Dame Mbodj démonte les promesses de Macky: «le recrutement de 5000 enseignants n’est qu’un effet d’annonce…»




Le recrutement de 5000 enseignants annoncé par le chef de l’Etat dans son discours à la Nation du 03 avril dernier ne serait qu’un effet d’annonce, selon le coordonnateur du G20 et secrétaire général du Cusems Authentique, Dame Mbodj. Il pense que le président Macky Sall devrait plutôt parler de 2000 recrues de plus pour la prochaine rentrée scolaire, dès lors qu’on a déjà recruté près de 3000 enseignants pour cette année. Ce syndicaliste de l’éducation considère que 5000 enseignants recrutés au cours de deux années académiques n’est pas un investissement massif dans un corps où, chaque année, on note un nombre important de pertes d’enseignants du fait de décès, voyages et de démission. Des pertes qui interviennent au moment où le nombre d’élèves inscrits augmente d’année en année !

En soutien à l’emploi et aux ménages, le chef de l’Etat a annoncé, lors de son discours prononcé à la veille de la traditionnelle fête de l’indépendance, le recrutement de 65 000 jeunes sur toute l’étendue du pays et dans divers secteurs d’activités comme l’éducation, l’environnement, la sécurité… D’ailleurs, et dès le mois prochain, une somme de 80 milliards de francs Cfa sera débloquée. Dans ce lot, un quota spécial sera réservé au recrutement de 5000 enseignants répartis dans le préscolaire, le primaire, le moyen et le secondaire. Les « daaras modernes » et l’enseignement arabe sont aussi concernés.

« Rien de plus normal », dixit Ndongo Sarr du Cusems
Une décision saluée par le Cusems qui dit avoir toujours crié sur tous les toits qu’il y a un déficit criard d’enseignants dans les écoles. « Il n’y a donc rien de plus normal parce que les recrutements doivent se faire chaque année, et le Cusems va veiller à ce que  les  choses  se  passent  dans  la  plus grande transparence », estime donc Ndongo Sarr.

A l’en croire, si le système scolaire a continué de fonctionner normalement durant toutes ces années, c’est parce que ce sont les enseignants du système qui le portaient à bout de bras, à leurs dépens. « Si vous visitez les groupe WhatsApp créés par des  enseignants,  vous  serez  ahuri  par  le nombre de décès d’enseignants en activité, et qui découle de la surcharge des heures de travail corrélée au problème de sureffectifs dans les classes », s’est indigné ce syndicaliste-enseignant qui demande que le recrutement annoncé ne soit pas politisé « comme nous l’avons vu dans le passé ».

« Ce sera juste un ajout de 2000 enseignants l’année prochaine »
Dame Mbodj du Cusems Authentique, lui, pense que le chef de l’Etat a seulement fait un effet d’annonce. Et d’expliquer que pour cette année 2020-2021, pour tous les corps confondus, le président a recruté plus de 3000 enseignants. Les deux filles affectées à Matam et qui avaient fait un accident mortel alors qu’elles devaient prendre service étaient de nouvelles recrues qui faisaient partie du lot de 1700 enseignants recrutés pour l’élémentaire. Le recrutement dans le moyen secondaire tournait autour de 1000 enseignants. Soit près de 3000 enseignants pour le primaire et le moyen-secondaire.

Toutes choses qui font dire à Dame Mbodj que Macky Sall devait plutôt dire que le quota, pour l’année prochaine, c’est-à-dire l’année académique 2021-2022, va être revu à la baisse avec un recrutement d’environ 2000 enseignants pour tout le secteur allant du préscolaire au moyen-secondaire avec un maillage dans l’enseignement arabe et un enrôlement des daaras modernes. Pour cette année, «  je  suis  sûr  qu’il  ne  va  pas ajouter les 2000 enseignants pour avoir le nombre de 5000 annoncés ».

A l’en croire, le recrutement de 5000 enseignants, qui constitue qu’une goutte d’eau dans la mer, ne peut pas régler le problème de l’école. « Ce n’est pas un recrutement de 5000 enseignants qui peut relever le faible taux d’enseignants  à  l’école.  Chaque  année,  on enregistre  des  décès  notamment  cette année où le nombre a atteint un niveau jamais égalé, il y a aussi eu beaucoup de retraités. En même temps, le nombre d’élèves inscrits augmente chaque année. Or, plus on a d’élèves, plus le nombre d’enseignants est insignifiant. S’il avait dit 15 000 enseignants, là il y aurait un effet positif sur la qualité des enseignements-apprentissages.  On  aurait un nombre d’enseignants suffisant. Il pourrait même casser les classes tout en construisant d’autres écoles ou salles de classe, et surtout régler le problème des abris provisoires »,soutient M. Mbodj.

Selon lui, recruter 5000 enseignants dans un intervalle de deux années académiques n’est pas un investissement massif.

800 enseignants sortant du Fastef en chômage depuis 8 ans
En minimisant le nombre annoncé par le chef de l’Etat, Dame Mbodj n’a pu s’empêcher d’attirer l’attention sur les près de 800 enseignants de la Fastef qui ont déjà reçu leurs diplômes et qui chôment depuis huit ans.  « Ils ont fait deux à trois fois une grève de la faim. Ils ont marché, mais ils ne semblent toujours pas   convaincre des autorités. Il y a également  les  sortants  de  l’Ugb  et  du  Cneps  de Thiès  ». Le coordonnateur du G20 et non moins secrétaire général du Cusems Authentique dit souhaiter que ces enseignants soient inclus dans le lot des 5000 enseignants à recruter.

Dame Mbodj dénonce aussi la manière dont se font les recrutements dans le secteur de l’Education et de la formation professionnelle. « Pour le cas des professeurs d’éducation physique, l’Etat, au lieu d’aller puiser dans le lot des sortants d’écoles de formation, prend des gens qui entrainent dans les terrains de jeu », prétend-il dans les colonnes du journal Le Témoin. Tout en indiquant que l’Etat ne fait que dans les effets d’annonce. 




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