[Focus] Cultures urbaines: Gënji Hip Hop, un espace de solidarité féminine




Elles ont décidé de s’unir autour d’une association qui regroupe des femmes artistes et activistes évoluant dans le Hip Hop et les cultures urbaines au Sénégal. «Jigeen» à l’envers qui signifie femme en Wolof, Gënji Hip Hop est en train de placer la femme dans un milieu très masculin.
Les femmes ont, depuis toujours, fortement servi de trame au Hip Hop et à la culture urbaine au Sénégal en général. Au second plan. Mais c’est de l’histoire ancienne puisque près de 90 femmes artistes rappeuses, activistes, chanteuses, mélomanes, journalistes, photographes, conteuses, danseuses, DJ, managers et coordonnatrices de projets sont en train de faire bouger les lignes dans un domaine qui a toujours été la chasse gardée des hommes. Désormais, il faut compter sur la présence des femmes dans le mouvement Hip Hop.

Gënji Hip Hop a décidé de mutualiser ses moyens pour créer un espace de solidarité. Ces femmes prouvent, de jour en jour, que le milieu du rap et des cultures urbaines n’est pas réservé qu’aux hommes. Ndeye Fatou Tounkara dite Wasso, Présidente de Gënji Hip Hop définit les objectifs : « renforcer la capacité des femmes qui évoluent dans le Hip Hop et des cultures urbaines, valoriser le travail des femmes et le rendre visibles. Gënji Hip Hop est en train d’aider les femmes à faire leur travail tranquillement ». Créée en 2016, l’histoire de cette association s’écrit avec convictions et succès

Activisme militant au féminin

Désormais, la parole n’est plus confisquée par les hommes. Elle est plutôt donnée aux femmes qui gravitent autour de la culture urbaine. Beaucoup de formation allant de la gestion de projet, au graphisme en passant par la photo, la vidéo entre autres sont dispensées aux membres de cette association. Ndeye Fatou Tounkara mise sur ce volet car elle estime que «la formation et la capacitation des femmes sont importantes ». Ce programme s’appelle «Jàngi» (apprendre en Wolof). Genji Hip hop est, par ailleurs, promotrice du festival «Waxal Sunu Boop » signifie (Parler de nous-mêmes, par nous-mêmes) en Wolof. Cet évènement qui propose une programmation 100% féminine se veut : « cadre d’expression libre pour les femmes. Il n’y a que des femmes dans l’écriture jusqu’à la réalisation du festival. C’est une façon de valoriser et de mettre en exergue la compétence des femmes qui évoluent dans le Hip Hop et la culture urbaine », explique la présidente.

Il s’agit maintenant de compter sur la présence des femmes dans le mouvement Hip Hop.

Pour surfer sur la loi qui criminalise le viol, Gënji a produit un single accompagné d’une vidéo intitulée «Dotouniou Nopi» sorti récemment. Ce qui est une manière les femmes à dénoncer les violences faites aux femmes.

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Genji pour déconstruire les clichés

La culture urbaine se heurte souvent à des stéréotypes de genre où les filles sont parfois stigmatisées et ostracisées. Wasso Tounkara admet que ce n’est pas aisé pour elle : « nous sommes dans un milieu très masculin. Y évoluer n’est pas chose facile ». Gënji Hip Hop a réussi à apporter un souffle nouveau pour les femmes. Comme le constate la Présidente : «il y a quelques années en arrière, on ne pensait pas qu’une femme allait manager ou Dj ou ingénieur de son. Pour nous, c’est qu’on arrive à ce que tous ces métiers soient exercé par les femmes ». Même si les clichés ont la dent dure, il faut rappeler que les femmes viennent de loin. « Cela change la place de la femme dans la musique, dans le Hip Hop. Avant c’était des choristes ou des danseuses, une femme lead à part Alif et Farafina, il n’y avait pas de femmes à cette position », remarque-t-elle.

Dupliquer Gënji Hip Hop un peu partout reste pour le moment le défi de Wasso Tounkara et les autres membres. Ce qui ne sera pas tâche difficile d’autant plus que l’esprit Genji est en train d’essaimer dans la sous-région.




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