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SEYNABOU MALE CISSÉ DÉNONCE LES ACCORDS DE PAIX EN CASAMANCE

Les récents accords de paix signés, à Bissau, entre le gouvernement et une frange du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc), continuent de susciter des réactions. Après celles de plusieurs composantes du mouvement indépendantiste, c’est au tour de Seynabou Male Cissé, coordinatrice du Comité régional de solidarité des femmes pour la paix en Casamance de monter au créneau pour apporter son point de vue par rapport à ces accords. Selon elle, un accord de paix signé entre le gouvernement et des responsables du Mfdc sans des franges significatives du mouvement est un problème. Aussi demande-t-elle au gouvernement de poursuivre les discussions en incluant toutes les franges disposées à faire la paix. Elle a également déploré l’absence des organisations de la société civile dans les pourparlers qui ont permis d’arriver à ces accords.

‘’S’il y a un accord et que cet accord n’inclut pas toutes les franges du Mfdc, c’est un problème. Mais, nous pensons que si c’est un processus qui vise effectivement à discuter avec toutes ces franges, à signer des protocoles avec toutes ces franges, nous pensons qu’il y a un espoir. Mais, nous pensons qu’il faut continuer le processus pour que tout le monde se sente concerné, que toutes les franges se sentent concernées par cette paix définitive. Il y a l’absence donc de Salif Sadio que personne ne situe aujourd’hui et, peut-être, qu’il y a l’absence d’autres franges. Nous avons vu les réactions de Mangocouro (siège du Mfdc proche de feu Abdou Elenkine Diatta), mais par ailleurs aussi, nous avons vu les déclarations de Diakaye (quartier général du front nord de Atika).

Et cela nous donne l’espoir que l’Etat ne va pas s’arrêter en si bon chemin dans ce processus. Et nous avons toujours prôné que s’il est difficile d’avoir tout le mouvement en même temps, mais il serait bon d’avoir le mouvement frange par frange. Mais il ne faut pas justement arrêter le processus à la frange qui a signé le document, la frange avec laquelle l’Etat a discuté. À mon avis, il faut poursuivre’’, confie -t-elle avant d’ajouter :’’Pour moi, je pense que l’Etat doit montrer un signe qu’il est prêt à discuter avec tous ceux qui veulent discuter. Il faut juste que l’Etat montre des signes qu’il veut discuter et qu’il entame des discussions, comme je l’ai dit, inclusives avec toutes les franges qui sont disposées à discuter’’.

Sur la non implication des femmes

‘’Au niveau de toute la Casamance aujourd’hui, ce n’est plus à démontrer que les femmes, les populations de manière globale aspirent à une paix réelle et durable. Et s’il y a des accords qui sont signés entre l’Etat et une partie du Mouvement des forces démocratiques de Casamance et qui, nous l’espérons, constituent un jalon important pour la paix, nous sommes très heureuses de cette situation. Mais, cependant, nous déplorons, évidemment, le fait que les femmes n’ont pas été impliquées à aucun moment dans ce processus par aucune des deux parties ni par le Mfdc ni par l’Etat du Sénégal et la société civile, de manière globale. En tout cas si nous en jugeons par les présences que nous avons vues au niveau de la salle de la rencontre, la société civile n’a pas été assez impliquée et particulièrement la société civile féminine’’.

Toujours à ce sujet, elle souligne : ‘’nous estimons qu’un processus de paix sans les femmes n’est pas équitable puisque dans certains cas, elles ont été au départ de la chose et dans d’autres cas elles ont été fortement mobilisées pour la paix. Donc il est important qu’elles soient là à la table, elles constituent quand même bon sang, plus de la moitié de la population. Si plus de la moitié de la population dans une recherche de paix n’est pas impliquée, ça pose problème. Et donc, non seulement en tant que structure, la société civile, à notre avis, a fait des efforts pour calmer, pour disons stabiliser l’environnement du conflit notamment par ces actions caritatives, par ses actions d’ouverture de discussions donc d’installation d’espaces de dialogue au sein des populations entre elles-mêmes, entre elles et les combattants ou entre elles et l’Etat. Donc la société civile a contribué à la stabilisation, donc pour moi, elle avait sa place à la table de négociations’’.

Soulignons également que le CERPC, piloté par Robert Sagna n’a pas été impliqué dans ce processus, du moins si l’on se fie à une source très proche de cette structure. Toutes nos tentatives de faire réagir ses responsables pour avoir leur réaction au sujet de ces accords sont restés vaines.

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