Boris Johnson sera bientôt vacciné avec l’AstraZeneca




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Le premier ministre britannique Boris Johnson a affirmé mercredi qu’il se ferait bientôt vacciner contre la COVID-19, « certainement avec le vaccin AstraZeneca », son gouvernement cherchant à dissiper les inquiétudes sur sa sécurité ainsi que sur les approvisionnements.

  Moins de vaccins en avril

  Dans une lettre qui a fuité dans les médias britanniques, le service public de santé, le National Heatlh Service, avertit d’une « réduction importante » dans l’approvisionnement hebdomadaire à partir du 29 mars et ce pour une durée d’un mois, sans détailler ni les causes ni les fabricants concernés.

  Selon Sky News et la BBC, la lettre adressée aux organisations de santé recommande de ne pas fixer de nouveaux rendez-vous pour le mois d’avril.

  Le ministre de la Santé a voulu se montrer rassurant, affirmant lors d’une conférence de presse que l’approvisionnement est toujours « irrégulier ».

  Le NHS envoie régulièrement des « lettres techniques » pour expliquer les variations d’approvisionnement, a-t-il déclaré, répétant que le pays est en bonne voie de remplir son objectif de proposer une première dose aux plus de 50 ans d’ici à la mi-avril et à tous les adultes d’ici à la fin juillet.

  Plus de 25 millions de personnes ont reçu une première dose au Royaume-Uni, qui a étendu mercredi la vaccination aux plus de 50 ans.

  Âgé de 56 ans, le premier ministre Boris Johnson a déclaré au Parlement qu’il serait « vacciné très bientôt », « certainement » avec le sérum AstraZeneca développé par l’université d’Oxford, actuellement utilisé au Royaume-Uni tout comme le vaccin Pfizer/BioNTech dans la campagne massive lancée en décembre.

  Critiqué pour sa gestion de la pandémie qui a fait plus de 125 000 morts dans le pays, le dirigeant conservateur s’est dit « désolé » de ce qui est arrivé, affirmant assumer « l’entière responsabilité » des actions du gouvernement.

  « Restons calmes »

  Le gouvernement s’est montré rassurant quant au vaccin AstraZeneca, dont l’utilisation a été suspendue par mesure de précaution par plusieurs pays inquiets de possibles effets secondaires, en particulier la formation de caillots sanguins (thromboses).

  « Il n’y a pas de preuves que ces vaccins ont causé des caillots », a écrit mercredi le ministre de la santé Matt Hancock dans le tabloïd The Sun, soulignant que ce n’est pas seulement son avis, mais celui du régulateur britannique, le MHRA, de l’OMS et de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

  « Plus de 11 millions de doses du vaccin AstraZeneca ont maintenant été administrées au Royaume-Uni et le taux de cas (de caillots) signalés parmi les personnes vaccinées est inférieur à ce qui serait naturellement attendu dans la population générale », a avancé le ministre.

  « Le plus important pour nous maintenant, c’est de rester calmes et de continuer à vacciner » a écrit Matt Hancock, détournant une formule britannique populaire.

  Le professeur Jeremy Brown, spécialiste en médecine respiratoire et membre du Comité mixte de vaccination et d’immunisation (JCVI), a affirmé mercredi que la suspension de l’utilisation du vaccin AstraZeneca par plusieurs pays n’était « pas logique ».

  « Nous savons que le vaccin fonctionne […] C’est un vaccin incroyablement efficace, et en l’utilisant vous évitez des décès », a-t-il dit sur la BBC.

  Le prince Charles attaque les anti-vaccins

  Il a aussi confié dans l’émission Good Morning Britain craindre « qu’avec ce qui se passe en Europe, les gens au Royaume-Uni perdent confiance dans le vaccin AstraZeneca ».

  Dans un article au Future Healthcare Journal, publié par le Royal College of Physicians, qui représente 39 000 médecins dans le monde, le prince Charles s’en est pris au mouvement anti-vaccin.

  « Qui aurait pensé qu’au XXIe siècle il y aurait un lobby important s’opposant à la vaccination, compte tenu de son bilan passé dans l’éradication de tant de terribles maladies et son potentiel actuel pour protéger et libérer certaines des personnes les plus vulnérables de notre société du coronavirus ? », a interrogé l’héritier du trône, dans cet article. (AFP)