Sus au Boucher de Dakar… Par Adama Gaye




Sus au Boucher de Dakar…
Par Adama Gaye*

Alléluia…Les Sénégalais ont arraché, de haute lutte, à un Macky Sall évanescent, en chute libre, le droit de marquer massivement, en ce jour symbolique, le rejet qu’il inspire à tous ou presque à travers le pays, en étant celui qui est la cause des intenables souffrances qu’ils vivent sous son genou.
Il s’est enfin résolu, la mort dans l’âme, à comprendre qu’il ne pourra pas mener à terme ses plans de tyranneau de village, nourrissant des rêves fous de monarchisation du pouvoir d’Etat à son profit.
C’est dire que la décision de laisser les forces qui s’opposent à lui manifester contre son imperium n’a pas été prise de gaité de cœur. C’est un rapport de forces déployé par un peuple, qui lève la tête, qui l’a imposée. Déparé de ses plumes, pharaon-nu, son trône arrachée, sa verve éteinte, le voici maintenant en passe d’être réduit à un statut de boucher désœuvré, ne sachant plus quoi faire de ses nervis physiques et plumitifs, ni de ses haches et coupe-coupe qui le rendent indigne, alors qu’il voit, inévitable, sa déchéance, imminente, l’engloutir.
En réalité, quiconque regarde de plus près les symboles qui s’affichent sur le Sénégal, à son réveil, ce matin, n’aurait aucune peine à décrypter les signes avant-coureurs qui en émanent, et qui sont encore plus forts que l’autorisation obtenue par les manifestants ayant décidé de se réunir sur un terrain Dakarois pour faire le procès d’un pouvoir politique devenu crapuleux, en fin de cycle de vie.
Partout, aussi bien de la capitale qu’à l’intérieur du pays, dans sa diaspora, sur les medias classiques et sur la toile de l’internet, il n’est pas de sénégalais, sauf à être militant du ventrisme accroché aux restes putrides d’un banquet public ayant tourné, qui ne soit enthousiaste à l’idée de participer, à sa manière, à l’entreprise de déchiquetage de son bilan mensonger et maladroit, incapable de cacher sa faillite totale. Dont la dernière manifestation a consisté à nommer, hier, un centre de données en DATAcenter, preuve d’un décalage effroyable avec toutes les réalités sociologiques du pays, au milieu d’une banqueroute célébrée au son du cygne.
Seul bémol, pour Macky Sall et les siens, les derniers de son équipée, désormais à la dérive, on ne dira pas qu’ils n’ont pas tenté un final baroud de déshonneur. Puisque les mêmes grenouilles, complétées par de nouvelles dames de compagnie, gesticulent, sans direction, comme un coq dont la tête vient d’être coupée. C’est ainsi qu’ils ont tout fait, jetant dans la bataille leurs dérisoires ultimes forces, leur manque de crédibilité et de compétence, pour empêcher que ce moment de célébration d’un grand imaginaire de notre démocratie ne puisse se produire.

L’un a fait appel aux…préfets ; l’autre a essayé de se servir de la marque du Khalife des mourides, et d’autres ont magouillé pour organiser, à la Charles Pasqua et son service d’action civique (SAC), de triste mémoire, actionné pour inverser la dynamique du Mouvement de Mai 1968, une contre-manifestation, sur les conseils de communicants, dans le vain espoir de bénéficier des retombées intangibles de notre jour de sursaut démocratique : le 23 Juin.

Si le Généralissime De Gaulle dût, dès 1969, s’effacer, son autorité morale passablement écornée par le rejet d’un référendum qu’il avait convoqué pour tester sa popularité, cette année-là, nul ne doit douter que Macky Sall, l’homme le plus impopulaire dans l’histoire du Sénégal, ne peut guère échapper à cette planche savonneuse qui est son nouveau destin. Plus dure sera sa chute, fatale…
Ce n’est pas étonnant qu’il couvre ses rares défenseurs à sortir leurs dernières cartouches pour le sauver. C’est à ce genre de déploiement d’une stratégie de désespoir qu’on peut véritablement mesurer le niveau de décrépitude du pouvoir actuel, illégitime, qui vit ses dernières heures au Sénégal, n’ayant plus comme ressorts que des micmacs et gesticulations aussi infantiles que comiques pour gagner quelques moments additionnels de respiration.
Les faits parlent. Ses nervis et leurs recruteurs, qui croyaient instaurer un régime de peur dans la population, ont la frousse de leur vie : filmés, démasques, identifiés, tracés, ils sont bons pour une justice internationale, en quête de nouveaux clients, sans compter la loi du talion au-dessus de leurs têtes, dans leur proximité et sur les lieux où ils pensaient pouvoir opérer sereinement, en maîtres, contre les populations.
La débandade du régime prend aussi d’autres formes inattendues. C’est ainsi que l’inauguration du Datacenter, nom rebutant dans un Sénégal où il renvoie selon sa signification en langue locale au sexe plutôt qu’à la souveraineté de données qu’il était censé projeter, s’est terminée en un désastre de relations publiques. Ce n’est pas une surprise pour un pouvoir qui a inauguré son existence par des gaffes, dont le coup de départ le plus tonitruant fut donné par le scandale inoubliable de Petrotim ouvrant la voie au bradage des ressources du pays, appel d’air à tous les criminels corrompus qui ont compris qu’ils seraient à l’aise en rejoignant le gang que, par un de ces tours navrants qu’elle sait jouer, la démocratie a imposé aux Sénégalais, qui l’ont enfanté par un vote suicidaire.
En convoquant aussi le Fonds monétaire international, par un nouveau mensonge d’Etat ou par la dépendance à une institution qui serait sortie de son rôle s’il a effectivement apporté son onction dans l’acquisition criminelle d’un avion Airbus, les officiels du Ministère des Finances, ministre en tête, ont indirectement confirmé qu’ils sentent le poids de la menace d’une poursuite judiciaire, dans les instances idoines, qui plane sur la tête de l’ordonnateur de cette entourloupe onéreuse et malvenue dans un contexte de paupérisation collective, accélérée…
Par-dessus tout, la cherté de la vie, le manque d’emplois et de revenus, la faillite du Plan Sénégal Embourbé, la divulgation des crimes économiques de ces dernières années qui ne fait que commencer, les angoisses dans les forces de défense, exposées, humiliées, l’envie de certains magistrats de marquer leur autonomie, ou encore l’incapacité intellectuelle du chef d’orchestre national, Macky, à contrôler ses troupes qui le lâchent en pleine tempête, sont les meilleurs indicateurs de ce que la manifestation de ce jour qu’organisent des forces populaires n’est pas banale.
Que certains théoriciens surgissent çà et là, comme d’habitude, dont des vendus, planqués du pouvoir, pour discourir sur la signification du 23 Juin, afin d’en amoindrir la portée, n’est qu’une étape de plus vers l’outing de tous ces ennemis de la démocratie sénégalaise. Disons-le : ils sont nombreux.
Au sein de l’opposition, même radicale, dans les plateformes médiatiques, dans la société civile, je les vois glisser perfidement, par des ondulations verbales ou écrites, par des indignations sélectives pour plaire à qui-de-droit, mais ils ne trompent personne. Qu’ils se fassent même passer pour des modèles d’intellectuels, de professionnels ou de guides, dans leurs domaines respectifs, n’y change rien. Observez-les : ce sont les rats qui rêvent de quitter un navire en déperdition. Beaucoup ont mis de l’eau dans leur vin. On notera même que son accident de circulation qui a failli l’emporter a rendu moins griotique un Abdoulaye Mbaye Pekh, soudain devenu plus posé, sous l’effet de la peur, tandis que les sites les plus acharnés dans la défense du régime, en commençant par le tristement célèbre Leral, jouent aux équilibristes. Les girouettes sentent le vent tourner. Le pouvoir de Macky Sall est damné, condamné à une fin inéluctable, en mode fast-track, sans aucune chance d’y échapper.
Il ne faut alors pas prêter attention à la posture de…sagesse que les plus ambivalents, double-puces politiques, en service embarqués, aiment parfois afficher. Beaucoup dans cette caste sont en effet de la pire espèce. Le hic, c’est qu’ils s’en trouvent qui sont parmi les amis que nous comptons dans la vie et sur les réseaux sociaux. Ils sauront se reconnaître. J’en ai d’ailleurs vu qui, vraies vipères, ont tenté, alors que je me trouvais illégalement entre les mains de mes ravisseurs d’Etat, de détourner de ma ligne, pour rêver me convaincre d’assouplir mes positions, moyennant le prix de leur propre compromission.
Ne parlons pas des suicidaires, âmes et corps vendus, qui osent monter au créneau pour insulter et diaboliser : les sénégalais eux-mêmes ne prêtent aucun intérêt à leurs jérémiades.
C’est donc dire que la journée de ce 23 Juin arrive dans un contexte où le momentum est à l’offensive générale contre le régime qui a détruit et aliéné le Sénégal. Que le slogan s’élève des cœurs et des foyers pour hurler TAMPI, assez, dégage, en direction du boucher de Dakar et de toutes celles et tous ceux qui ont participé à son entreprise de démolition de notre pays.
Cette journée n’est pas banale. Dans les annales, elle sera enregistrée demain, plus tard, comme un moment fondateur. Un réveil. Aube d’une nouvelle indépendance. La liberté retrouvée. Les nervis encagés. Le régime de Macky Sall, déconstruit et supprimé. Ses défenseurs, de quelque acabit, mis hors d’état de nuire.
L’enjeu à l’horizon est de taille. Le Sénégal doit commencer, dès maintenant, une transition, avec un gouvernement de salut public, un échéancier de redressement démocratique, la récupération de la souveraineté effacée par des années de courbettes à des forces obscures, une reddition des comptes saccagés, une implacable traque des ennemis de la nation.
C’est un duel à mort qu’il faut engager. Il fallait dès lors, impérativement, que le peuple puisse sortir dire haut et clair qu’il est TAMPI de tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à l’escroc Macky Sall, qui a piraté son suffrage pour s’incruster au sommet de l’Etat, d’où, en sangsue assoiffée de sang, assassin, il pensait pouvoir continuer de dévider le pays de son sang, pour le boire.
TAMPI.
Comme Baudelaire finissant sa vie en hurlant crénom de crénom, réjouissons-nous à constater qu’il ne reste au Boucher de Dakar, maintenant qu’il n’ose plus se servir de ses armes létales, qu’à s’en aller, s’époumonant avec ses mots, ses blablas, qui lassent et fâchent le pays : pôle-emploi, DAC, Diamniadio, souveraineté digitale, Xeuyis Xaleyis, conseils des ministres territorialisés, un Sénégal de tous pour tous, ou, plus rarement, le mot devenu morbide : émergence. Ses mots, ses projets qu’il croit être la mission d’un Chef d’Etat, expressions conjuguées d’un constat d’échec indubitable, sont le fracas de sa déchéance.
Le pauvre y a tellement crû au point d’embarquer tout un pays sur un chemin ne menant nulle part que vers un désert sans eau. Maintenant, il marche seul. Perdu. Fou. Foutu. Le Fouta le lui a dit…
TAMPI.

PS : Sénégalais, vous n’avez aucune excuse de ne pas célébrer cette journée de reconquête démocratique en participant à la marche de Yoff…Le seul moyen de dire à Macky Sall TAMPI, c’est de le lui hurler où que vous soyez ce jour. On ne pleurniche pas sur le sort qui prive la majorité d’entre-vous de votre dignité et capacités de vivre. Le fautif est identifié. Il faut le lui dire. Marchons ensemble, à Yoff. Sus au boucher de Dakar.

ADAMA GAYE




1 Comment

  1. Mon cher Adama Gaye beugue thiepe vous allez durer en egypte parceque Macky Sall sera elu president a vie.

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