LE MEURTRIER (PAR ADAMA GAYE)




SOS. En ce jour où la musique, douce ou endiablée, résonne partout pour célébrer la journée qui lui est dédiée, un homme a une autre idée, plus sanglante. Sa tenue de chauffe sortie, il contemple les tâches rouges qui la souillent, en se pourléchant les babines. D’un pas pesant, il avance vers cette bête à terre. Ce qu’il voit le fait jouir de tout son être. Surtout de voir que des auxiliaires, à son service ici, sont installés autour de l’animal, ça le plonge dans une infinie extase. L’un lui tient solidement la tête, l’autre, d’une main ferme, lui a tendu le cou. Les derniers enrôlés dans le statut de bouclier du boucher s’assurent que ses pattes ne bougent plus.
Le coutelas qu’il tient est tranchant. Neuf. Depuis des années, il n’a cessé de l’aiguiser. L’heure est maintenant venue de soutirer l’ultime râle de la proie qu’il a fait du Sénégal. C’est un moment qui le fait saliver chaque fois qu’il y pense. Cerise sur le gâteau, sa conclusion viendrait donc parachever ses exploits continus, sur la voie de la destruction, le meurtre, qu’il a entrepris contre le pays.
Evoquons les acquis à son passif :
-il a semé partout misère, pauvreté, chômage, insécurité, fractures sociales et familiales ;
-Aimant recruteur des pires espèces de notre société, c’est un individu sans foi ni loi, un grand voleur, sa seule spécialité par laquelle il masque ses lacunes ;
-il a empoché 7 millions de dollars donnés par Taïwan au Sénégal ;
-il observe, en pourrissement, le train express régional, sa grosse œuvre, symbole du gaspillage de près de deux mille milliards CFA ;
-il fait construire un quai pour y accoster, à Popenguine, la deuxième villa présidentielle, le bateau, nomme le Fatick, qu’il s’est payé, en catimini, pour satisfaire ses goûts de pauvre devenu riche ;
-il a commandé, ni vu, ni connu, un avion de plaisance à Airbus, au coût exorbitant de plus de cent milliards, en ne consultant aucun sénégalais ni le Parlement ;
-il a comploté pour obtenir, l’an dernier une loi d’habilitation, sous prétexte de Covid, afin de filer les marches, sans appels d’offres, à son fils et à ses acolytes, faisant disparaître magiquement des milliards dans leurs poches ;
-il a béni les marchés d’infrastructures, notamment sur les autoroutes, avec l’aide du plus grand escroc, Ibrahima Ndiaye, d’Ageroute, ont été surfactures comme jamais avant dans l’histoire du Sénégal, en particulier l’autoroute IlaTouba passant de 80 milliards à près de 600 milliards principalement partages en rétro-commissions ;
-il a filé à son petit frère, le glouton Aliou, et à son allié, l’apatride Frank Timis, le marché de Petrotim qui prive le Sénégal d’une grande part de ses hydrocarbures ;
-il a multiplié les marches odieux, offrant les terres à ses alliés, comme Mar Thiam de Getran ou Omar Sow de CSE, sans compter tous les autres affairistes (de Mamour Diallo-94 milliards à Mame Mbaye Niang-Prodac ou ses anciens complices de crimes, Baidy Ndiaye, Delco Samb, et d’autres encore) qui, se disant patrons, prospèrent sous son aisselle pour l’accompagner dans son projet de captation du pays ;
-il a tué la démocratie ;
-il a tué les libertés ;
-il a annihilé l’armée, la justice, la presse, sous son genou ;
-il a inventé les nervis pour assassiner les citoyens sénégalais, désarmés, avec la couverture active des forces de défense et de sécurité criminalisées ;
-il a installé la division ethnique avant que le peuple, soudain, du Fouta au Baol, du Cayor au Niani ne se révolte pour lui dire, dans une unité retrouvée : TAMPI….
La musique monte ce jour, et il est tout émoustillé. L’idée de planter cette dague qu’il brandit en s’approchant de la bête affalée monte comme l’adrénaline de la musique qui s’empare des cœurs.
Le cou de la bête l’attend, sans défense. Sa tenue de boucher est raide. Il s’est courbé. Sa main droite ne tremble pas, qui avance, tout droit vers son point de mire, ce cou promis à un destin fatal…
Macky Sall, le boucher de Dakar, est proche de l’orgasme. Le sang qui va gicler, c’est ça son bonheur suprême.
Il est grand temps de voler au secours du Sénégal. Les circonstances, malgré les apparences, sont favorables. Ne restent plus autour du boucher que les derniers mercenaires de la plume ou des muscles, incapables de lui garantir une survie à court terme, malgré leur volonté de rassurer celui qui n’est rien d’autre que leur propre animal, dont ils comptent se servir jusqu’à son propre affaissement.
Sénégalais, nous sommes la force. Le peuple est souverain. La nation compte sur lui. Montons au créneau pour empêcher l’irréparable en passe de se produire.
Le meurtrier, en proie au doute, se gratte la tête, dans un geste maçonnique, pour appeler au secours…C’est lui, ou nous.

En pleine tourmente au Fouta, pendant que les violences se deploient, par ce signe maçonnique, il se gratte la tête pour appeler au secours, les nervis ou ses frères maçons. Cet homme est dangereux, il faut l’arrêter…

Adama Gaye