Birmanie: des milliers de manifestants, un appel à une mobilisation massive




Birmanie: des milliers de manifestants, un appel à une mobilisation massive

La répression se poursuit ce dimanche 7 mars en Birmanie contre les manifestants pro-démocratie descendus par milliers dans les rues, avec plusieurs contestataires blessés.

À Bagan, dans le centre du pays, non loin du vaste site archéologique célèbre pour ses pagodes centenaires, des détonations ont été entendues. À Rangoun, la capitale économique, la police a de nouveau tiré pour disperser des rassemblements, les manifestants scandant : « Chassons le dictateur! », le chef de la junte Min Aung Hlaing.

D’autres rassemblements se tiennent à Mandalay, la deuxième ville du pays, et à Dawei, au sud où plusieurs protestataires ont été tués ces derniers jours. Le mouvement pro-démocratie a appelé à une mobilisation massive dimanche et lundi.

Tirs à balles réelles
La peur est dans tous les esprits : plus de 50 personnes ont été tuées depuis le début de l’insurrection pacifique contre le coup d’État du 1er février. Des images largement diffusées ont montré les forces de sécurité en train de tirer à balles réelles sur des rassemblements et d’emporter les corps inanimés de manifestants.

Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD), soutenu par l’armée, participe aux attaques. Des membres du PUSD ont tué vendredi un représentant local de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, et un adolescent de 17 ans, selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Samedi 6 mars, les forces de sécurité ont continué à tirer à balles réelles sur des manifestants, d’après cette ONG birmane. Les médias d’État nient pour leur part toute implication de la police et de l’armée dans les décès de manifestants.

Des raids violents

Des raids ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, visant notamment des responsables de la Ligue nationale pour la démocratie. Un avocat de la LND était aussi visé, mais les forces de sécurité ne l’ont pas trouvé.

Responsables locaux, hommes politiques, journalistes, militants, artistes. Ce sont des centaines de personnes qui ont été interpellées depuis le 1er février. Les personnes arrêtées à Rangoun sont souvent conduites dans la tristement célèbre prison d’Insein où de nombreux prisonniers politiques ont effectué de lourdes peines sous les dictatures précédentes.

Les médias d’État ont averti dimanche les députés qui ne reconnaissent pas la légitimité du coup d’État et ont créé un comité pour représenter le gouvernement civil qu’ils commettent « une haute trahison », passible de la peine de mort ou de 22 ans de détention.

(avec AFP)