La chute de la case Macky




La chute de la case Macky
Par Adama Gaye*

La nouvelle Amérique arrive, signe d’un retour tonitruant, qui s’exprime à…Dakar.

Le lâchage du Président sénégalais, Macky Sall, et sa bande de criminels, corrompus et conspirateurs, est, peut-être, le premier marqueur de la nouvelle posture diplomatique de Washington en direction du reste du monde, sous le leadership de Joe Biden, celui qui a pris les rênes du plus grand pays au monde, voici trois mois.

Quand, sur les bancs de l’université du Maryland, non loin de Washington, j’ai appris les rudiments et le mode de formulation de la politique étrangère américaine, il y a des années, grâce aux enseignements de lumières aussi savantes que l’ancien Directeur de la CIA, l’Amiral Stansfield Turner, le grand diplomate Warren Zimmerman, et l’un des plus grands experts de la présidence américaine, l’universitaire Ian McDestler, l’une des leçons que j’en ai tirées est que les décisions émanant du coeur de son pouvoir ne sont jamais banales.

Elles ne sont jamais prises à la légère mais le fruit d’un processus mûrement structuré impliquant les diverses strates du gouvernement, via des interactions interministérielles, associant, dans une approche holistique, les différentes branches de l’Administration.

Elles sont mitonnées soigneusement à travers les structures qui fondent le socle du pouvoir américain: du Trésor à la Cia, du Département du Commerce à celui de l’Agriculture, du Congrès au Conseil national de sécurité, jusqu’au secteur privé, sans oublier son architecture diplomatique.

Que les Etats-Unis décident, dans un souffle, de ne pas inviter le Président Sénégalais à la première grande rencontre qu’ils organisent, ce mois d’Avril, autour de l’un des grands enjeux du 2Ième siècle, à savoir le défi climatique, puis le clouent au pilori dans un rapport du Département d’Etat, étaient déjà assez symboliques de ce que Washington pense du Sénégal sous le régime qui le mal-gouverne actuellement.

Comment s’étonner dès lors qu’elle lui ait asséné un coup fatal par un feu epistolaire sans précédent en profitant de ce qui devait être un message d’amitié des USA à notre pays qui fêtait, il y a deux jours, l’anniversaire de son accession à l’indépendance.

Ce fut, en lieu et place, une historique baffe magistrale. Non seulement, la missive n’a pas été écrite par le Président américain, Biden, à celui qui est sensé être son homologue, mais dans un souci de montrer à quel point il est dégradé sur les bords du Potomac, ce fleuve langoureux qui berce les contours de Washington, c’est au Chef de la diplomatie que le projet fut confié.

Les exégètes de la politique étrangère américaine pourrait un peu trop vite y voir le signe d’un retour en grâce de Foggy Bottom, le siège des services de la diplomatie américaine.

Ce n’est cependant pas que cela. C’est simplement l’expression du rejet par l’Amérique, dans une attitude de mépris, des pratiques qu’elle sait maintentant concernant le Sénégal. CommenT s’en étonner à la lumière des récentes tueries extrajudiciaires perpétrées en plein jour, armes à la main, par les milices officielles et privées au service de Macky Sall, sans compter ses abus de droit, ses crimes économiques et financiers, formant un ensemble d’activités criminelles qu’aucun observateur ou souverain ne peut plus ignorer.

Le message, non une lettre de félicitations, tranche par son insistance à rappeler qu’elle est destinée au peuple Sénégalais, en plus de s’appuyer sur le pays qui en est une émanation.

Si l’Amérique adopte une telle posture, vrai coup de pied dans la fourmilière qu’un des ânes de l’émergence dans les rues du Sénégal n’aurait pas renié, c’est qu’elle se refuse de s’associer à la pire gouvernance instaurée par Macky Sall au Sénégal.

Elle sait, par ailleurs, qu’au delà du peuple sénégalais qui en paie directement le prix, les magouilles géopoliticiennes qu’elle permet sont pain bénit pour les nouvelles forces interlopes dont l’Amérique se méfie le plus à l’heure où est venue la nécessité de les contenir pour ne pas perdre la course au leadership planétaire du 21ème siècle.

En leur servant de cheval de Troie sur le continent africain, à des fins vénales, Macky Sall n’est pas que l’alliée vendue, sans foi ni loi, irrespectueux des normes de droit et de transparence, qui fait le sale boulot pour des pays comme la Chine, la Turquie voire les Emirats Arabes Unis….

Usant de son statut, il se fait le promoteur des Frank Timis, par Petrotim interposée, des intérêts des autocraties orientales, qui sont établies de la mer Marmara à la Mer de Chine du Sud, dans l’espoir d’imposer, au delà de leurs territoires internes, un ordre adverse à celui, libéral et néo-libéral, conçu depuis l’Amérique.

En clair, Macky Sall, pour réussir son rêve césarien, s’incrustrer à vie au pouvoir, à force de ruses et de crimes, est prêt à tout, à tuer, incarcérer et piller, en s’adossant aux tenants de la nouvelle alternative; le leadership dictatorial.

Ne nous y trompons donc pas, c’est à une extraordinaire accélération de l’histoire que nous assistons. C’est la lecture qui s’impose avec la décision américaine de pilonner le boucher de Dakar et sa chohorte, à l’arme lourde, dans un langage dépourvu des lourdeurs du jargon diplomatique mais suave par son sens pour mieux souligner sa létalité à qui sait en décrypter la substantifique moelle.

Sans désormais y mettre les formes, le message du patron de la diplomatie américaine au peuple sénégalais se passe de commentaires.

Son but n’est pas que donner un remontant au peuple d’un pays sous le genou d’un méidocre et meurtrier criminel, c’est de s’assurer que la peur va changer de camp, en mettant le feu à la case des brigands où se réfugient Macky Sall et sa bande, les exposant soudain à la perspective d’une fin fatale.

Quiconque est associé aux forfaits en cours au Sénégal sait maintenant à quoi s’en tenir: tous en paieront le prix puisque l’Amérique a montré la voie.

Il ne reste plus aux alliés ou compétiteurs de Washington, qu’il s’agisse de la France, de la Chine, de la Turquie, de l’Union Européeenne, de la Grande Bretagne, de l’Onu, des firmes multinationales comme British Petroleum ou Total et tous les autres, à s’y engouffrer s’ils ne veulent pas perdre leurs âmes et leurs intérets.

Le choix est clair: le peuple Sénégalais et ses droits imprescriptibles ou le gang de bandits réunis autour de Macky Sall.

Nous aurons une mémoire infaillible quand sonnera, bientôt, la victoire finale, la libération de notre peuple et le retour de nos biens volés…

Ps: Je vous avais dit que l’arrestation illégale dont j’ai été l’objet, sous le regard d’un peuple sénégalais prompt à tolérer les méfaits de cet autocrate et ceux de ses acolytes, ne resterait pas impunie.

Adama Gaye* ancien auditeur au US Foreign-policymaking Program de l’Université du Maryland est un exilé et un opposant au régime de Macky Sall.




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