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L’école, le politique et la restauration des valeurs

Nous assistons à des actes qu’on qualifierait de contre valeurs dans l’espace scolaire et dans les autres espaces de socialisation : indiscipline, violence sous toutes ses formes, tricherie, fraude, corruption, non-respect de l’autorité, incivisme…
 
Ces actes très récurrents posent la problématique de la dégradation des valeurs dans notre société. Deux espaces sont interpelés au premier chef.
 
– L’école, d’abord parce qu’elle est aujourd’hui, un terrain de manifestation de ces actes et ensuite le rôle qu’elle est censée jouer dans la restauration des valeurs, socle de notre société.
 
– Le politique, d’abord par une de sa vocation exprimée dans la constitution du Sénégal de 2001:Article 4, « Les partis politiques et coalitions de partis politiques concourent à l’expression du suffrage dans les conditions fixées par la Constitution et par la loi. Ils œuvrent à la formation des citoyens, à la promotion de leur participation à la vie nationale et à la gestion des affaires publiques » ; ensuite par les comportements très regrettables de certaines personnes qui occupent l’espace politique.
 
Au regard de la place de l’école et de la politique de notre société, la dégradation des valeurs constatée est aujourd’hui une menace réelle pour la cohésion du Sénégal et notre aspiration au développement économique et social.
 
Il est alors urgent de tout mettre en œuvre pour une restauration progressive des valeurs communes que nous partageons afin de mettre le Sénégal sur la voie de l’émergence dans un monde de plus en plus exigeant et soumis à des perturbations de tous ordres.
 
S’agissant de l’école, il convient de préciser que de tels comportements de la part des élèves ne sauraient être attribuables à de simples facteurs individuels, puisque aussi influencés par un ensemble de conditions de l’environnement scolaire, comme le cadre éducatif, les conditions d’enseignement et d’apprentissage, la qualité des relations interpersonnelles, la qualité de l’environnement physique et social, etc.
 
Il faut certes sanctionner les auteurs de pareils actes mais examinons de manière approfondie cet environnement décrit ci-dessus pour mieux faire face à ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Il est essentiel de concevoir l’intervention en milieu scolaire à l’intérieur d’un modèle intégrateur ciblant divers niveaux d’intervention et l’ensemble de l’environnement scolaire.
 
Ce modèle intégrateur devra cibler nécessairement l’espace politique marqué aujourd’hui par des transgressions jamais égalées. Le Parlement, représentation du peuple, dans sa fonction d’exercice du pouvoir législatif, devra assurer la plénitude de sa mission dans l’intérêt général avec un cadre juridique protecteur de valeurs et un pouvoir de sanction des hommes acteurs politiques auteurs de ces transgressions.
 
La justice est un autre cadre de ce modèle en ce sens qu’elle a pour fonction de faire respecter les règles de la vie en société. Elle sanctionnera ces actes et comportements interdits par la loi, mais elle protègera aussi les personnes les plus fragiles comme les enfants.
 
N’oublions pas que c’est lorsque l’injustice se produit que la transgression de la justice est visible.
 
Ibrahima DIAGNE
Inspecteur de l’Education

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