Algérie, les élections législatives marquées par des arrestations ciblées




mondafrique

Nicolas Beau

Alors que les élections législatives ont lieu en Algérie dans grand écho dans la population, le pouvoir réel procède aux arrestations des leaders du Hirak qui proposent une ouverture vers les islamistes

Karim Tabbou, la main tendu vers les islamistes

Le directeur de publication de « Radion M » El Kadi Ihsaneune

Un journaliste et un politique ont été arrêtés alors la campagne électorale des législatives bas de l’aile ne suscitant aucun engouement des Algériens. Deux personnalités qui optent ouvertement au sein du Hirak pour une logique  d’intégration aussi bien entre la mouvance  incarnée par le mouvement islamiste Rachad que celle présentée par les progressistes du mouvement démocratique de Fethi Ghares d’obédience communiste.Cela, le puvoir algérien ne peut l’accepter

Cette nouvelle posture politique met le pouvoir dans l’embarras et le prive de ses anciens alliés des années noires 1992-1998 où il s’opposait à  un Front Islamique du Salut majoritaire dans le population. Quand l’opposition offre la politique de l’union pour créer une force, le pouvoir réel lui oppose l’intimidation suivie de l’usage de la force pour la désunir. La gendarmerie s’est présentée le 30 mars au siège de l’interface média, société éditrice des deux médias « Radio M » et « Maghreb émergent » pour remettre à son directeur de publication El Kadi Ihsaneune une convocation afin qu’il se présente le lendemain à la brigade de la gendarmerie de Bab Djedid.

Le même procédé est employé sur Karim Tabou président de l’union démocratique et social (UDS non agréé). Il a été convoqué le 28 avril, au tribunal de Bir Mourad Rais en fin avril, puis mis en garde à vue par la police à la suite d’ une plainte de Bouzid Lazhari président du conseil national des droits de l’homme (CNDH). Les deux figures du Hirak ont eu une attitude courageuse face à leur détracteurs, Ihsane Kadhi a usé de son droit au silence durant son audition, et Karim Tabou au droit de contester la politique de récupération de l’icône des droits humains lors de son inhumation au cimetière de Ben Aknoun.

Voyant que les intimidations n’ont pas eu le résultat escompté, le pouvoir réel passe à l’acte dissuasif : l’arrestation. Celle de Karim Tabbou était brutale et devant les voisins. La démarche qui consiste à intégrer les diverses obédiences idéologiques, au sein d’un pôle politique porteur de l’idée du changement du régime pacifiquement, est perçue par le régime comme une menace existentielle. Il décide de frapper les initiateurs après avoir classé le mouvement islamiste Rachad dans la catégorie « d’organisation terroriste ».  La campagne des législatives s’apparente à un cérémonial sans joie et sa fin semble se terminer sans enthousiasme.  Les signaux de la phase post législative sont en rouge. Le pouvoir s’attend à une crise sociale de grande ampleur dont la répression ne peut lui procurer ni stabilité ni équilibre au sein de ses rangs.




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