SENEGAL/PRESOMPTION D’IMPUNITE : LES VIOLENCES VOLCANIQUES POLICIÈRES ET LES CRIMES MASSIFS PAR BALLES SONT-ILS SOURCE DE PÉDAGOGIE ? PAR AHMADOU DIOP CPC.




Rappel des faits. Le jeudi, 31 janvier 2012,  et à quelques encablures de la présidentielle, la  Grande Manifestation déclenchée par le  M23 à la Place de l’Obélisque constituait un point de ralliement et de convergence contre  le 3 ÈME MANDAT ILLEGALE de Wade 2012,  avait  créé  une levée de bouclier, à l’époque des faits établis, l’indignation  et  la colère  populaire  généralisée à l’échelle nationale.

 Malheureusement,  l’étudiant Mamadou Diop a été tué par un char de la police. Macky Sall, candidat à la présidentielle, sous l’habillage d’un démocrate imaginaire,  qui était présent lors de cette manifestation, menaçait même  de  porter plainte au Conseil de sécurité de l’ONU – n’était pas le seul- au contraire,  il y avait eu également la présence bien distinguée  du  célèbre richissime Gérontocrate Moustapha Niasse en chair et en os,- des postes de nominations tansabulanex- avec sa tenue vestimentaire, saharienne,- tenant à ciel ouvert  une pierre à la main- a quand même bien  brouté et mangé  dans tous les râteliers, y compris toute la galaxie encordée de l’opposition réunie, unie comme un seul homme.

Tout ce beau monde, dans un brouhaha indescriptible, dénonçait  à cor et à cris,  de façon intelligible,  ce qu’il appelait  avec euphémisme, un coup de force, voire une véritable forfaiture inacceptable et un déni de démocratie. La suite est connue.  La  grandiloquence médiatico-politique, emphatique,  en bandoulière, endogène et  exogène,  toute en jointure,  et à grand renforts de publicités mensongères était très audible à l’échelle planétaire internationale, au point que  le diable, masqué, ou  le  larron de la rhétorique abracadabrantesque, l’arbre, qui cachait la foret,  fut  peint faussement  sous les  défroques victimaires des leurres,  a été  élu facilement   au deuxième tour, le quatrième président de la république du Sénégal,  et  à hauteur de 65% au suffrage universaliste,  au  triste soir regrettable, historique, célébrissime,  du  25 mars 2012,  et ce, dans des conditions totalement exceptionnelle et  inédites.

  Depuis lors, beaucoup d’eau, hélas, a coulé sous les ponts, car la misère  sociale, galopante et le chômage chronique, vont  de plus en pis, qu’ils ne l’étaient sous d’autres cieux, malgré les récurrents taux de croissance à deux chiffres, n’ont jamais reflété la réalité sur le terrain du crime, puisqu’ils sont mécaniquement  bidouillés, ici ou là, pour faire beau et tromper durablement les  citoyens, présumés oublieux. Malheureusement, en Afrique, comme toujours, les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient. L’euphorie populaire sera de courte durée. «  La patrie avant le parti », un simple slogan  creux d’une coquille vide ; la rupture sobre, vertueuse, transparente et efficiente, tant  promise s’effiloche peu à peu,  au fur et à mesure que le temps passe, et  place à la chronique  des  désenchantements, aux désillusions, aux désespoirs s’annoncent, que rien absolument n’a véritablement changé d’un iota.  Macky Sall nous gouverne et  nos ennuis commencent ! Et pour cause.

 Et les  populations enfarinées,  grugées,  lassées et laissées  pour compte sur le quai, manquent de tout et les soins de santé les plus élémentaires, trinquent et trépassent pour leur grade, paient un lourd  tribut. Car les interdictions burlesques, grotesques,  tous azimuts,  auxquels s’y greffent inexorablement  les arrestations massives  arbitraires  et de la tyrannie,  en particulier,  le label de la traque des biens mal acquis  à sens unique et à  géométrie variable et à double standard, selon la tète des clients dociles au bon et mauvais endroit,  se corsent de plus en plus à ciel ouvert du matin au soir et un rythme effréné, dans lequel le tout répressif sévit. Et ce n’est pas tout.    L’espoir de tout un peuple s’évanouit, tel un château de carte. Le dictateur clinquant, le mondant mortifère, le tonnant en campagne électorale, décousue, désuète, plastronne, et fulmine, comme d’habitude « nous sommes et restons dans le temps de l’action »,  qui nous avait promis «  la bonne marchandise », le paradis sur terre et la bonne gouvernance,  l’éthique et l’équité, se transforme radicalement  en vrille débridée, fait volte-face, nous promet dores et déjà,  du sang,  de la sueur,  l’enfer et des larmes torrentielles de rivière, et ce,  sans état d’âme, fait parler  les armes,  qui  passent avant tout, et  ouvrent le bal macabre à ciel ouvert, et  à l’université CHEIKH ANTA DIOP[ UCAD], le 14 août 2014.

Malgré les appels incessants des étudiants de l’université Cheikh Anta Diop, qui n’ont jamais cessé de réclamer orbi et urbi  le paiement immédiat de leurs bourses, les forces de l’ordre n’ont d’autres choses à faire que d’agir violemment et de façon disproportionnée, ayant conduit à la mort de l’étudiant Bassirou Faye, suite à ses blessures et  à balles réelles.

Selon les conclusions de l’autopsie confiée au professeur Victorino Mendes, l’étudiant Bassirou Faye est décédé suite à « un traumatisme crânien avec fracture et hémorragie interne et externe, survenus à la suite de coups et blessures par arme à feu ».   À  l’époque des faits,  Macky Sall,   se trouvait  toujours en escapades permanentes à Paris, où il a  élu domicile et payé des impôts, parlait avant l’heure, d’infiltrations,  en accusant  entre les lignes, le PDS,  se contentait à bras raccourci  de présenter ses condoléances à la famille éplorée  de  l’étudiant, Bassirou Faye,  est tombé sous les balles de la police déchaînée,  a eu une fois de plus la gâchettes facile, tire à vue   pour un oui et pour non,  et sous n’importe quel prétexte bidon et l’autel d’une légitime défense imaginaire.

Il n’y a jamais eu  d’enquête véritable  sur les morts qui ne se comptent plus. Semble-t-il,   on oriente les sénégalais dans le sens voulu, en  se focalisant sur le leader Pastef pour l’abattre, et à l’instar de Karim Wade et Khalifa, dont le moins que l’on dire, n’ont pas encore dit leurs derniers mots.  Qui vivra, verra !

Sénégal : le président Macky Sall réélu dès le premier tour - Le Parisien

 Alors, le très bavard autocrate , qui excelle davantage par ses coups tordus et par ses ratonnades impulsives, en cascades, est  le principal  commanditaire comploteur de ce qu’il est convenu d’appeler, désormais  l’Affaire d’état /ADji Sarr, veut cacher à tout prix  et  blanchir et laver à grande eau et à bras raccourci ,  les morts par balles réelles à la pelle de sa police  ( 13 victimes au mois de mars dernier ) , y compris  la liste macabre incommensurable  dans les commissariats et prisons, dont Abdou Faye ( ndlr Guiy Marius Sagna).   Bassirou Faye, Fallou Sène, Fatou Matar Ndiaye etc. C’est bizarre et suspect ! Les victimes sont-elles devenues des agneaux du sacrifice, ou des offrandes mystiques ?  Tout est possible, car tout y est, n’est –ce pas ?

Par ailleurs, comme le savez sans doute, selon une certaine presse occidentale, bien renseignée,  à la suite de la guerre antidrogue aux Philippines, la procureure de la Cour Pénale Internationale ( CPI) a annoncé lundi avoir demandé  l’ouverture d’une enquête sur des milliers de meurtres qui auraient été commis aux Philippines dans le cadre déclarée à la drogue par le gouvernement, constituant de possibles « crimes contre l’humanité ».

 Toute chose est égale par ailleurs.  Car ici, aussi chez nous au Sénégal,   fait partie du statut de Rome (le 17 juillet 1998),  mais  les   morts par balles   par  qui  ne sont jamais élucidés, commencent à faire beaucoup. Tous les crimes se valent. Il n’y a jamais eu de coupables désignés à la place publique, mais rien que des  familles qui pleurent  leurs victimes.