Article – Archives: Communiqué USEP: UNION DES SENEGALAIS POUR L’EQUITE ET LE PROGRES




Communiqué de soutien aux partis d’opposition œuvrant pour la traduction des Conclusions des Assises Nationales du Sénégal (ANS) en programmes politiques cohérents et crédibles par les partis signataires de la Charte de Bonne Gouvernance  

Aujourd’hui, il reste à peu près sept mois avant l’échéance cruciale du 26 Février 2012, date de l’élection présidentielle au Sénégal. A peine une décennie après avoir congédié le Président Abdou Diouf par la voie des urnes, voici que notre Pays affiche avec une détermination certaine, son ardent désir d’en faire autant avec le nouveau locataire du Palais de la République. En effet, jamais dans l’histoire du Pays, la quasi-totalité des indicateurs socio-économiques ne furent simultanément dans le rouge. Bien au-delà, les autorités ont initié une crise des valeurs sans précédent ; et qui plus est, assumée avec désinvolture et arrogance. Dès lors, les évènements quasi-insurrectionnels des 23 et 27 Juin derniers étaient inéluctables ; et ce, même si personne ne pouvait les prédire dans le temps. Il faut également rappeler que ces évènements furent précédés par de nombreuses marches de protestation (comme celle du 18 décembre 2010, ou encore celle du 19 mars 2011) organisées au Pays, mais également dans de nombreux foyers d’émigration traditionnels de la population.  

Assez logiquement, l’exaspération du Peuple Sénégalais l’a conduit à organiser sa Lutte. C’est ainsi que les nouveaux partis politiques et autres mouvements de la société civile se sont démultipliés. Cela étant, l’élément crucial de cet acquis de conscience collectif, fut l’organisation des Assises Nationales du Sénégal de juin 2008 à mai 2009, par l’ensemble des acteurs sociopolitiques issus des partis, de la société civile, des syndicats, du patronat, ou encore tout simplement du lot des citoyens indépendants. Ces consultations citoyennes participatives, inclusives et transparentes ont convié les citoyens Sénégalais de tous bords politiques, confessionnels ou culturels à se concerter, afin d’élaborer un projet de société crédible et à même de sortir le Pays du cycle de sous-développement initié depuis son accession officielle à l’indépendance. Ces travaux furent conduits à la fois avec un souci de rigueur et d’ouverture. En effet, tous les citoyens purent y participer s’ils le désiraient, et ce sans distinction inhérente à leur niveau d’instruction. Parallèlement, des experts nationaux ou issus de la Diaspora, furent sollicités pour structurer et guider l’élaboration de la plateforme de revendications. Le constat, le diagnostic et les propositions qui en résultèrent, permirent l’édition de rapports de synthèse clairs et précis quant aux aspirations de la Volonté Générale. 

Une trentaine de partis politiques, ont adhéré à ces recommandations, et ont donc signé la Charte de Bonne Gouvernance. Ceci permet d’affirmer que, contrairement à la simple réaction de rejet vis-à-vis du PS d’Abdou Diouf, cette fois-ci, le Peuple a clairement défini son projet d’alternance. Néanmoins, comme toujours en politique, tant qu’il n’est pas mis en œuvre, rien n’est acquis. C’est pourquoi, à l’instar de plusieurs groupements citoyens, l’USEP tente de convaincre les partis signataires à s’engager effectivement à la mise en œuvre d’une telle politique une fois élus. Une telle entreprise requiert quelques préalables significatifs. Le premier consiste à traduire effectivement ces Conclusions des ANS en programmes politiques précis, ambitieux et crédibles. Le second élément concerne l’exigence que les partis réellement déterminés à les appliquer, forment une coalition soudée (plus réaliste que l’assemblage hétéroclite et apathique actuel, nommé Bennoo), afin d’établir les modalités de désignation d’une équipe de citoyens patriotes et compétents, capables de mener à bien cette mission. La désignation du capitaine de cette équipe, et futur candidat à la présidence de la République, découlera logiquement de la bonne marche d’un tel processus consensuel. 

Par ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que la principale conclusion des ANS, est qu’il est impératif de sortir le Sénégal de son modèle économique de type colonial : une économie extravertie vers l’Occident, et ne produisant quasiment aucun bien manufacturé. C’est dans ce contexte, que l’on peut comprendre le fort taux de chômage, l’échec des politiques de développement socio-médical, le taux d’analphabétisme surprenant, ou encore la crise énergétique généralisée. En d’autres termes, le Sénégal est un état fortement dépendant de l’extérieur, et n’échangeant que très peu avec ses voisins Africains : l’archétype d’une économie captive de type colonial. Il est temps de développer une industrie endogène, créatrice d’emplois et de devises. Autre illustration de cette situation aberrante : la monnaie nationale. En effet, les réserves de changes du Pays sont déposées au Trésor français, privant ainsi le Sénégal et les autres Pays de la zone CFA de la jouissance effective de cet instrument essentiel de la politique économique d’un état moderne. 

Depuis l’accès officiel à l’indépendance, cette situation fut dénoncée et combattue par des Patriotes tels que feu le Président Mamadou Dia (parti MSU), ou encore le Professeur Cheikh Anta Diop (parti RND). Mais si cette situation a perduré, c’est parce que de tels citoyens furent systématiquement évincés des sphères décisionnelles. Le pouvoir en place n’a jamais eu d’autre ligne politique, que de s’inscrire dans le schéma de domination et donc d’exploitation concertée de l’ancien occupant : la France. On comprend donc tout le courage nécessaire à la mise en œuvre d’une véritable politique de rupture, telle que celle préconisée par les ANS. C’est donc à ce titre que le Peuple doit redoubler de vigilance : la confiance en un quelconque parti nécessite la vérification de cette aspiration légitime et inéluctable d’aboutir à une véritable Indépendance. Par ailleurs, il va sans dire qu’étant donné l’incurie de l’équipe wadienne, les transhumants et autres bénéficiaires de cette période de gabegie obscène et cynique, ne sont plus crédibles. De même, les socialistes, eu égard à leurs quarante ans d’exercice du pouvoir, ne peuvent être considérés comme des partenaires fiables, tant qu’ils n’auront pas fait une croix sur l’idéologie de collaboration senghorienne. Les bons choix sont nécessairement du côté des partis fortement imprégnés de patriotisme et animés d’une volonté de Progrès et d’Equité à l’endroit de la Nation Sénégalaise, dans un contexte d’Intégration Africaine. 

Aujourd’hui, le Peuple a décidé de rompre avec un mutisme que d’aucuns qualifiaient de congénital vis-à-vis de l’adversité. C’est mal connaitre sa culture et ses principes, que de traduire son silence et sa patience par un consentement ou une résignation. Désormais, les masques sont tombés du côté du pouvoir, et les inhibitions de révolte mises au placard du côté du Peuple. A présent, ce dernier souhaite des discussions sans détours et exige que les promesses tenues par les dépositaires de la Volonté Générale soient honorées. Au premier titre de ses revendications, le Peuple Sénégalais exige que son droit à des élections transparentes et sans tricherie lui permettent de décider de son Destin le 26 février prochain. C’est donc à juste titre qu’il dénonce : 

  • Le redécoupage de la carte électorale 
  • Les velléités du président Wade de se représenter aux élections, en dépit du caractère anticonstitutionnel d’un tel projet 
  • La non-neutralité des agents des ministères de l’intérieur et de la justice 
  • L’insuffisance des moyens employés dans le cadre de l’inscription de tous les citoyens sur les listes électorales 
  • Les violences et intimidations exercées à l’encontre des opposants au régime 

Au regard de ces manquements flagrants, il est clair que l’on se doit désormais de bien préparer la sortie de ce cauchemar wadien. Il n’est pas suffisant de clamer notre seul ras-le-bol, ou de réclamer le départ du président Wade. Nous devons également mettre en garde les prétendants au pouvoir contre toute tentative de réitération du hold-up consenti de 2000. Nous ne devons pas scander une sorte de « tout sauf Wade ! », mais dire clairement ce que nous souhaitons et ce que nous refusons. C’est en cela que les ANS nous seront salutaires, si nous parvenons à les faire appliquer. Certains diront que 2007 a vu la réélection du scélérat tant décrié lors de son premier mandat. Mais on n’est jamais scélérat à moitié, surtout lorsque l’on contrôle les instruments d’expression du suffrage universel. Bien entendu, l’opposition n’est pas en reste dans cet échec, puisqu’elle n’a pas su taire les querelles partisanes pour l’Intérêt Général. 

Pour finir, n’oublions pas que la situation peut être pire : Wade est un vieux loup, mais les louveteaux et autres hyènes dans la force de l’âge attendent “leur tour”. Et ces derniers se trouvent aussi bien dans la majorité que dans l’opposition ! Avec un jeune loup au pouvoir, nous serons partis pour plusieurs décennies de véritable dictature. 

Salimou GASSAMA (salimou_gassama@hotmail.com),  

Bamba LINDOR GUEYE (silentway56@yahoo.fr
pour l’USEP 

Rueil-Malmaison, le 13/07/11 

Vive le Sénégal, Vive l’Afrique ! 




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