ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE 2001 : Que devient le terroriste français ?




Condamné à perpétuité en 2006, Zacarias Moussaoui reste, vingt ans après, le seul à avoir été inculpé par la justice américaine pour des liens avec les attentats du 11 Septembre 

« JE L’AI ENCORE EUE au téléphone mercredi. »  La retraite paisible qu’il coule en Lozère n’y fait rien. Me François Roux, ancien avocat du barreau de Montpellier (Hérault), n’a jamais complètement lâché Aïcha el-Wafi. Elle est la mère d’un homme qui fut, un temps, son client, le seul homme reconnu coupable, sur le sol américain, de lien avec les attentats du 11 Septembre : Zacarias Moussaoui. Le Français, aujourd’hui âgé de 53 ans, a été condamné par la justice américaine pour sa complicité dans les attentats qui ont fait près de 3 000 victimes.

Moussaoui, entré sur le sol américain début 2001, avait pris des cours de pilotage d’avion, mais il avait éveillé les soupçons car il ne s’intéressait ni au décollage ni à l’atterrissage. Il avait été interpellé avant les attentats. L’enquête avait montré qu’il était financé par un des membres de l’organisation des attaques. Au verdict de son procès, en 2006, la juge Leonie Brinkema l’avait promis au natif de Saint-Jean-de-Luz (PyrénéesOrientales) : plus jamais il ne pourrait « voir le soleil, respirer l’air frais et entendre les oiseaux ». 

Aujourd’hui, selon des sources concordantes, le terroriste se trouve toujours à l’isolement dans la même prison très haute sécurité ADX de Florence (Colorado). Défendu par Ben Laden A-t-il toujours des liens avec sa famille ? « Pas à ma connaissance », répond Me François Roux, seul Français à avoir fait partie de l’équipe d’avocats chevronnés du terroriste.

« Aïcha el-Wafi a rencontré son fils à une ou deux reprises lorsqu’il était incarcéré en Virginie (de 2001 à 2006). Mais depuis, plus de nouvelles. » Moussaoui, matricule 51427- 054, semble mis au secret. Les nouvelles qui filtrent depuis 2006 sont parcellaires.

La première est signée Oussama ben Laden. « La vérité est que [Zacarias Moussaoui] n’a rien à voir avec le 11 Septembre », dit le chef d’AlQaïda, alors traqué par la CIA, dans un message audio authentifié par les services de renseignement américains. 

Sa mère espère encore son retour 

En 2010, la justice confirme en appel la peine de prison à perpétuité. En 2017, Moussaoui réapparaît brièvement sur les bandeaux d’information : il a émis un recours pour dénoncer la « torture psychologique » dont il se dit victime en prison. Trois ans plus tard, en mars 2020, Moussaoui change son fusil d’épaule et renie son serment d’allégeance à Al-Qaïda.

« Je dénonce, répudie Oussama ben Laden comme un idiot utile de la CIA et des Saoudiens. Je proclame également sans équivoque mon opposition à toute action terroriste, attentat, propagande contre les États-Unis », écrit-il dans un courrier adressé au tribunal fédéral d’Alexandria (Virginie), relayé par « The Guardian ».

Un discours qui tranche avec celui qu’il tenait à l’issue de son procès en 2006. « Que Dieu sauve Oussama ben Laden. Vous ne l’attraperez jamais », avait-il alors clamé. Aïcha el-Wafi, elle, a bien essayé de faire revenir son fils en France par l’entremise de Me François Roux.

« C’est une voie que je n’ai jamais exclue, concède le conseil. Il y a longtemps que je considère que ce serait mieux. » « C’est une femme qui s’est vraiment investie, argumente Me Roux. Elle a rencontré des familles de victimes, elle a pleuré dans leurs bras. 

À l’approche de cette date anniversaire, elle me le dit, c’est très dur pour elle. » En septembre 2002, le frère de Zacarias Moussaoui, Abd Samad Moussaoui, redoutait que le cas de son frère ne soit « devenu emblématique ».

« Il ne faudrait pas que d’autres suivent son exemple », soufflait-il alors. Pour Me Roux, Moussaoui n’a jamais été et ne sera jamais perçu comme un « exemple » pour les djihadistes. « Il y a eu des attentats avant le 11 Septembre, il y en a eu après, et il y en aura malheureusement sûrement d’autres. » 

Zacarias Moussaoui, lui, a peu de chances de sortir un jour de l’Alcatraz des Rocheuses. 
Le Parisien




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