Médiation apaisante…




L’immunité parlementaire du député Ousmane Sonko bientôt levée ? On devrait pouvoir répondre par l’affirmative si l’on sait qu’un tel acte est une suite logique de tous les autres posés par l’Assemblée nationale depuis le début de cette affaire. En dépit des protestations des députés de l’opposition, notamment de la démission retentissante de Cheikh Bamba Dièye et de Moustapha Guirassy du comité ad hoc, la majorité semble être déterminée à aller jusqu’au bout. En séance plénière ce vendredi, les parlementaires devraient “livrer” leur collègue à la Justice.

Positivons. Une piste sérieuse, lueur d’espoir au cœur de ce sale temps : l’entrée en action de médiateurs qui doivent donner plus de précisions à leur initiative demain, comme nous l’annoncions dans notre édition d’hier. Comment procéder en pareilles circonstances ? Le retrait de la plainte de la présumée victime pourrait être envisagée. Une forte possibilité si l’on se fie à ceux qui pensent qu’Adji Raby Sarr est, avant tout, victime de sa vulnérabilité. Le cas échéant, la poursuite ou non de l’action dépendra ainsi des autorités judiciaires, sous tutelle de l’Exécutif. Le président de la République, qui a martelé qu’il n’est en rien lié à cette “affaire si basse”, ne devrait avoir aucune influence négative sur une initiative qui a pour objectif de faire baisser la tension si vive dans un contexte lourd de tous les drames sanitaires, économiques et sociaux.

En soutenant froidement, le 31 décembre dernier, que l’arrestation de certaines personnalités de grande envergure pourrait engendrer de fortes perturbations, Macky Sall ne pensait certainement pas à Sonko accusé de viol avec violences dans un banal salon de massage. Les accusations de viol peu ordinaires, la personnalité de la victime présumée, certains faits intrigants, des coïncidences troublantes, ont participé à semer le doute dans une grande frange de l’opinion qui partage avec le présumé bourreau l’idée d’un complot mal ficelé.

Si une bonne partie de la Société civile, des universitaires, des “identités remarquables”, s’érigent en boucliers d’un Etat de droit qu’ils pensent affaibli, c’est à cause d’une perception fort partagée selon laquelle Sall est dans sa logique de “réduire l’opposition à sa plus simple expression”. Et les perceptions sont tenaces. Même si elles peuvent ne pas refléter la réalité, elles sont inhérentes à des précédents.

Ce dossier qui alimente la chronique depuis plusieurs jours dans notre pays et ailleurs renferme des complexités profondes et dépasse donc “une simple affaire privée”. Jamra, Abbé Jacques Seck, Imam Youssoufa Sarr et tous les autres pourraient jouer une partition d’apaisement. En ces temps si durs, en ce moment si explosif, tous les moyens sont bons pour la paix et la stabilité. Oui la paix…justifie les moyens. Aujourd’hui plus que jamais.
Mim Reew