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Les professionnels réclament une bonne organisation du sous-secteur de la danse

Dakar, 29 avr (APS) – Les professionnels de la danse ont énuméré, vendredi, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la danse, les maux auxquels ils sont confrontés, afin de leur trouver des solutions et d’assurer une bonne organisation de la pratique de cet art.

 

Lors d’un panel intitulé ‘’Waxtaan sunu biir’’ (une discussion entre nous), organisé à la Maison de la culture Douta-Seck, ils ont passé en revue les problèmes que rencontre ce sous-secteur des arts et de la culture.


Le directeur artistique de la compagnie ‘’Bakalama’’, Malal Ndiaye, estime que ‘’les compagnies de danse ont une part de responsabilité’’ dans la mauvaise organisation de la danse au Sénégal.

 

‘’Ce qu’il y a actuellement dans la danse est incroyable. Certains se proclament danseurs ou chorégraphes sans pour autant se former à ces disciplines. Ils n’ont aucune notion de la discipline, ni diplôme’’, a fustigé M. Ndiaye. 


Dans cette situation, ceux qui ont choisi de pratiquer la danse doivent se former, selon lui. ‘’Pourquoi se proclamer danseur ou chorégraphe sans être formé, tandis que pour être médecin ou avocat, on est obligé d’apprendre ces métiers et d’en avoir un diplôme ?’’ s’est étonné Malal Ndiaye.

 

Il appelle les directeurs artistiques des ballets et compagnies de danse à faire preuve de responsabilité dans l’exercice du métier qu’ils ont choisi d’exercer. Les autorités étatiques, elles, doivent être à l’écoute des professionnels de cet art, pour être en mesure de résoudre ses problèmes, selon M. Ndiaye.

 

‘’J’interpelle les compagnies et les ballets de danse. Il faut qu’il y ait plus de sérieux dans notre travail, dans [la formation]. Il faut aussi (…) un traitement égal de tous les sous-secteurs’’ des arts et de la culture, a-t-il soutenu.

 

La chorégraphe Marianne Niox, directrice artistique d’‘’Artea Culture’’, une compagnie de danse sénégalaise, rappelle le diagnostic qui a été fait en 2017, lors d’un atelier organisé à Toubab Dialaw (ouest). 


La meilleure manière de bien organiser le sous-secteur de la danse serait de dispenser des formations sanctionnées par des diplômes. Une telle démarche permettrait d’avoir de bons danseurs et d’inciter les partenaires à les financer, selon Marianne Niox. 


‘’Nous sommes dans un domaine dont les acteurs sont autodidactes. Tous les problèmes découlent de là, cela donne des danseurs pas créatifs, même s’ils sont doués’’, a-t-elle dit.

 

Les danseurs et chorégraphes ont suggéré la création d’un conseil chargé de la danse, en vue d’une bonne structuration de ce sous-secteur. En ce qui concerne la formation, ils proposent qu’elle soit sanctionnée par l’obtention d’un diplôme d’Etat. Ils souhaitent aussi qu’un fonds public leur soit dédié.

 

Demba Faye, le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, a fait part de la volonté du ministère de soutenir les professionnels de la danse. 


‘’Je tiens à vous informer que les résultats de vos travaux à Toubab Dialaw restent toujours d’actualité au sein du département. C’est l’occasion pour moi de féliciter tous les acteurs’’, a dit M. Faye à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la danse.

 

Il a invité les professionnels de cet art de la scène à faire parvenir au ministère les recommandations faites lors du panel ‘’Waxtaan sunu biir’’, afin que les autorités puissent s’en servir et bien organiser le sous-secteur.

 

Le 29 avril est proclamé Journée mondiale de la danse par l’Unesco depuis 1982, pour mettre en exergue le puissant vecteur de communication qu’est cet art scénique.

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