SOCIETE / FAITS DIVERS

L’AUTOSUFFISANCE EN MOUTONS PLOMBÉE

La Tabaski de cette année qui aura lieu dans un contexte marqué par la crise malienne et la fermeture de la frontière avec ce pays, fait naître des inquiétudes chez nombre de responsables de familles musulmans Sénégalais, surtout «goorgoorlu». La cause, le Sénégal ne peut pas assurer, à lui seul, sa demande en moutons. Avant que le Mali n’autorise la sortie du bétail de son territoire, le ministre sénégalais de l’Elevage et des Productions animales, Aly Saleh Diop, avait annoncé le recours à la Mauritanie, où il a effectué une visité de prospection du marché à cet effet, avec plusieurs mesures d’assouplissement du convoyage notamment la levée des taxes.

Les années se suivent et se ressembles, avec le Sénégal toujours obligé de compter sur les voisins maliens et mauritaniens pour satisfaire la demande nationale en mouton de Tabaski. L’élevage au Sénégal est confronté à plusieurs problèmes qui ne favorisent pas la disponibilité des ovins. Dans la zone sylvo-pastorale, par exemple, le manque d’eau impacte négativement l’activité des éleveurs. Il y a aussi la rareté du pâturage, obligeant les éleveurs à transhumer pendant la saison sèche, avec comme conséquence la perte de plusieurs tête de bétail durant ce mouvement saisonnier. Alors ministre de l’Elevage et des productions Animales, Aminata Mbengue Ndiaye avait «dévoilé» un important programme de l’Etat pour parer à une pénurie et devant résulter sur l’autosuffisance en moutons.

Le 22 janvier 2018, lors d’une visite à la 11ème édition du Salon de l’élevage, tenue du 19 au 29 janvier au CICES, à l’initiative de l’Alliance pour le développement et l’amélioration des races bovines, ovines et caprines (Adam), en partenariat avec le ministère de l’Elevage, Aminata Mbengue Ndiaye avait annoncé une enveloppe de 500 millions de FCFA pour le Programme national d’autosuffisance en mouton.

Programme décennal d’autosuffisance en mouton, pour 2025 ?

«Dans le cadre du PSE (Plan Sénégal émergent, ndlr), le ministère de l’Elevage a élaboré un Programme national d’autosuffisance en mouton, considéré par le président de la République comme une denrée de première nécessité. Il sera exécuté en deux phases sur une période de dix ans. Pour 2018, il est prévu dans le budget, une enveloppe de 500 millions de FCFA», avait déclaré Aminata Mbengue Ndiaye. Soulignant que les maires du Sénégal avaient décidé d’accompagner ce programme pour aider à l’atteinte de l’autosuffisance en mouton, elle avait invité les éleveurs à aller vers l’autonomisation en mouton et à consolider les acquis.

Déjà, deux ans plus tôt, Aminata Mbengue Ndiaye avait décliné le même projet, le week-end du 16 au 17 avril 2016 à Rufisque, lors d’une visite au 3ème Salon de l’élevage organisé par l’Association départementale des éleveurs de Ladoum de Rufisque (Adel). A l’en croire, ce programme décennal pour résorber le déficit de 360.000 moutons importés, chaque année, pour les besoins de la fête de Tabaski a été élaboré depuis 2015 et est divisé en deux phases de 5 ans. «Le Sénégal ne parvient pas encore à couvrir l’ensemble de ses besoins en moutons… Pour la dernière Tabaski (2015), 362.000 sujets ont été importés pour couvrir la demande en moutons estimée à 742.000. Le secteur de l’élevage est au cœur des préoccupations de l’Etat et avec l’instruction de quatre programmes d’élevage dans les projets prioritaires du PSE pour plus de 28 milliards de FCFA», avait-elle confié à propos de ce programme visant l’autosuffisance en mouton (de Tabaski du Sénégal) qui devrait être effective en 2025.

Quatre années après l’inauguration du mur de clôture du ranch de Dolly, les mesures de Macky Sall aux oubliettes ?

En décembre 2018, le président Macky Sall, après une inauguration en grande pompe du mur de clôture du ranch de Dolly long de 120 km, avait annoncé plusieurs mesures pour venir en aide aux acteurs. Quatre années après, le problème reste entier. L’impact de la rénovation du ranch de Dolly se fait toujours désirer. Autre préoccupation, les zones de pâturage sont aussi touchées, chaque année, par les feux de brousse qui font disparaître les réservés fourragères. S’y ajoute le vol de bétail qui continue d’impacter négativement l’élevage, malgré l’adoption d’une loi en votée 2017. Celle-ci durcit les sanctions contre le vol de bétail dont les auteurs encourent désormais une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans et une amende égale ou supérieure à 500.000 francs CFA. Cependant, malgré les assurances des autorités, elle n’est toujours pas appliquée dans toute sa rigueur.

Le manque de délimitation des espaces, notamment l’absence de parcours officiels du bétail en zone rural n’est pas pour faciliter le travail. Les rapports entre éleveurs et agriculteurs ne sont pas au beau fixe. En permanence, on constate des divergences et conflit récurrents entre eux. Et comme si ces écueils ne suffisent pas, pour cette année, la crise ukrainienne est venue se greffer aux problèmes de l’élevage. L’aliment de bétail coûte cher. Toutes ces choses risquent d’avoir une répercussion sur le coût du mouton, malgré la subvention annoncée par l’Etat.

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