Pression, intelligence, discrédit…




L’ activiste Karim Xrum Xax est libéré. Le syndicaliste Dame Mbodj aussi. Aux avant-postes du combat contre le pouvoir dans l’affaire de viol qui secoue le pays, M. Mbodj s’est singularisé dans la défense d’Ousmane Sonko par des sorties médiatiques fort suivies. Son arrestation samedi à la Place de l’Indépendance a donné une autre tournure à cette histoire, notamment avec le soutien de son syndicat et d’une autre plate-forme, le G20 qui a annoncé du coup une grève générale.

En le libérant, l’État a sans nul doute réalisé qu’une jonction des forces syndicales pourrait être difficile à gérer dans un contexte de contestations multiples. La situation a été manifestement analysée à sa juste mesure. Dame Mbodj sort naturellement ragaillardi de cette “épreuve”. Une aubaine pour un acteur qui a pour ambition de peser dans l’espace public. Des étudiants ont aussi recouvré la liberté. Leurs camarades avaient menacé de “passer à la vitesse supérieure”. Des décisions qui montrent que l’État sait aussi faire usage d’intelligence en lieu et place de la violence.

Et les autres ? Ousmane Sonko est convoqué demain mercredi aux premières heures de la matinée. Sauf retournement, il ne répondra pas au juge du deuxième cabinet, Mamadou Seck qu’il récuse avec véhémence. La suite des évènements dépendra des autorités aux premiers rangs desquels se trouve le président de la République. Car il est évident que le système est tel que c’est lui-même qui dicte sa loi à la Justice. Le Judiciaire est sous la tutelle de l’Exécutif.

Un paradoxe rappelé par Macky Sall le 31 décembre dernier au cours d’une rencontre avec la presse au Palais. Une situation qui conforte Sonko et tous ceux qui sont convaincus qu’il y a, en réalité, une parodie de justice sous nos tropiques. Décidément, c’est en pareilles circonstances qu’on se rend compte qu’une justice vraiment indépendante est le pilier de la démocratie. Ce discrédit à l’encontre de ce pouvoir édenté est source de plusieurs dysfonctionnements. Il nous a mis dans ce climat invivable. Délétère
Miim Reew