Nous recevons chaque jour plus de 40 plaintes et réclamations des usagers de banque»




Ce 04 décembre est célébré la journée internationale des banques. Même si cette journée n’est pas célébrée au Sénégal. Elle est par contre le prétexte pour nous de revisiter la relation entre les banques et les sociétaires des institutions financières. Des relations qui ne sont pas au beau fixe selon Famara Ibrahima Cissé le président de l’Association des Clients et Sociétaires des Institutions Financières ACSIF. À l’en croire, «chaque jour, l’association reçoit plus de quarante plaintes et réclamations par jour concernant les griefs des clients par les banques, ce qui laisse croire qu’il y a énormément de problèmes entre les usagers et les banques», révéle t-il.

Il a par ailleurs fait savoir « les usagers ne se retrouvent pas dans le système bancaire tel qu’il est modelé au Sénégal alors que la banque est un outil important pour réguler les disparités sociales, permettre aux couches défavorisées qui ne peuvent pas accéder aux crédits de pouvoir en bénéficier afin de réaliser des projets et aux entreprises de se refinancer à travers ce système», renseigne t-il.

Pour rappel, c’est en 2014 que la banque centrale a édicté 19 mesures de gratuité en faveur des usagers parmi lesquels, la gratuité de l’ouverture du compte bancaire, les frais de clôture de compte, les relevés de compte et autres documents annexes au prêt entre autres… Néanmoins, M. Cissé se désole de sa non-application par les banques, « sommes aujourd’hui au regret de voir que ces mesures ne sont pas respectées par les banques sans aucune sanction de la banque centrale allant dans le sens de les contraindre au respect des mesures», a-t-il regretté.

Pour Famara Ibrahima Cissé, «la banque coûte chère aux consommateurs Sénégalais avec les nombreux services obligatoires prélevés dans les revenus des usagers, c’est le pouvoir d’achat du travailleur qui est lourdement affecté, vous voyez un travailleur qui perçoit à la fin du mois son revenu, lorsque les AGIO, les frais de dossier et tous les autres frais sont prélevés de son revenus, il ne lui reste absolument rien pour pouvoir vivre», s’est-il désolé avant de poursuivre, « avec les banques, les coûts sont élevés par exemple les cartes GAB dont le prix était initialement fixé à vingt-trois milles coûtent aujourd’hui aux sociétaires des banques la rondelette somme de quarante à soixante mille francs et à cela s’ajoute l’augmentation du coût des prêts sans aviser le client, une désinformation qui ne dit pas son nom et qui englobe ces pratiques», s’est-il désolé.

Parlant de l’usure, il espère la ratification et la mise en application du dernier projet de loi adopté lors du dernier conseil des ministres en date du 02 décembre 2020 portant sur la répression de l’usure « L’État a pris aujourd’hui ses responsabilités en sanctionnant l’usure maintenant, nous osons espérer qu’en adoptant la loi, il prendra toutes les mesures pour que son applicabilité soit effective le plus rapidement possible pour soulager les usagers», a-t-il conclu.