France24 : L’implosion de Malick Sall Par Adama Gaye*




France24 : L’implosion de Malick Sall
Par Adama Gaye*

Après le prix du sang versé, remporté haut le fusil par le boucher de Dakar, Macky Sall, avec une dizaine de morts sur les mains, la palme de la médiocrité gouvernementale est revenue in fine hier soir à Malick Sall.

Jamais, de mémoire de sénégalais, un ministre n’a été autant ridiculisé, sa nullité exposée au monde entier, que face à la journaliste qui interrogeait le faussaire avocat et fossoyeur de la justice au point d’en faire la risée de la planète.

C’est incontestable ; Malick Sall a battu tous les records de vélocité et de profondeur dans le naufrage médiatique qui fut le sien en ce jour où l’unanimité s’est désormais faite sur l’imposture qu’il représente pour une nation gravement humiliée par le spectacle aussi clownesque qu’irrespirable qu’il a offert au public qui a suivi sa laborieuse prestation, pardon sa déconfiture, cathodique.

On avait déjà crû avoir atteint les fonds de l’abîme avec l’hurluberlu Antoine Diome, ministrion de l’Intérieur, qui avait bandé des muscles sans apeurer quelque moustique en voulant nous faire croire que le pays était menacé par une horde de….terroristes. Puis, Ozetou (Aissata) Tall Sall en remit une couche, toujours se noyant davantage dans son audace de transhumante décapante, se chargeant de pointer le doigt vers un invisible complot étranger.

Alors que le Sénégal bouillonnait, fracturé par l’explosion de tensions socio-politiques d’une rare et sanglante violence qu’on avait fini par croire impossibles sur ces rivages, on était en droit de guetter un sursaut d’honneur de quelque bord du régime assiégé, aux abois, pour lui sauver la face.

Que nenni : en prenant la parole sur la très écoutée, suivie, chaîne de télé, France 24, Malick Sall a finalement réussi le grand chelem, comme disent les amateurs de tennis, en «versant le visage du Sénégal », pour parodier le fleuri jargon des Ivoiriens.

En un mot, il a fait honte, déshonoré, humilié, rapetissé, la nation sénégalaise, son présent et son passé, en s’emmêlant les pinceaux comme jamais avant lui quiconque d’autre, malgré une cohorte de médiocres dans ses rangs, la classe politique sénégalaise n’en a été capable.

L’audience, scotchée sur l’écran de la chaîne française, n’en pouvait plus. Son sang était glacé. Par la torture que lui appliquait le blablateur désorienté, sans répondant.

Elle n’avait qu’une seule envie : se mettre sous terre, se faire enterrer, devenir sourd pour ne plus entendre les inepties qu’il débitait à une vitesse supersonique.

Le spectacle était triste. Il fallait le voir tenter d’abord de charmer son intervieweuse avec des formules du genre «chère Madame» ou encore «ça ne vous a pas échappé» mais rien n’y faisait la mayonnaise de la ruse ne parvenait pas à masquer son impéritie, son inculture, ses limites.

Ses approximations furent telles que seuls quelques accents de vérité, involontaires, parurent susceptibles de le sauver, notamment quand il admit que les gens en avaient ras-le-bol. Un ange passa.

Alentour, on se servit en arachide grillée pour pallier l’absence de popcorns sous ces cieux.

Puis, patatras, dans ses godasses qui écrasaient ses neurones, Milouche, tonalité Mbidouesque dans u français abracadabrantesque revint à la charge, pour s’achever, se faire hara-kiri, et foudroyer son camp.

Expliquez-nous la situation tendue qui prévaut au Sénégal, lui glisse, perfide, la journaliste. «Vous savez», avance sans recul le faussaire du barreau Londonien, «il y a eu des manifestations pareilles e Espagne où un rappeur a pourtant fait l’apologie du terrorisme».

Quelle fertilité d’in-imagination! Et ce n’était que le début d’une longue chaîne de bêtises.

Le plus cocasse était à venir. Puisque doctement, enfilant sa robe de faux sociologue, Milk, le vendeur d’épices, se déchaîna pour affirmer, avec des mots pesés, comme pour impressionner son monde que toutes ces foules qui déferlaient à travers le Sénégal et sa Diaspora ne le faisaient pas au nom d’une défense de la démocratie et des libertés ou encore d’une meilleure gouvernance, surement pas d’une revendication à un mieux-être autant de droits pourtant contenus dans la charte de l’Organisation des nations-unies (ONU) et de la Constitution du Sénégal.

NON, non et non, ces manifestants, affrontant à mains nues la soldatesque meurtrière d’un pouvoir sanguinaire devenu fou, n’étaient dehors, selon Malick Sall, que parce que, eurêka, ils étaient des chômeurs, des lutteurs et des gens ayant besoin de contact, parce que victimes des conséquences de la pandémie de COVID.

Passons sur les élucubrations suivantes de celui qui passe pour le porte-voix de l’homosexualisation du Sénégal, à travers ce qu’il appelle «Gouvernement Ouvert».

En réalité, toute la calamité en lui n’a cessé de monter en gammes pendant l’interview et, au final, perdu dans ses explications macro-économiques biscornues sur le Sénégal qui a échappé à la récession, le naufragé de Dianthiady, son village natal, était si profondément dans les eaux que son intervieweuse n’a dû son propre salut qu’en fuyant le débat, pour ne plus entendre, comme son public, que cette voix qui disparaissait dans les ténèbres. De la honte.

«Sacrément nul, ce type», résume un professeur de lettres.

La journée du 8 mars 2021 restera assurément dans les annales du Sénégal. Pour diverses raisons: autant par le triomphe de la révolte populaire, le communiqué mi-figue mi-raisin des pays Européens, l’exposition-capitulation du boucher de Dakar que par le naufrage d’un Malick Sall, explosé à la face du monde.

Je comprends mieux pourquoi, avec son patron, il avait tant voulu que je sois enfermé dans une prison pour ne plus subir l’éclat de mes lumières intellectuelles et conceptuelle au nom de la jalousie qui travaille le gang de pieds-nickelés qu’ils sont.

Adama Gaye est un exilé politique Sénégalais, auteur de : Otage d’un Etat (Editions l’Harmattan, Paris).

J’exige d’être rétabli dans mes droits, y compris au moyen d’une légitime compensation et d’une garantie, par la communauté internationale et le peuple sénégalais, de ma liberté de pensée et de ma sécurité.

Je n’ai aucun respect pour les brigands illégitimes qui mal-gouvernent notre pays.