Sommet Afrique-France : C’est quoi ce cinéma ?




Le Président français, Emmanuel Macron, a réuni, ce 08 septembre, la ‘’société civile’’ africaine, notamment les jeunes pour discuter, d’une manière qui s’est voulue ‘’franche’’, de la coopération entre ce pays et les nations africaines.

Aidé en cela par des intellectuels africains, comme Achille Mbembé, beaucoup critiqué par des intellectuels africains, le sommet a tout de même permis au Président français d’écouter les idées, suggestions et parfois diatribes de jeunes Africains dont certains n’ont pas mâché leurs mots.
Il est ressorti de ce sommet un échange osé et inhabituel, mais aussi la résolution de la France de dégager des fonds pour aider à l’avancée de la démocratie en Afrique.

Mais, tout cela nous a semblé folklorique, théâtral, à la limite, insolite.
Car, on se demande comment quelqu’un peut se permettre, sans demander la permission de ses parents, d’inviter et de parler avec les enfants du voisin, soi-disant, pour bien faire ?

Macron peut-il inviter la jeunesse américaine ou chinoise ? C’est impensable. Pourtant, actuellement, avec les sous-marins australiens, les relations ne sont pas au beau fixe avec les Etats-Unis, alors qu’ils ont des liens culturels, historiques, politiques, économiques, etc. Tout comme avec nous.
Ce qui se passe, c’est que les autorités françaises qui ont senti le vent tourner, les choses évoluer et se développer un sentiment anti-français en Afrique, ont voulu prendre les choses en main en s’attaquant au ‘’mal’’, la jeunesse.

Montpellier a été une opération de charme à l’endroit de la jeunesse africaine. Il s’agissait de dire qu’avec les leaders politiques aux commandes, la France peut être arrogante, comme actuellement avec les autorités maliennes, mais pas avec la jeunesse.
Parce qu’elle sait, l’ancienne puissance colonisatrice, que c’est cette jeunesse qui mène les contestations et que c’est elle l’avenir de ces relations de demain qu’il faudra préparer dès aujourd’hui.
La sincérité voulue, le semblant de sérieux affiché, l’oreille tendue, la modestie, tout cela, c’est juste dans le souci de séduire pour mieux convaincre et donc mieux dominer.

Ce qui reste constant, c’est que la France est toujours dans une dynamique de tutelle. Elle ne veut pas lâcher du lest.
Or, le bras de fer avec les autorités maliennes, l’Algérie et les contestations au Rwanda, sont symptomatiques d’une aube nouvelle qui traduit les ambitions d’un continent désireux de prendre en main son propre destin.
C’est pour cela que la France prend les devants pour ‘’commercer’’ avec les sociétés civiles africaines. Mais, le danger, c’est qu’elle foule du pied les conventions diplomatiques élémentaires, en ne demandant pas l’avis et même l’aval des autorités compétentes.
Elle se donne des droits et se comporte, encore, comme un super Etat au-dessus des Etats africains.
Or, la France n’est pas un Etat fédéral africain. Et pourtant, le sommet n’a fait que refléter le contraire.
Car, aucune autre jeunesse au monde ne sera ainsi ‘’convoquée’’ soi-disant pour discuter. Cela ne se passe que pour celle d’Etats que l’on sait être dans une forme de dépendance.

Et c’est cela qui fausse le jeu. Les sommets France-Afrique ne donnent pas grand-chose pour le continent qui, depuis plus de 60 ans, ne cesse de croupir dans la dépendance, donc la misère.
Alors, le mieux, c’est de commencer à traiter les pays africains avec respect, c’est-à-dire avec égalité. C’est seulement de cette façon que peuples africains et français dépollueront leurs relations teintées de toutes sortes de vices avec, en toile de fond, le désir de l’ancienne puissance coloniale, de jouer au tuteur.
En clair, ce que la

France doit comprendre, c’est que ces jeunes africains ont envie de voir leurs dirigeants et leurs pays respectés par tous. Et pour ce faire, la France ne doit pas se comporter comme si c’était un Etat fédéral des Etats africains.
Montpellier a été du cinéma, une scène de comédie où chacun a essayé de jouer son rôle. A la perfection.
Mais, nous doutons que cela ne fasse bouger les choses dans le sens du changement de paradigme de nos rapports avec l’ancienne métropole. Parce que la volonté réelle n’y est pas.

Assane Samb




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