CONTRIBUTION

QUAND LES SOUS SAOÛLENT LE SAVOIR

Objet de toutes les convoitises depuis toujours de la part d’Institutions étatiques, d’organismes privés, de loups fonciers véreux, le patrimoine foncier de l’ESEA ex ENEA aiguise les appétits et il est agressé de toute part. Depuis quelques années, il est régulièrement squatté, grignoté, amputé, sans consultation des agents de l’ESEA et avec la complicité ou le silence coupable des autorités étatiques et universitaires.

Tenez-vous bien, l’ESEA ex ENEA s’est vu spolier très facilement 101.415,08 m² de son patrimoine foncier. Et pire, les prédateurs fonciers voudraient continuer leur forfaiture sur le peu de foncier qui reste à l’Institution. Les plus anciens de l’ENEA se rappellent que l’assiette foncière était, en vérité, très importante, à la hauteur de l’ambition que le père fondateur nourrissait pour cette école, formatrice des agents de développement et incubatrice des politiques de développement pour le Sénégal et pour l’Afrique. En son sein, elle abritait même les logements des enseignants, qui ont été déguerpis manu militari de leurs habitations pour y loger, à leur place, les enseignants du Supérieurs, avec la Cité des enseignants construite sur un lot de 61580 m². La vieille technique des Autorités, à court de solution, qui consiste à déshabiller Jean pour habiller Paul ; avec pour objectif de diviser la famille enseignante.

Mais durant ces dix dernières années, la boulimie foncière des prédateurs s’est accentuée et les vautours du foncier sont accourus de toute part pour faire leur festin sur le corps foncier ensanglanté de l’ESEA ex ENEA. Dans le tong-tong foncier auquel ils se sont adonnés, à tout honneur tout seigneur, le service des domaines, s’est allègrement servi en s’adjugeant une portion de 3772,78 m² pour y abriter un de leur centre, ensuite la sœur d’arme de l’ESEA qui se trouve être l’UVS est venue prendre sa part et implanter son ENO de Dakar sur 4666,36 m² du site, et même les américains ont réussi à avoir leur part du gâteau foncier en érigeant leur école dans l’enceinte de l’école sur une superficie de 31396 m². Et puisque l’appétit vient en mangeant, ils réclament à tue-tête la démolition de certains logements d’étudiants pour y installer leur parking de voitures. Puis la petite sœur l’IGT, qui était sans domicile à sa naissance, s’est fait porter à ses débuts sur les flancs de l’ESEA, mais ce qui devait être qu’un hébergement temporaire semble être devenu un ci-gît.

Aujourd’hui encore, les hyènes du foncier, les ennemis du savoir, les magouilleurs de l’argent illicite, les falsificateurs des écritures foncières se sont ligués pour continuer à brader et à se partager l’héritage du Président Mamadou DIA.

9000 m² de plus devraient être encore détachés de cette assiette foncière pour être cédés à un homme d’affaires, déjà très riche, afin de le sur-enrichir sur le dos des sénégalais. Tout le contraire de l’esprit de l’ESEA ex ENEA qui promeut à travers ses départements PEGO, le développement, DECOF, la solidarité, ATEGU, le terroir. Autrement dit un projet pédagogique de développement solidaire du terroir pour l’ESEA ex ENEA qui ne rime point avec l’ambition de sur-enrichissement individuel sur les populations que manigance l’entreprise Sertem.

9000 m² à détacher de l’assiette foncière d’une Institution universitaire pour la construction d’immeuble en location. L’ESEA serait alors le symbole de la consécration de la faillite et du mépris du savoir devant l’avoir au Sénégal.

On a bradé le transport (une partie de l’assiette foncière de Dakar Dem Dikk), on a bradé la santé (une partie de l’assiette foncière de l’hôpital le Dantec)… On ne bradera pas l’enseignement Supérieur du pays en passant par l’ESEA…

Car si ce tripatouillage foncier passe, IL va sonner le glas de la mort pédagogique et sociale de l’ESEA ex ENEA. En effet, si cette forfaiture venait à être légalisée : alors aux oubliettes, les projets ambitieux de passage à l’échelle des offres de formation sur lesquelles travaille l’Institution, pour participer davantage à l’effort d’absorption des flux de bacheliers annuels, répondre à la forte demande de formation continue des professionnels. Ce qui nécessite des salles de classes et d’Amphithéâtre d’accueil. Si cette forfaiture venait à être légalisée, alors à terre les projets de construction de médiathèque moderne, de bureaux d’accueil et d’orientation, de local pour la fondation Mamadou DIA dans l’enceinte de l’ESEA ex ENEA. Si cette forfaiture venait à être légalisée : alors au calens grecs, la construction d’un poste médical à forte potentiel d’accueil et d’hospitalisation au sein de l’établissement, de salles de sport fonctionnels, d’une salle d’évènements de grande capacité…

Pour ne pas trahir l’histoire de l’ESEA ex ENEA et pour ne pas laisser le legs du Président Mamadou DIA être bafoué, alors toute la communauté universitaire et toute la famille ESEA ex ENEA, sont unies dans ce combat pour que cette mise à mort programmée de l’Institution par asphyxie foncière n’aboutisse pas. Défendons la vision du Président Mamadou DIA, Sauvegardons ce patrimoine sénégalais et africain, Sauvons l’ESEA/ENEA.

Dr Falilou BA,

Enseignant-chercheur ESEA,

SG section SUDES/ESR ESEA

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