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«Aar Sénégal» sur tous les fronts – Sud Quotidien

La coalition «Aar Sénégal» ne veut pas de report des élections législatives prévues le 31 juillet prochain. Elle l’a fait savoir hier, mercredi 22 juin lors d’une conférence de presse. Ses membres ont profité de l’occasion pour dénoncer les arrestations des membres de l’opposition. Sur ce, une requête va être déposée aujourd’hui pour la libération des députés sur la base des articles 51 et 52 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

La coalition de l’opposition «Aar Sénégal» s’oppose à toute idée de report des élections législatives prévues le 31 juillet prochain. Face à la presse hier, ses membres se disent déterminés à y participer. Ce, face aux menaces de la coalition « Yewwi Askan Wi » dont la liste des titulaires est rejetée et le dialogue qui serait entamé dans ce cadre par des membres de la société civile. « Nous tenons à affirmer fermement que nous avons l’intention d’aller aux élections législatives du 31 juillet. Il n’est pas question pour la coalition Aar Sénégal de boycotter. Les injustices sont les injustices. Ça fait longtemps que nous sommes hommes politiques, nous les vivons. La vraie injustice sur laquelle on n’a pas assez insisté à notre avis, c’est que la liste des titulaires nationale de Benno Bokk Yaakaar n’aurait jamais dû aller aux élections», a déclaré le coordonnateur de la coalition « Aar Sénégal », Dr Abdourahmane Diouf. Poursuivant son propos, le président du parti Awalé répond aux membres de « Yewwi Askan Wi ». « Il y a un mois, on était 15 candidats. Huit ont été recalés au parrainage. Est-ce que ces coalitions dont on parle aujourd’hui, ont organisé une marche pour dire qu’il n’y aura pas d’élections parce que telle ou telle coalition a subi une injustice ? Donc, tant que l’injustice concerne les autres, elle est mineure et tant que l’injustice vous concerne, non», a dit Dr Abdourahmane Diouf. Allant plus loin, il s’adresse à la société civile. «Quand tu veux avoir la paix sociale, la meilleure façon,  c’est de respecter les lois du pays. Je ne comprends pas la société civile qui dit qu’il faut qu’on viole les lois du pays pour que la paix revienne au Sénégal», a-t-il dit. Prenant la parole, le président du mouvement Agir, Thierno Bocoum va dans le même sens. «Ceux qui veulent nous reprocher de participer à des élections, devraient regarder le rétroviseur parce qu’ils avaient, peut-être, participé aux élections de 2019, à d’autres élections alors qu’à chaque élection organisée par le Président Macky Sall, il y a toujours eu de l’injustice, de la forfaiture. Par rapport à ceux qui se réclament de la société civile et qui exigent qu’il y ait un report des élections, je leur réitère encore une fois qu’il faut qu’on respecte les populations. Les élections, c’est d’abord pour les populations à qui on donne la possibilité d’exprimer leur volonté», a-t-il laissé entendre.

Opposition dans l’opposition : Aar Sénégal répond à «Yewwi Askan Wi»

Les membres de «Aar Sénégal» regrettent les accusations à leur encontre. «Quand des leaders de l’opposition tiennent ce discours vis-à-vis de nous, il y a un manque de respect et nous tenons à leur dire que vous prenez le CV et le parcours politique de tous ceux qui sont là, nous avons été ancrés dans l’opposition bien avant tout le monde et nous avons toujours défendu le populations sénégalaises à notre manière. Donc, si c’est ça être l’opposition dans l’opposition, oui nous sommes l’opposition dans l’opposition mais en sachant que les Sénégalais savent que nous sommes ancrés et nous travaillons pour eux», a lancé le coordonnateur de la coalition «Aar Sénégal».

Ses membres appellent ainsi les Sénégalais à aller voter massivement lors des élections législatives. «Nous travaillons pour conscientiser les gens pour qu’il y ait 70% du taux de participation. Ça fera au moins 4 millions de sénégalais qui participeraient et ça signifierait que nous pouvons mettre en minorité la liste de Benno Bokk Yaakaar, qu’on aurait une assemblée de rupture, qu’on aurait un nouveau gouvernement, un Premier ministre et ça signifierait qu’on a abrégé le règne du Président Macky Sall», a fait savoir Dr Abdourahmane Diouf.

Aar Sénégal dénonce les arrestations «arbitraires» et dépose aujourd’hui une requête pour demander l’arrêt des poursuites contre les députés

La coalition Aar Sénégal dénonce toutefois l’interdiction de manifestation et les arrestations «arbitraires» des députés Déthié Fall, Mame Diarra Fame, Cheikh Abdou Mbacké Bara Dolly et d’autres gens comme Guy Marius Sagna etc. «Depuis un certain temps, nous avons noté un recul de la démocratie, une agression des libertés au Sénégal. La liberté de manifester est constitutionnalisée au Sénégal et notre constitution ne dit pas qu’on doit demander une autorisation de manifester mais qu’il faut faire une déclaration de manifestation qui est étudiée par les autorités en charge des manifestations et elles délivrent un quitus. Les interdictions de manifester doivent être une exception. Toutes les forces de l’ordre qui sont sorties le 17 juin dernier pour bunkeriser les maisons des opposants, si on les avait utilisées comme on avait fait le 8 juin dernier pour sécuriser la manifestation, il n’y aurait pas eu de débordement. On est en face d’un Etat hors la loi, qui est en train d’aller au-delà de toutes les règles pour pouvoir asseoir son pouvoir», a déclaré Théodore Chérif Monteil.

Le parlementaire annonce qu’ils vont déposer une demande pour leur libération. «Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale en ses articles 51 et 52 règle les immunités. Ils parlent de levée de l’immunité parlementaire ou de l’arrêt des poursuites et la suspension des détentions. Donc, n’importe quel député peut introduire une requête et invoquer ces articles pour demander l’arrêt des poursuites. Une commission ad hoc de onze membres sera mise en place et va étudier le dossier et arrêter les poursuites. Nous sommes en train d’y travailler, la députée Marème Soda Ndiaye et moi et demain (aujourd’hui), nous la déposerons», a fait savoir Théodore Chérif Monteil.

Non à une 3e candidature de Macky Sall

La coalition «Aar Sénégal» compte tout faire pour barrer la route à une 3e candidature du Président Sall. «Aujourd’hui, le Président Macky Sall pose une grande question aux Sénégalais. Vous Sénégalais, je vais vous empêcher de rendre visite à vos voisins, de vous promener. Êtes-vous prêts à me faire face ? Voilà la question qu’il pose. A chaque fois qu’un président de la République, fort de tous ses pouvoirs, aveuglé par les lambris du pouvoir, pose ce genre de question, les Sénégalais ont répondu en 2011, en 2021 et répondront forcément en 2024. Tous ces actes posés ont forcément une fin. On ne peut à ce niveau aller en dehors de la loi sans rechercher quelque chose. Ce qui est recherché, tout le monde le sait, c’est la 3e candidature. J’ai lu la constitution. Elle règle le problème définitivement. Nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs. S’il veut le faire, si les Sénégalais ne sont pas d’accord, il ne fera pas», avertit Théodore Chérif Monteil. Allant plus loin, il dira : «Nous sommes à la croisée des chemins. Si vous analysez les durées des pouvoirs au Sénégal, tous pouvoirs s’effritent au bout de 10 ans. Vouloir aller au-delà, c’est chercher forcément à vouloir imposer des choses à ton peuple et le peuple fera face».

Mariame DJIGO

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