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SÉNÉGAL – Clayton Hamilton fait un remix de “Whoopty” : le clip ‘‘freestyle mbalak’’ est une vraie dinguerie

Clayton Hamilton @Page Facebook Clayton Hamilton

“Whoopty” — dans sa version originelle — pète du feu. Ce single du rappeur américain, Daniel Soriano Jr., plus connu sous le pseudo de CJ, sorti en juillet 2020, continue d’exploser les charts : plus de 384.173.600 vues. Un luxe que peu de rappeurs ont pu se permettre. Les chiffres (un record !) me donnent le tournis. Je respire un bon coup. Le triomphe mondial de cette chanson a donné plus d’idées à certains rappeurs. L’artiste francais d’origine sénégalo-malienne Clayton Hamilton fait partie d’un de ces rappeurs. Récemment, il se l’est réapproprié ; il en a fait un remix et je peux vous l’assurer : ça déchire du tonnerre.

Qui est Clayton Hamilton ?
Si vous ne le connaissez pas, vous seriez incapable de mettre une tête à ce nom. C’est souvent le contraire qu’on demande aux gens. Je sais ! Je suis de gauche. Tellement gauche que j’appréhende les choses toujours à rebours. Je vous donne quelques indices. Il n’est pas caucasien, il n’est pas arabe. Non. Ce n’est pas non plus un métis. Assez tergiversé. On ne va pas y passer la journée, ni vous faire une reconstitution faciale. Voyons ! Nous ne sommes pas le FBI. Allons à la découverte du vrai visage de l’homme. Né d’un père malien et d’une mère sénégalaise, Clayton Hamilton se nomme à l’état civil Ibrahima Diabaté. Il vient d’une longue lignée de griots. Et vous devinez son job ! Il est chanteur. Précisément un rappeur, si tant est qu’on peut considérer un rappeur comme un chanteur. Il est venu à la musique par accident. C’est ce qu’il laisse entendre. C’était à un spectacle à Créteil en France. Dans le brouhaha vespéral, entre les battements de mains et de sons, une nuée diaphane s’abat sur lui. C’est le déclic. Il venait de choper le virus de la musique. Au départ, c’est le reggae qui le passionne. Au fil des années, il va glisser vers le rap, la pop, le rock, l’électro. Clayton Hamilton a une longue discographie comme le bras. Même si, pour l’instant, sa vie n’est pas le grand ‘‘success story’’.  

D’où lui vient ce pseudo ‘‘blanc’’ ?
D’après mes recherches, je suis tombé sur une kyrielle d’histoires à dormir debout. Mais, il y en avait une qui sortait du lot. J’explique. C’est l’été 85. Nous sommes à Los Angeles. Jeff Hamilton et les frères John et Jeff Claytonfondent un groupe de Jazz. Ce groupe prend le nom de The Clayton–Hamilton Jazz Orchestra. C’est à cette date que serait né Ibrahima Diabaté. D’où le pseudo Clayton Hamilton.

“Whoopty” à la sauce mbalaax : CJ versus CH (Clayton Hamilton)
Clayton Hamilton déroule les grandes lignes de sa vie sur un fond de beat de hip-hop, sur le flow de CJ, l’étoile montante du rap US – on l’avait dit plus haut. Plutôt que d’aller piocher son inspiration dans la vie des autres, Clayton Hamilton s’inspire de son propre vécu. Le drill, sous-genre musical du hip-hop, semble bien aller avec le mbalaax sénégalais. Pop Smoke, le pape du drill, en serait ému dans sa tombe. L’énergie véhiculée dans ce flow est un terreau fertile pour Hamilton ; il narre dessus les grandes péripéties de sa vie. Il évoque sa petite enfance et le courage qu’il lui a fallu pour se hisser au sommet. Désormais, il peut lâcher : ‘‘appelle-moi Messie’’. Le ‘‘griot’’ mandingue est tellement à l’aise sur ce beat qu’il affirme : ‘‘dans ce game/Je fais ce que je veux’’. Espérons que ce remix, qui a propulsé Daniel Soriano Jr. aux sommets des hits, soit de bon augure. En attendant, on croise les doigts.

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