Préparation des étudiants au marché de l’emploi : l’entrepreneuriat au cœur des modules




Même s’ils sont toujours en formation, les jeunes étudiants du public comme du privé nourrissent l’ambition d’entreprendre avec la tête pleine d’idées. Des projets qu’ils comptent concrétiser à condition d’avoir accès à des mécanismes de financements souples.

Ce lundi 15 mars, sortis de différents amphithéâtres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, des étudiants sont obligés de présenter la pièce justificative pour accéder au campus social. Debout à côté d’une rangée de vendeurs de cahiers et de livres, Amadou Ndiaye observe ce filtrage des entrées en attendant un camarade. Habillé en pantalon bleu et chemise grise, le jeune homme de 23 ans est en deuxième année d’études à la Faculté des Sciences. Même s’il compte aller jusqu’au bout de ses études, dans un coin de sa tête, se conçoit un projet entrepreneurial. Avec quelques associés, il peaufine l’idée de création d’une entreprise spécialisée dans l’emballage et la vente de poissons séchés. « J’habite à Mbao. C’est en voyant, tous les jours, l’activité des femmes transformatrices qu’est née cette idée de projet », dit-il, le propos sérieux. À 10 heures 55, la plupart des étudiants de l’Institut supérieur de management (Ism, privé) sont en salle. Le bâtiment administratif baigne dans le calme. Moins de 10 élèves causent dans un coin de la grande cour. Tous deux étudiants en Commerce international, Mohamed Fall et Pastor Georges préparent déjà leur insertion professionnelle. Ils misent sur l’entrepreneuriat, car ayant un projet déjà ficelé et qui consiste à fabriquer des chargeurs sans fil avec une autonomie de trois heures. « Nous croyons en l’entrepreneuriat et avons déjà notre projet de groupe », explique Mohamed.

À côté des emplois classiques, l’entrepreneuriat constitue une opportunité d’insertion professionnelle pour les jeunes. Ainsi, des établissements d’enseignement supérieur l’ont intégré dans leurs modules. Selon Dr Omar Thiam, Directeur du Management et de la Recherche de l’Ism, tous les étudiants du cycle Bachelor sortent avec un projet entrepreneurial qu’ils défendent devant un jury afin d’avoir leur propre business, au-delà des emplois classiques. Sans oublier le Programme « Soft skills academy » qui, dit-il, est un dispositif qui prépare les étudiants au développement personnel et au leadership et fournit les bonnes informations sur les mécanismes de financement, tels que la Délégation à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (Der/Fj) et l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej). À l’Iam, en plus de ce module, les étudiants ont mis en place « un Club leadership et entrepreneuriat ». Selon sa Présidente, Penda Bâ, l’objectif est de promouvoir l’esprit managérial, l’innovation entrepreneuriale et le leadership de tout étudiant. « Nous concevons ensemble des projets d’entreprise, échangeons sur l’entrepreneuriat et organisons des salons dédiés pour outiller nos membres », informe-t-elle.

L’équation de l’accès au financement

Dans quelques mois, Mohamed Fall de l’Ism va boucler sa formation et intégrer le marché du travail. Même si un stage est possible à travers le partenariat qui lie son établissement à plusieurs entreprises, il compte tracer sa propre voie dans l’entrepreneuriat. Son projet est clair dans sa tête. Cependant, dit-il, l’accès au financement reste la plus grande difficulté. « Je crains les longues procédures d’acquisition de financement. Il faut que l’État nous accompagne par l’octroi de financement et l’encadrement. Avec plus de souplesse, les mécanismes comme la Der/Fj et l’Anpej parviendront à assurer un meilleur accompagnement et réduire le chômage », analyse l’étudiant. Son camarade Pastor Georges abonde dans le même sens. Pour lui, il faudra que les structures dédiées soient plus accessibles et plus proches de la cible. « Si l’État nous accompagne, nous pourrons mettre en place nos propres entreprises. Les idées sont là. Le facteur bloquant, c’est l’accès aux financements dans des délais courts », indique Pastor.

Néanmoins, les 350 milliards de FCfa annoncés par le Chef de l’État sur la période 2021-2023 suscitent l’espoir chez Amadou Ndiaye de l’Ucad. L’étudiant compte glisser son dossier. « Il faut des programmes souples et innovants pour relever les défis liés à l’emploi. Nous attendons beaucoup de ce programme parce que l’État ne peut pas employer tous les diplômés », reconnaît-il.




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