » (soldats contre 70 tués du côté de l’armée coloniale).
 
Les coups de canon tirés par les Français firent tomber une grosse branche du baobab qui, dans sa chute, tua un des adjoints de Koumba Ndofeen, Ndam Sanou, et en blessa grièvement un autre, Diakhaté, lequel mourra par suite de sa blessure.
 
«Ces gens-là on les tue, on ne les déshonore pas », disait Faidherbe à Pinet Laprade. Propos repris par le Président Léopold Sédar Senghor  pour la devise de l’armée nationale du Sénégal.
 
Sobel Dione de préciser pour terminer  » lorsque Koumba Ndoffène apprit la nouvelle, il réunit son armée et interrogea les chefs : « devons-nous continuer le combat contre un ennemi que nous ne voyons même pas, alors que le tir de nos fusils ne pourra pas atteindre l’ennemi ? Le grand Diaraf laissa le choix au roi seul. Celui-ci proposa alors de tenter un arrangement avec un ennemi bien supérieur en armes. Kumba Ndofeen décida donc d’envoyer deux émissaires pour négocier avec les Français. On réussit ainsi à conclure une paix solide » .
 
 

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