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Manifestations des militaires invalides : O. Fall, l’explosion d’une bouteille de 10 litres d’essence, le Commandant du corps urbain.

Des anciens militaires répondant au nom de Doudou Sy, El Hadj Mamadou Nago Diop, Ousseynou Fall et Abdou Khassim Diouf ont comparu ce lundi 13 juin devant la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Ils sont poursuivis pour participation à un attroupement non armé, violence par voie de fait contre un agent de la force publique et mise en danger qui leur a valu une peine d’emprisonnement de 1 mois assorti de sursis.


Manifestations des militaires invalides : O. Fall, l'explosion d'une bouteille de 10 litres d'essence, le Commandant du corps urbain.
 
 
Des agents de la police ont été déployés sur le terrain parce que l’association des anciens militaires invalides du Sénégal prévoyait de tenir une manifestation sans aviser l’autorité. Par la suite, certains d’entre eux ont été interpellés par les limiers qui étaient sur les lieux. Très remontés contre cette situation, certains manifestants ont jeté des pneus brûlés aux policiers. Le commandant du corps urbain est intervenu pour les rappeler à l’ordre. C’est ainsi que le nommé Ousseynou Fall l’a surpris en lui assénant un coup. C’est cette situation qui a entraîné l’intervention de ses éléments. Au moment des altercations, le nommé Doudou Sèye a jeté une bouteille de 10 litres remplie d’essence en direction du Commandant, mais ce dernier l’a esquivée.

Devant le prétoire, les prévenus ont tous nié les faits qui leur sont reprochés. Interrogé en premier, l’ancien militaire Doudou Sy né en 1965 à Rufisque a expliqué que les faits se sont déroulés un mardi alors qu’il se rendait à la pharmacie. « En cours de chemin, j’ai croisé mon co-prévenu qui m’a informé de la tenue d’un point de presse. Après la rencontre, je suis parti à la pharmacie acheter mes médicaments », se dédouane-t-il. 

Des propos différents de sa déclaration à l’enquête préliminaire, où le mis en cause avait déclaré que les policiers ont arrêté trois de ses camarades lors de la manifestation. Ne pouvant pas supporter cette injustice dit-il, ses compagnons et lui ont décidé de brûler des pneus. « Je n’ai pas tenu de tels propos. C’est Nago qui détenait la bouteille d’essence. Nos camarades ont été interpellés avant le point de presse. Ousseynou Fall et Nago sont atteints par des troubles psychiques. Je leur avais demandé de ne pas jeter les pneus. Je n’ai pas pu les convaincre », dit-il.

Quant au Commandant du corps urbain, Pape Diène Dione a fait savoir que les prévenus sont allés manifester sur la voie publique sans aviser. C’est la raison pour laquelle ils ont pris les devants pour empêcher la manifestation.  » Doudou Sy a lancé une bouteille de 10 litres d’essence enflammée que j’ai esquivée. Tandis qu’Ousseynou Fall m’a donné un coup-de-poing », explique le Commandant. 

Pour Ousseynou Fall, lui aussi ancien militaire et actuellement chauffeur à Sicap Mbao, poursuivi pour les mêmes infractions, il a donné sa version. Il avance qu’ils ont écrit à toutes les autorités pour réclamer leurs droits, mais en vain. À l’enquête, il avait affirmé qu’il est allé parler avec le commandant pour lui dire  qu’ils ne devaient pas lancer des grenades lacrymogènes dans l’enceinte de l’Office national des anciens combattants. Il a aussi avoué qu’il a riposté après avoir reçu un coup-de-poing au menton.

El Hadj Mamadou Nago Diop, né en 1978, ancien militaire domicilié à la Médina, a laissé entendre que les autorités ont rejeté toutes leurs demandes de manifestation. « L’arrestation de nos trois membres a attisé notre colère. Quand j’ai versé de l’essence sur le pneu, j’ai jeté la bouteille dans l’office, car j’avais eu peur. Nous n’avons jamais eu l’intention de les lancer en direction des policiers », regrette-t-il.

Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public a souligné que les prévenus ont le droit de manifester, mais c’est un droit encadré et cela doit être autorisé et cette autorisation doit être faite trois jours avant la manifestation. « En tant qu’hommes qui ont eu à porter le drapeau, ils savent pertinemment ce que dit la loi en terme de manifestation sans autorisation. C’est inadmissible », avancera le procureur. 

Concernant l’attroupement non armé, les mis en cause ont été confinés dans leur siège, ils n’ont pas réussi à sortir sur la voie publique pour manifester. Ainsi, le parquet demande qu’ils soient relaxés de ces chefs. Concernant les autres chefs d’accusation, le maître des poursuites a sollicité qu’ils soient déclarés coupables et condamnés à 1 an dont 1 mois ferme de prison. 

Du côté de la défense, Me Assane Dioma Ndiaye a plaidé une application bienveillante de la loi pénale. 
Finalement le juge après en avoir délibéré, a relaxé les prévenus du délit de participation à une manifestation sans autorisation avant de les déclarer coupables des autres chefs et les condamne à 1 mois assorti de sursis. 
 

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