‘’Homosexualité à l’école’’ : Les syndicats préparent la riposte contre l’Unesco




Accusant l’Unesco d’avoir organisé un séminaire pour introduire à l’école les questions liées à l’homosexualité, les syndicats d’enseignants s’organisent pour sonner la riposte.

Ça devait être une réforme à opérer dans la plus grande discrétion. Mais les syndicats d’enseignants ont vendu la mèche à la sortie des travaux. La semaine dernière, du 21 au 23 décembre, l’Unesco a réuni à Saly les acteurs de l’Éducation pour valider un module sur l’éducation sexuelle et la santé reproductive à l’école sénégalaise.

Si l’on en croit l’inspecteur Sylla qui avait représenté le Sels/Authentique dirigé par Abdou Faty, il y avait des professeurs de Sciences naturelles, de français, des inspecteurs et ceux qui ont en charge le Programme d’appui à la réforme des curricula (Parc) au ministère de l’Education nationale. Et c’est justement ce Parc qui devait servir de cheval de Troie pour introduire des enseignements liés à l’homosexualité en passant par l’éducation sexuelle. C’est ainsi que, selon les syndicalistes, on trouve des expressions comme ‘’questions sociales vives’’, ‘’un fourre-tout’’ censé être un module.

D’après inspecteur Sylla qui s’est exprimé à travers des enregistrements audio diffusés sur Whatsapp, des items tirés de principes internationaux ont été présentés aux acteurs de l’école. Et les enseignants et inspecteurs de chaque discipline devaient dire si les préoccupations des bailleurs ont été prises en compte dans les programmes. Si tel n’est pas le cas, qu’ils disent comment il est possible de les introduire dans les compétences de base. « Certains profs de français ont même dit que cette matière peut être une discipline d’accueil, puisque, disent-ils, dans ses écrits, Mariama Ba a évoqué ses questions », rapporte Sylla.

Mais c’était sans compter la détermination des représentants syndicaux, membres du G7, qui ont tout bonnement renvoyé l’Unesco à ses copies. « Toutes les organisations syndicales ont rejeté avec la dernière énergie ces propositions qui ne riment pas avec nos valeurs et convictions », déclare le secrétaire général du Sels/Authentique Abdou Faty, joint par Seneweb.

Même position de la part du Cusems. Le secrétaire général adjoint Ndongo Sarr précise que le SG du syndicat Abdoulaye Ndoye, qui a pris part à cette rencontre, a opposé un refus catégorique à cette initiative. « Nous considérons que c’est une farce qui continue. Il y a deux ans (dans un hôtel sur la Vdn) un atelier a été organisé et à l’occasion duquel le même problème a été posé. On l’avait rejeté parce que si ça passe, ça va détruire nos valeurs», rappelle Sarr.

Face à la posture des syndicats, il leur a été proposé de signer sous réserve. Ce qu’ils ont refusé. Aujourd’hui, en plus du rejet, les enseignants annoncent une série de mesures pour y faire face. Une conférence de presse est d’ailleurs prévue dans quelques jours. Faty et Sarr annoncent des visites auprès des autorités religieuses pour qu’elles s’associent au combat. Ils invitent également le peuple à se dresser sur le chemin d’un tel agenda.

Selon nos interlocuteurs, cette nouvelle tentative est la preuve que les Occidentaux ne reculeront jamais dans leur volonté d’imposer aux autres peuples leur vision du monde, l’homosexualité en particulier. Il reste à savoir si l’actuel ministre de l’Education nationale Mamadou Tall va marcher sur les pas de son prédécesseur. En effet, il y a deux ans, Serigne Mbaye Thiam, à l’époque ministre de tutelle, s’était opposé ouvertement à cette question.

Pour l’obliger à se positionner, Abdou Faty révèle que les syndicats vont interpeller le ministre pour qu’il s’exprime sur le sujet « sans ambages ». Et que de telles propositions ne leur soient plus faites « de manière enrobée ».

Pour ces deux syndicalistes, la racine du mal reste la même : le financement de l’Éducation. « S’ils osent nous faire ces propositions, c’est que nous n’avons pas un financement endogène », déclare Abdou Faty qui invite l’Etat et les Sénégalais à accepter de mettre les moyens nécessaires pour ne pas recourir à ces groupes appelés partenaires techniques et financiers. « A chaque fois que vous sollicitez des financements, si la dimension genre n’est pas prise en compte, ils sont réticents », renchérit Ndongo Sarr.

Par conséquent, la meilleure manière de préserver ses valeurs est de ne pas leur tendre la main, car même si le projet est retiré face à un tollé, il reviendra tôt ou tard sur la table, sous une forme ou une autre…peut-être encore beaucoup plus subtile.