Assa Traoré “égérie” de Louboutin? Le créateur dément et précise sa campagne contre les discriminations




Jeanne Bulant Journaliste BFMTV

La photo partagée jeudi par Assa Traoré sur les réseaux sociaux. – Instagram d’Assa Traoré

La jeune militante anti-racisme et soeur d’Adama Traoré a annoncé mercredi sur les réseaux sociaux qu’elle était devenue “égérie” de la marque Christian Louboutin, dans le cadre d’une collection créée pour sensibiliser contre les violences policières. Des dires démentis par le créateur de la marque.

Une nouvelle photo d’Assa Traoré fait couler beaucoup d’encre. L’icône et militante contre les violences policières depuis la mort de son frère Adama Traoré pose poing levé et escarpins à semelles rouges aux pieds, sur un cliché partagé mercredi sur les réseaux sociaux.

Dans ses publications en ligne, la jeune femme remercie chaleureusement le créateur de chaussures de luxe français Christian Louboutin d’avoir “l’honneur” d’être associée à la collection capsule Walk a Mile in My Shoes, lancée avec l’acteur américain Idris Elba et sa femme Sabrina.

“Je suis profondément touchée par le précieux soutien que vous témoignez à une cause aussi importante et universelle que celle de la lutte contre les violences policières”, se réjouit Assa Traoré sur le compte Facebook de son collectif “La vérité pour Adama”. Et d’ajouter: “Mon frère Adama Traoré est mort il y a cinq ans entre les mains des gendarmes, à l’âge de 24 ans, le jour de son anniversaire. Sa vie comptait. Toutes nos vies comptent”.

Le créateur de la marque s’explique

Mais le créateur de la marque a réagi, à travers un communiqué de presse publié ce jeudi soir. Dans celui-ci, il explique ne pas considérer Assa Traoré comme “égérie” de la marque. “Avec tout le respect porté à ces personnes, nous n’avons considéré aucune d’elles comme étant une ‘égérie’. La campagne Walk a Mile in My Shoes n’a d’autres visages que ceux de ses trois créateurs”, écrit le créateur français.

“Sachant Assa Traoré sensible à ces sujets elle fait partie, parmi quelques 200 personnes en France et à l’étranger, a avoir été contactée pour, si elle le souhaitait, relayer le projet”, poursuit le créateur de la prestigieuse marque de chaussures.

Assa Traoré, 35 ans, se bat depuis cinq ans pour faire la lumière sur la mort de son frère Adama, mort à l’âge de 24 ans dans une caserne de gendarmerie de Beaumont-sur-Oise en région parisienne. Sa “vérité” à elle est que son frère a été “tué”. L’enquête, toujours en cours, a viré à la bataille d’expertises, sans mise en cause des forces de l’ordre. La jeune femme est devenue une figure emblématique de la lutte contre les violences policières et le racisme.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV