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Nancy Pelosi est arrivée à Taïwan malgré les mises en garde de Pékin

Après avoir longtemps entretenu le flou sur sa visite à Taïwan, la présidente de la Chambre des représentants américains, Nancy Pelosi, est arrivée sur l’île ce mardi 2 août au soir. Cette visite pourrait enflammer des relations déjà tendues entre Washington et Pékin.

 

Elle est la plus haute responsable américaine élue à se rendre sur l’île en 25 ans. Malgré les mises en garde de Pékin, Nancy Pelosi a atterri ce mardi dans la soirée à l’aéroport de Songshan, où elle a été accueillie par Joseph Wu, le ministre taïwanais des Affaires étrangères. 

Depuis 35 ans qu’elle est élue au Congrès, la présidente de la Chambre des représentants a largement démontré qu’elle n’a pas un tempérament à se laisser impressionner. En arrivant à l’aéroport, elle n’a donc pas joué la discrétion, remarque notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin. Le drapeau américain était éclairé sur l’empennage de l’avion de l’US Air Force qui la transportait, et avec son tailleur rose, on ne voyait qu’elle à la descente de l’appareil.

Immédiatement, son bureau a publié un communiqué dans lequel elle explique être venue apporter le soutien américain à la démocratie taïwanaise et à ses 23 millions d’habitants. « La visite de notre délégation à Taïwan honore l’engagement inébranlable de l’Amérique à soutenir la démocratie dynamique de Taïwan », a déclaré Nancy Pelosi. « Notre visite est l’une des nombreuses délégations du Congrès à Taïwan et elle ne contredit en rien la politique de longue date des États-Unis. »

Ces propos correspondent exactement à ce que s’efforce de répéter la Maison Blanche qui n’a jamais franchement encouragé ce voyage. Fait notable, plusieurs sénateurs républicains, dont le chef de la minorité Mitch McConnell, ont apporté leur soutien à Nancy Pelosi alors qu’elle est notoirement détestée par leurs électeurs. Une rare démonstration d’unité nationale face à des autorités chinoises furieuses.

 
« Actions militaires ciblées »

 

Pékin a en effet immédiatement réagi en dénonçant l’attitude « extrêmement dangereuse » des États-Unis qui ne cessent « de déformer, d’obscurcir et de vider de tout sens le principe d’une seule Chine, d’intensifier ses échanges officiels avec Taïwan et d’encourager les activités séparatistes « indépendantistes » de Taïwan ». Le ministère chinois de la Défense a annoncé dans la foulée des « actions militaires ciblées » afin de « défendre résolument la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale ».

Les autorités chinoises avaient, un peu plus tôt, mis en garde Washington contre une éventuelle venue de Nancy Pelosi à Taïwan, en prévenant que les États-Unis devraient « payer le prix de leur atteinte à la souveraineté et à la sécurité de la Chine ». « La partie américaine a trahi sa parole sur la question taïwanaise », a déploré dans un communiqué Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, en référence à l’engagement des États-Unis, depuis 1979, à n’avoir aucune relation officielle avec Taïwan.

La Chine estime que Taïwan, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, est l’une de ses provinces qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949). Opposé à toute initiative donnant aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres pays.

Nancy Pelosi a rejoint Taïwan depuis la Malaisie, deuxième étape de sa tournée asiatique après Singapour. Selon le journal taïwanais Liberty Times, qui cite des sources anonymes, la dirigeante américaine doit rencontrer mercredi la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, bête noire de Pékin, car issue d’un parti indépendantiste.

(Et avec AFP)

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