Investissements, vaccins, dettes,… France des gages : Franck Riester : «La France n’a pas honte de sa présence au Sénégal»




En dépit des attaques dont elle ne cesse de faire l’objet du fait de certains milieux activistes, la France n’entend pas céder d’un pouce sur ses relations avec des pays comme le Sénégal. Au contraire, Frank Riester assure que la France sera davantage présente au Sénégal.

Le ministre délégué de la France, chargé du Commerce extérieur et de l’attractivité, Frank Riester, ne pouvait être insensible à l’état des relations multiformes entre la France et le Sénégal. Il considère que ces relations sont au beau fixe, tant sur le plan institutionnel que sur le plan économique et commercial. La France demeure le premier partenaire commercial du Sénégal et le Président Emmanuel Macron travaille à renforcer et développer cette position, assure-t-il. Les investissements français au Sénégal seront augmentés et la France va poursuivre cette dynamique de partenariat. Au cours d’un déjeûner hier, juste avant son départ de Dakar, Frank Riester s’est félicité des réalisations de la France, notamment du Train express régional (Ter) et la dernière génération d’hôpitaux que le Président Macky Sall a inaugurés le week-end dernier.
Tous ces ouvrages ont été réalisés, en totalité ou en partie, sur des investissements français et par des entreprises françaises. Mais le plus important pour Frank Riester reste que les ouvrages livrés sont de grande qualité, car «ce qui a été réalisé au Sénégal est conforme à ce qui se fait de meilleur à travers le monde». Aussi, se félicite-t-il, « la France exhorte à faire les choses dans le respect des standards et des bonnes pratiques». C’est dire que la France refuse d’être émue par les attaques contre des enseignes commerciales de marque française comme lors des émeutes populaires des 6, 7 et 8 mars 2021.
La perception que la présence française serait menacée dans un pays comme le Sénégal lui paraît fausse. Plus que jamais, la France et le Sénégal vont cheminer ensemble et son pays ne «laissera la place à qui que ce soit». En effet, la France et les entreprises françaises ne nourrissent aucun complexe pour leur présence au Sénégal. «Notre présence ne saurait être honteuse», insiste le ministre.
Frank Riester se réjouit que depuis 2017, le Président Macron multiplie les initiatives pour impulser le partenariat entre la France et les pays africains. Pour en convaincre, il invoque son expérience d’ancien ministre de la Culture (2018-2020), qui lui a permis de travailler avec le Président Macron sur le difficile dossier de la restitution des biens culturels pris à l’Afrique.

La production de vaccins Covid-19 au Sénégal prend forme
Frank Riester a confié que la France va accorder au Sénégal un important don de vaccins anti Covid-19 dont un premier lot de 184 mille doses sera réceptionné le 3 juin 2021. De manière globale, la France prévoit de soutenir l’initiative Covax, avec une contribution de 30 millions de doses de vaccin Covid-19 au profit de l’Afrique. Mieux, au cours de ses discussions avec les autorités sénégalaises, M. Riester estime avoir fait avancer le projet de production industrielle de vaccins au Sénégal, comme l’avait du reste souhaité le Président Macky Sall. «Nous entendons positionner le Séné­gal en Afrique dans ce domaine, en nous appuyant par exemple sur l’Institut Pasteur de Dakar», explique-t-il.
La France s’évertue également à appuyer les jeunes entrepreneurs sénégalais qui investissent des secteurs porteurs de valeur ajoutée comme dans le domaine des activités numériques.
M. Riester a ainsi rendu une visite «très prometteuse» à la Délégation pour l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (Der/Fj), à l’occasion de laquelle il a eu des entretiens avec de jeunes porteurs de projets.

«Régler la question de la dette au cas par cas»
Frank Riester dit avoir discuté avec Amadou Hott, ministre sénégalais de l’Economie et du plan, des conditions de relance de l’économie sénégalaise post Covid-19. Le soutien de la France ne fera pas défaut. Aussi, la question du traitement de la dette a occupé leurs discussions. Dans la foulée du Sommet, organisé le mois dernier à Paris par le Président Emmanuel Macron, au chevet des économies des pays africains durement malmenées par la pandémie du Covid-19, la France entend poursuivre son plaidoyer pour l’allègement de la dette africaine. Le Président Macron a été le premier chef d’Etat d’un pays développé à appuyer l’initiative du Président Macky Sall, appelant à l’annulation de la dette des pays pauvres. Il reste que la France considère, par la voix de Frank Riester, qu’il faudrait que «cette question soit réglée au cas par cas et que tous les partenaires jouent le jeu».

La France n’entend pas renoncer à sa doctrine de la formation des élites
La France voudrait être intransigeante face aux velléités expansionnistes et de déstabilisation en Afrique, entreprises par un pays comme la Russie. «Nous avons à discuter davantage avec la Russie, aussi bien pour son rôle en Europe que sur ses actions en Afrique. La France reste préoccupée par des opérations qui peuvent déstabiliser des pays, et surtout compromettre la sécurité mondiale.» La France s’aligne sur les positions exprimées par la Cedeao au sujet de la situation de crise politique et institutionnelle au Mali. A la question de savoir si la France ne pourrait pas regretter d’avoir en quelque sorte abandonné le terrain africain à d’autres puissances, quand on en juge par le fait que toute l’élite militaire membre de la junte malienne a été formée en Russie, Frank Riester admet que «la France doit davantage marquer de sa présence dans le domaine de la formation des élites». L’ambassadeur de France, Philippe Lalliot, de renchérir, indiquant que la France n’a pas baissé la garde du tout : «Dans le domaine de la formation militaire avec le Sénégal, nous avons un partenariat qu’il faudrait sans doute renforcer. Mais aussi dans d’autres domaines de formation technique et professionnelle ainsi que de la formation universitaire, la France est en train de développer des initiatives dans le cadre de Campus France notamment.» De nombreuses initiatives sont aussi engagées dans la formation sportive, avec des centres de formation installés au Sénégal par des clubs de football français.

Par Madiambal DIAGNE –




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